Encourager la formation musicale, et après?
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires

La formation musicale des jeunes doit être encouragée au même titre que les langues, les mathématiques et les sciences naturelles. L’arrêté fédéral soumis au vote vise l’égalité des chances par une harmonisation des objectifs et de l’accès à la pratique musicale, scolaire et extrascolaire. L’idée fait quasiment l’unanimité, et une majorité du corps électoral, selon les derniers sondages, devrait glisser un oui dans les urnes le 23 septembre. Seule l’UDC y est opposée, dénonçant une entorse au fédéralisme – éducation et formation sont des prérogatives cantonales. Franchement, on peine à déceler le risque. La musique est déjà enseignée et encouragée partout en Suisse. Comment ne pas se réjouir qu’elle soit gravée dans le marbre constitutionnel, au titre de bien commun?
Si risque il y a, c’est de voir ce nouvel article rester à l’état de principe. Car partout, il faut faire mieux avec autant – donc avec moins, par l’augmentation du coût de la vie. La crise fragilise la culture: en France, une série de projets d’envergure sont gelés, cure d’austérité oblige. En Suisse aussi, les ressources se raréfient. Et les modalités de l’arrêté soumis au vote restent à définir. «Sans moyens supplémentaires, il ne sera guère possible de renforcer la formation musicale», n’omet pas de préciser l’exposé officiel.
La formation musicale fait naître des vocations et met le pied à l’étrier, mais après? Hobby pour la plupart, la musique devient pour certains un métier. Or ceux des arts et du spectacle peinent à être pleinement considérés comme partie prenante de l’activité économique. Les Suisses se pressent dans les festivals tout l’été. Mais si l’on en juge par la protection sociale et la reconnaissance professionnelle dont elles bénéficient, les petites mains de la création n’ont pas tout à fait le statut de travailleurs. Tout juste de saltimbanques.
En 2004, les représentants de la scène musicale et «SRG SSR idée suisse» ratifiaient une charte garantissant une part substantielle de musique suisse sur les ondes. Une initiative concrète, qui a permis au service public d’accompagner et de stimuler toute une génération d’artistes émergents. Forts de leur popularité, ils ont pu accéder aux salles et aux festivals, éventuellement s’exporter. Mais globalement, une carrière musicale est encore affaire d’acharnement individuel. Au-delà d’un noble principe, l’encouragement de la formation musicale est une incitation à plus de cohérence.





