Chômage: une longue attente jusqu’à la première indemnité
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires

GENÈVE • Depuis la fin du mois d’août, les nouveaux chômeurs doivent parfois patienter jusqu’à quatre semaines avant de pouvoir s’inscrire dans leur caisse.
Trois semaines. C’est, en moyenne, le temps d’attente pour 1000 nouveaux chômeurs – sur un total de 1500 à 1800 – entre leur première inscription à l’Office cantonal de l’emploi (OCE) et la rencontre avec un conseiller en personnel, qui leur permettra ensuite d’entrer dans une caisse de chômage. Sachant que la première indemnité ne tombe qu’après l’évaluation du dossier par cette dernière. Une interpellation urgente écrite, déposée par la députée socialiste Prunella Carrard lors de la dernière session du Grand Conseil, pointe ce problème.
Marisa Pralong, militante syndicale qui travaille à la caisse de chômage d’Unia, explique: «Concrètement, il est possible que quelqu’un qui perd son emploi en août, ne reçoive sa première indemnité qu’au mois d’octobre. Mais, entre-temps, le retard dans les factures peut s’accumuler. Et même si la personne obtient un remboursement rétroactif, la période sans indemnité existe toujours.»
Fin août, les six Offices régionaux de placement (ORP) ont été centralisés en un seul lieu, au centre postal de Montbrillant. Depuis, le service d’inscription a été ralenti. L’afflux important de nouveaux chômeurs en cette période de rentrée est la deuxième cause évoquée par la direction. Pour pallier ce phénomène, contrairement à la pratique courante, l’inscription définitive, autorisant ceux-ci à faire les démarches auprès d’une caisse de chômage, est faite par le conseiller en personnel de l’ORP.
Résorber les retards
«L’an dernier, mon enregistrement s’est fait en un jour. Cette année, je me suis présenté le 4 septembre et une rencontre a été prévue le 4 octobre. Un mois de délai pour pouvoir soumettre un dossier à sa caisse de chômage, c’est long», témoigne Olivier.
Mais le préjudice n’est pas seulement financier. «En général, ce n’est que lorsque la question d’argent est réglée, que la recherche d’un placement commence pleinement. Et il est évidemment très important pour un chômeur de retrouver un emploi le plus rapidement possible», argumente Teresa Soares, directrice de la caisse de chômage Unia.
«Actuellement, nous avons demandé à nos quelque 150 conseillers en personnel de prendre part aux premières inscriptions, afin de résorber ce retard d’ici à trois ou quatre semaines», explique Patrick Schmied, directeur général de l’OCE. Quid des personnes en situation de cessation de paiement? «N’oublions pas qu’une personne en difficulté peut obtenir une avance auprès de l’Hospice général, selon les critères de l’organisation. Si jusqu’alors nous n’en avons pas systématiquement informé les gens, nous allons désormais le faire.»
Rendez-vous repoussés
Reste que Bertrand Levrat, directeur de l’Hospice général, rappelle que l’aide ne peut être accordée qu’en cas de détresse ou si la personne répond aux standards de l’aide sociale. «Honnêtement, sur le volume de personnes concernées par ces retards, je n’ai pas l’impression que beaucoup de monde va entrer dans nos critères. L’aide sociale existe pour les plus démunis», confie-t-il. Jusqu’ici, aucune demande n’a été déposée.
Quoi qu’il en soit, une source supplémentaire des maux actuels de l’OCE serait le manque de personnel. Selon un conseiller en placement de l’ORP, le manque de main-d’œuvre à l’accueil des nouveaux arrivants est évident: «Il est vrai que nous vivons une année de mouvement et que le mois d’août est une période passablement chargée, mais la gestion des ressources est mauvaise. Notre système n’est pas prévu pour l’afflux.» Or, de tels dysfonctionnements se répercutent sur leur travail. Ils doivent souvent repousser des rendez-vous avec des personnes qu’ils devraient suivre
régulièrement. I





