Vendredi, 24 mai 2013

Succession de Maudet: la gauche plus embarrassée que jamais

JEUDI 20 SEPTEMBRE 2012
Le Parti du Travail lance Salika Wenger dans la course au Conseil administratif. Solidarités, Verts et socialistes la soutiendront-ils?
JPDS

ÉLECTION • Seule prétendante de gauche, Salika Wenger trouve jusqu’ici peu de soutiens dans son propre camp, alors que la candidature de Didier Bonny vient changer la donne.

Les partis de gauche appelleront-ils à voter Salika Wenger, Didier Bonny ou Guillaume Barazzone? A ce stade, (presque) toutes les options semblent ouvertes en vue de l’élection complémentaire qui désignera, le 4 novembre prochain, le successeur de Pierre Maudet au Conseil administratif de la Ville de Genève.

L’affaire est délicate, le malaise tangible. Le Parti socialiste, les Verts et Solidarités ont clairement exprimé leur intention de ne pas présenter de candidat, estimant qu’un gouvernement monocolore serait inopportun compte tenu des rapports de force au Conseil municipal. La candidature de Salika Wenger, portée par le Parti du Travail (PdT), a changé la donne. Il leur revient désormais de se prononcer.

Réunie ce soir en assemblée générale, la section Ville de Genève du parti à la rose ouvre les feux. Elle devra choisir son mot d’ordre. Une chose est sûre, le PS, à l’instar des Verts et de Solidarités, n’a pas déposé de liste de soutien auprès du Service des votations. Il n’y aura donc pas de bulletin ni d’affiches électorales étiquetés PS.

La Jeunesse socialiste (JS) a bien annoncé son soutien à Salika Wenger, mais la liste déposée à la Chancellerie a été invalidée, nous explique son président, Adrien Faure, plusieurs signatures n’étant pas valables. Plusieurs membres du PS avaient également décidé de soutenir la candidate du PdT, à titre individuel. Mais là aussi il a manqué des paraphes, confesse le conseiller municipal Pascal Holenweg.

Divisions chez les Verts

Le PS appellera sans doute à «voter à gauche». Et comme Didier Bonny se profile désormais au «centre gauche»... Une hypothèse que réfute le conseiller municipal Alberto Velasco. «Historiquement, le PdT est l’allié traditionnel du Parti socialiste. Or Didier Bonny se présente sans avoir le soutien d’aucun groupe. D’ailleurs il n’a pas quitté le PDC pour rejoindre la gauche, mais pour des raisons personnelles.»

La situation est moins claire chez les écologistes, qui se prononceront le 26 septembre prochain. Ils entendent faire «barrage au candidat d’extrême-droite», sous-entendu tous sauf l’UDC Eric Bertinat, quatrième candidat de l’élection. Mais après? Il y a ceux qui ont clairement pris position pour Didier Bonny, qu’ils estiment être le plus proche de leurs idées, à l’instar du conseiller national Ueli Leuenberger. Ceux qui préfèrent Salika Wenger sans oser le dire. Et ceux qui voteront Guillaume Barazzone parce qu’ils jugent que le siège appartient de droit à l’Entente. Voire pour pallier une éventuelle défection des électeurs PLR qui – fâchés de s’être vus imposer un PDC alors que le 5e siège du Conseil administratif aurait dû leur revenir – pourraient se tourner vers Eric Bertinat!

Solidarités temporise

Guillaume Barazzone l’a bien compris. Après avoir braqué les Verts par ses prises de position sur le budget – un «PLR déguisé en PDC», susurrent certains –, il devrait opportunément rappeler aujourd’hui son soutien aux 50 rues piétonnes, à l’occasion d’une conférence de presse qu’il organise sur le thème de la qualité de vie en Ville.

C’est finalement de la part de ceux qui devraient lui être le plus proche que la candidate du Parti du Travail peine le plus à obtenir un soutien. Ainsi, Solidarités se refuse pour l’instant à prendre position. «L’enjeu, pour nous, est de faire appliquer le programme de législature par la majorité actuelle du Conseil administratif. Revendiquer un cinquième siège nous paraît, en l’état, excessivement gourmand», déclare son secrétaire, Pierre Vanek. «Et puis, nous mettons actuellement toutes nos forces dans la campagne contre le projet de nouvelle Constitution.» Un attentisme qui a le don d’agacer prodigieusement la principale intéressée, Salika Wenger. «Après nous avoir donné des leçons de radicalité pendant des années, c’est incompréhensible. J’espère pour eux qu’Eric Bertinat ne sera pas élu. Car il leur faudrait alors expliquer à leurs électeurs pourquoi ils auront préféré quelqu’un d’extrême-droite à ma candidature!»

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