Vendredi, 24 mai 2013

Et maintenant, Rosebud doit être retiré… avant d’être redessiné

MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2012

RÉFÉRENDUM • Le crédit voté doit être abrogé, demandent désormais les députés. Cela évite une votation, mais Rosebud est toujours d’actualité.

Nouveau virage dans le dossier Rosebud. Le peuple vaudois ne votera vraisemblablement pas sur le projet de nouveau parlement. Celui-ci avait été plébiscité le 12 juin par le Grand Conseil, sous la forme d’un crédit de 15,5  millions de francs. Puis, un référendum a abouti. Il y a deux semaines, le Conseil d’Etat annonçait vouloir modifier le projet: il déplaçait la date de la votation du 25 novembre au 3 mars 2013, le temps que les architectes redessinent le toit, objet de toutes les critiques.
Hier, les députés ont refusé cette solution. Les élus ne veulent pas de cette votation, mais soutiennent la modification architecturale de Rosebud. Il ne s’agit pas d’une véritable décision du Grand Conseil, mais du résultat de la consultation auprès des groupes politiques.

La voix des partis
C’est Philippe Martinet, le président du Grand Conseil, qui a annoncé ce nouveau virage: en ouverture de la séance du Grand Conseil, hier après midi, il a lu une déclaration informelle: «A ce stade, une majorité des députés entre en matière sur l’idée de l’abrogation du décret du 12  juin.» Il explique que «le Grand Conseil est attaché à une reconstruction rapide du parlement, préservant les qualités du projet primé et respectant les droits démocratiques». Le locataire du perchoir reconnaît pourtant le «contexte d’incertitude» qui entoure le dossier. «Plusieurs inconnues subsistent encore: la position du comité référendaire, les propositions concrètes des architectes et un nouvel agenda réaliste.»
C’est hier matin que les groupes ont donné leur position. Les deux grands groupes, socialiste et libéral-radical, approuvent le nouveau virage, tout comme les Vert’libéraux. «Nous craignions que cette solution soit perçue comme une combine», explique Nicolas Rochat Fernandez, chef du groupe PS. «Cela aurait créé un précédent qui aurait permis de modifier des projets combattus par référendum, pour tenter de les rendre acceptables par le peuple. Le respect des institutions, la clarté et la netteté nous imposent de suivre aujourd’hui l’option de retirer le décret.»
Pour le PLR Jean-Marie Surer, «le nouveau décret conservera l’ancien projet, suffisamment modifié pour satisfaire le comité référendaire.» En revanche, l’UDC et les Verts étaient hier très divisés. Michaël Buffat (udc) prévoit que «si le nouveau projet ne plaît pas aux référendaires, ils referont un nouveau référendum.» Les Verts, eux, suivront le nouveau virage, à condition que le comité référendaire soit d’accord.

Pascal Broulis se rallie
Le conseiller d’Etat Pascal Broulis, en charge du dossier, ne ressent pas cette prise de température des députés comme un désaveu. Il se range au souhait des groupes politiques: «La variante que j’ai présentée il y a deux semaines était la plus démocratique, mais elle aurait pu créer le plus d’interférences juridiques.» Le risque d’un recours à la Cour constitutionnelle était donc trop élevé.
Le ministre radical compte pouvoir présenter les modifications architecturales à la mi-novembre: «Une bonne partie du comité référendaire est arivé à ses fins, il y aura des tuiles sur ce toit. D’autres voulaient retravailler la forme du toit, c’est en cours d’examen. D’autres encore ne veulent rien d’autre que reconstruire à l’ancienne et ça voudrait dire qu’on ne pourrait pas mettre le parlement dans ce bâtiment. Il faut que chacun y mette un peu de bonne volonté.»
Marc-Olivier Buffat, coprésident du comité référendaire, dénonce la volonté «d’écarter le ­débat sur la reconstruction à l’identique». Il estime qu’une votation sans modification architecturale reste la meilleure voie possible. Le comité référendaire doit se réunir aujourd’hui. «Je ne suis pas sûr que l’on puisse
modifier le projet Rosebud à un point tel que nous puissions l’accepter», prévient-il. I

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