Netanyahou choisit Romney
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires

ISRAEL-ETATS-UNIS • Cherchant en vain l’appui américain pour une guerre contre l’Iran, Netanyahou est allé jusqu’à soutenir le challenger d’Obama.
Dans une interview dimanche aux chaînes de télévision américaines CNN et NBC, dans le cadre de l’émission «Face à la Presse», le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou devait révéler que l’Iran serait en possession de l’arme atomique au plus tard dans sept mois. Cette révélation, jugée «fracassante» en Israël, ne coïncide pas toutefois avec les estimations américaines, qui fixent le délai à un an. Netanyahou s’en est pris aussi vivement aux médias américains,du moins à ceux qui estiment plus dangereuse une opération de bombardement des sites nucléaires iraniens et ses retombées au Moyen-Orient que la possession par l’Iran de la bombe atomique.
Derrière cette foucade se dissimule un manque de confiance évident envers l’administration Obama, accusée ouvertement par l’entourage du premier ministre israélien de ne pas prendre au sérieux la menace que représenteraient pour Israël des forces armées iraniennes dotées de missiles à ogives nucléaires. «L’Iran est dirigé par des gens d’un incroyable fanatisme», souligne Netanyahou. Et de s’étonner que certains journalistes américains en arrivent à écrire des phrases de ce genre qu’il juge «irresponsables»: «L’équilibre de la terreur pourrait être un facteur de stabilité au Moyen-Orient.»
Ce qui énerve le plus Netanyahou est sans doute le refus du président Obama de tracer des lignes rouges devant les efforts iraniens dans le domaine de l’atome militaire, mais en revanche de dresser un feu rouge de signalisation devant une éventuelle attaque israélienne sur ces sites nucléaires. A l’approche du 6 novembre, jour des élections présidentielles américaines, Barack Obama ne cache pas de son côté combien le chef du Gouvernement israélien l’exaspère. Il le soupçonne de prendre fait et cause pour le candidat du Parti républicain Mitt Romney, qui se présente comme un ami personnel de Netanyahou.
Quoi qu’il en soit, même s’il s’en défend, le premier ministre israélien est devenu partie prenante dans la présidentielle américaine. La réélection d’Obama serait bien sûr «une mauvaise surprise» pour lui. Obama serait en droit de lui tenir rigueur. Netanyahou en est conscient. Mais il prend tous les risques. Dans le même temps, il prépare l’opinion publique internationale à une possible attaque israélienne des sites nucléaires iraniens. Il ne passe pas de jour sans qu’un haut responsable de l’Etat juif ne fasse une déclaration belliqueuse. Quant à la presse israélienne, elle regorge d’articles sur le sujet.
Refus d’ultimatums
Début octobre Netanyahou fera une brève visite aux Etats-Unis, mais l’emploi du temps d’Obama est si chargé durant la campagne électorale que ce dernier n’ a pas trouvé une heure de libre pour s’entretenir avec le premier ministre. C’est du moins la version officielle. Même Ehoud Barak, ministre israélien de la Défense, et Avigdor Lieberman, chef de la diplomatie israélienne, affirment à haute voix que Netanyahou est allé trop loin dans l’épreuve de force avec l’administration Obama. Ils disent préférable de régler le différend entre les deux pays à huis clos.
L’administration Obama reproche avant tout à Netanyahou ses tentatives de lui forcer la main dans le dossier iranien avec des demandes répétées et publiques de «lignes rouges», qui représentent en fait autant d’ultimatums, et de chercher à l’entraîner dès maintenant – sans attendre les résultats des sanctions économiques – dans une guerre avec Téhéran. I






