GENÈVE EST-ELLE PRÊTE À FRANCHIR LE PAS DES RUES PIÉTONNES?
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VOTATION • Le 23 septembre, les habitants de la Ville voteront sur un crédit de 5,36 millions de francs pour fermer cinquante rues au trafic. Pour un canton très en retard en la matière, ce scrutin fera figure de test.
La fermeture au trafic motorisé de cinquante rues ou tronçons de rues en ville de Genève, soumise au verdict des urnes le 23 septembre, soulève bien des passions. Et pour cause: le scrutin municipal, qui porte formellement sur un crédit de 5,36 millions de francs visant à réaliser une première tranche de l’initiative des Verts «200 rues sont à vous», aura valeur de test grandeur nature.
Pour la première fois, la population se prononcera sur la piétonnisation de ses rues, une question qui agite depuis longtemps le Landernau politique et les gazettes locales. Le résultat du vote, quel qu’il soit, constituera un signal important pour les autorités et pèsera sans doute durablement sur l’aménagement urbain à Genève. Plus directement, un refus de ce premier pack de cinquante rues remettrait en cause la création des cent cinquante restantes.
En janvier 2010, l’initiative «200 rues sont à vous» avait été adoptée par une majorité du Conseil municipal, lui évitant un round en votation populaire. Aujourd’hui, l’aboutissement d’un référendum contre le premier crédit de réalisation, lancé par le Groupement transports et économie (GTE) et le Mouvement citoyens genevois (MCG), lui offre une séance de rattrapage.
Au niveau politique, la proposition soumise au peuple a déjà fait l’objet d’intenses débats, avant d’aboutir en janvier dernier à un compromis, adopté par le délibératif de la Ville. Cet accord, conclu entre les Verts et le Parti démocrate-chrétien (PDC), a inscrit le principe de compensation des places de stationnement supprimées sur les rues rendues aux piétons. Il confirme aussi la volonté d’avancer à petits pas, en fermant les rues «à l’essai», pour une durée d’un an, après quoi une évaluation au cas par cas sera menée. Le crédit de 5,36 millions
– soit environ 100 000 francs par rue et 250 000 francs pour les mesures de compensation – est donc lié à ces conditions.
De tels engagements, renforcés entre-temps par l’adoption d’une loi cantonale qui oblige la compensation stricte des places supprimées en surface, n’ont pourtant pas suffi à empêcher le référendum. Piloté par le GTE, qui réunit les milieux économiques sur les problématiques de mobilité, le texte a récolté plus de cinq mille signatures. Outre le GTE et les associations qu’il représente (Touring Club Suisse, Chambre de commerce et d’industrie, Fédération des entreprises romandes...), le référendum est soutenu par le MCG, le Parti libéral-radical (PLR) et l’Union démocratique du centre (UDC).
Dans le camp des partisans, on retrouve toute la gauche municipale (Verts, Parti socialiste, Ensemble à gauche), le PDC, les Vert’libéraux et de nombreuses associations (Actif-trafic, ATE, Pro-Vélo, WWF, Pro Natura, associations de quartier...).
Tour d’horizon des enjeux en cinq questions.
Une meilleure qualité de vie?
C’est le point de départ de l’initiative des Verts. Pour ses partisans, rendre des rues aux piétons en les débarrassant du trafic routier permettra aux habitants de se réapproprier l’espace public, de limiter la pollution et le bruit, de renforcer la sécurité. En un mot: gagner en qualité de vie, au cœur d’une ville où la voiture dispose d’une place prépondérante. Pour cette raison, les cinquante premières rues ciblées sont dispatchées dans onze quartiers (voir carte ci-dessus), et visent en priorité les abords des écoles et des EMS. Selon leurs partisans, elles répondent à des demandes des habitants et ont été choisies dans le cadre d’un processus de concertation.
Les opposants, eux, n’y croient pas une seconde. Le choix des rues leur apparaît comme hasardeux, incohérent, tel le fruit d’un projet «bricolé», et effectué sans réelle consultation. Conséquence: «Le trafic automobile va se reporter sur le reste du réseau et s’accumuler sur des axes déjà engorgés», prédit Nathalie Hardyn, présidente du GTE. Au final, tout le monde serait perdant: les entreprises, bien sûr, mais aussi les habitants. Le MCG va jusqu’à annoncer l’avènement du «chaos vert».
Comme défenseur des milieux économiques, le GTE se dit en revanche favorable à la piétonnisation de l’hypercentre commerçant (autour des rues Basses), à condition qu’un nouveau parking souterrain soit construit à Rive.
Quel impact sur le stationnement?
La problématique du stationnement figure en bonne place dans la campagne. Selon le comptage du GTE – non contesté par les partisans –, les cinquante rues piétonnes déboucheront sur la suppression de neuf cents places de parking voitures et de cinq cent quarante places pour les deux-roues (motos, scooters, vélos). Le projet prévoit que celles-ci soient compensées dans un rayon de 500 mètres (maximum 750 mètres), en ouvrant au public des parkings existants, voire en en créant de nouveaux si besoin. L’arrêté municipal précise que 80% des places seront compensées pour les voitures, les 20% restantes étant dévolues aux deux-roues. Depuis, le canton a encore durci le ton en adoptant une loi plus contraignante qui impose la strict compensation des places supprimées, avec quelques exceptions possibles. La loi cantonale sera prépondérante, mais nul ne sait quel degré d’exigence aura le canton pour autoriser une fermeture de rue à l’essai.
Quoi qu’il en soit, la somme réservée aux mesures de compensation – 250 000 francs – paraît dérisoire aux yeux des opposants. «C’est une plaisanterie, tonne Benoît Genecand, président du comité référendaire. Et il faudrait commencer par nous démontrer que des places libres existent!»
Les partisans rappellent, eux, qu’il s’agit bien d’une condition impérative. «Le canton sera bien tenu d’appliquer la loi», rétorque Delphine Klopfenstein, cheffe de campagne en faveur des rues piétonnes. Par ailleurs, un décompte en cours des parkings vacants à Genève montrerait, selon elle, qu’une marge de manœuvre importante existe. «On a de bonnes raisons de croire qu’il n’y aura aucun problème à compenser les places perdues, même si les situations diffèrent selon les quartiers.»
Chance ou fléau pour le commerce?
Dans cette campagne, chaque camp se dispute la voix des commerçants. Les associations faîtières (Fédération du commerce genevois, Fédération des artisans, commerçants et entrepreneurs...), membres du GTE, ont choisi le leur en prônant le «non» aux rues piétonnes. Selon elles, limiter l’accessibilité des commerces en voiture engendrera une diminution de la clientèle et donc du chiffre d’affaires. «Les associations n’ont pas été concertées et nous avons reçu des signaux très clairs de nos membres», précise Nathalie Hardyn.
De l’autre côté, la réplique a eu lieu hier dans la presse avec la publication d’une charte des commerçants en faveur des rues piétonnes, munie d’une centaine de signatures. Si nombre d’entre eux apparaissent comme des sympathisants de gauche, tous mettent en avant l’intérêt du projet pour redynamiser le petit commerce. Des rues libérées des voitures, présentant un cadre convivial, sont, selon eux, le meilleur atout des boutiques, épiceries et autres restaurants. «Partout où des rues ont été piétonnisées, l’attractivité commerciale a été renforcée», argue le document.
«En cas de oui, les commerçants devront être associés aux discussions dans le cadre de la mise en œuvre du projet», ajoute Thomas Putallaz, président du PDC-Ville de Genève.
Cinq millions, un coût exorbitant?
C’est le premier argument avancé par les opposants. «Cinq millions pour fermer cinquante rues pendant un an, c’est très cher pour du provisoire, tranche Benoît Genecand. En période de vaches maigres, cela revient à gaspiller l’argent public.» Par rue concernée, le montant à disposition est donc grosso modo de 100 000 francs, en moyenne. Pour poser «quelques bacs à fleurs», c’est trop, arguent les opposants.
A quoi cette somme est-elle réellement destinée? L’arrêté municipal ne le précise pas dans le détail. Mais le Service de l’aménagement urbain de la Ville confirme que le crédit englobe plusieurs aspects: le mobilier urbain (bancs, bacs avec arborisation, râteliers à vélos, poubelles, panneaux d’affichage...), les études relatives à la compensation des parkings et l’évaluation à l’issue de l’année d’essai (fonctionnalité de la rue, report du trafic, bilan qualitatif avec les acteurs du quartier).
Pour les partisans de la piétonnisation, la somme est donc loin d’être exagérée. En clair, il ne suffit pas de placer trois potelets en bout de rue pour réussir l’exercice, mais bien de créer les conditions d’une appropriation de l’espace par les habitants. Le crédit, par exemple, pourra aussi servir à financer des initiatives portées par les usagers des lieux.
Un havre pour les dealers?
«Les rues fermées au trafic sont désertées par les habitants le soir, créant ainsi des zones de non-droit, occupées par les dealers et autres personnes peu fréquentables.» L’assertion, souvent entendue lors des débats sur la piétonnisation, émane ici du conseiller municipal MCG Carlos Medeiros, dans le bulletin de son parti. Et force est de constater que certaines expériences de rues piétonnes, notamment aux Pâquis (lire reportage ci-contre), ont renforcé un tel sentiment dans l’esprit des gens. Pour certains opposants, le projet municipal des cinquante rues, «mal ficelé», risque de déboucher sur des lieux inanimés et abandonnés aux trafiquants, en particulier à la tombée de la nuit.
Au contraire, les partisans de l’initiative verte veulent se donner les moyens de créer de réelles zones conviviales, où les habitants, les commerçants et les passants reprennent la main sur l’espace public. A la rue de Fribourg, une des rues visées dans le quartier des Pâquis, le tenancier de la salle de billard l’America, Jalel Matri (membre des Verts), en est convaincu. «Le succès d’une zone piétonne dépend aussi de l’effort consenti par les gens pour se réapproprier la rue.» Selon lui, les habitants et commerçants de sa rue
débordent déjà d’idées.
Pour David Rochat, coprésident des Verts en Ville, «l’évaluation prévue après un an est en ce sens une des forces du projet. Cela offre une flexibilité pour corriger le tir, renoncer ou apporter des améliorations, si cela ne fonctionne pas partout.» I
Une occasion à ne pas manquer
C’est devenu systématique à Genève. Le débat sur la piétonnisation est aussi pollué que les rues elles-mêmes! Il est avant tout question de stationnement, de survie du commerce, d’insécurité galopante, d’engorgement du trafic… Autant de raisons de s’écharper longuement sur un sujet qui échaude les élus de la République depuis des années. Au final, l’enjeu central ...Les Pâquis au défi de se réapproprier la rue
RACHAD ARMANIOS
Un lieu de passage, sans vie. Depuis trois ans, la rue de Zurich est fermée au trafic sur une cinquantaine de mètres, à la hauteur de l’école du même nom et du temple des Pâquis. De gros bacs plantés de petits arbres et des potelets ferment son accès aux véhicules. Le parvis du temple et, en face, la cour clôturée de l’école donnent sur cette petite zone piétonne. L’entrée principale du bâtiment scolaire est située de l’autre côté. Rue de la Navigation, un tronçon a été fermé au trafic depuis longtemps, grâce au combat acharné d’associations.
Peur des dealers
Qu’en pensent les habitants? A l’heure de la sortie des classes, une maman se réjouit de cette protection contre les voitures. Pourtant, «je ne laisse jamais mes enfants aller seuls à l’école. A cause des dealers, j’ai trop peur.»
Faute d’aménagements, les habitants n’ont pas pris possession du tronçon de la rue de Zurich, laissant la place «à d’autres populations», reconnaît Marina Rampini Itsouhou, de l’Association des parents d’élèves des Pâquis. La piétonnisation n’est pas responsable du deal et ne l’a pas accru, car il est de toute façon présent dans le quartier, souligne-t-elle. «Nous avons toujours déploré que l’aménagement des rues ne soit pas réalisé rapidement dans le prolongement de leur fermeture, reprend Pierre Fuchs, de l’association d’habitants Survap.
Pour les opposants à la piétonnisation, il existe un risque de créer des «coupe-gorges». «Il y a des Noirs, ça ne va pas! réagit une dame âgée. Avant de reconnaître qu’«ils sont gentils et n’attaquent pas; ils proposent et c’est tout».
Postée en aval du temple, Rosa, patrouilleuse scolaire dont la tâche est de protéger les enfants, atteste d’une baisse des risques liés au trafic routier. Mais elle votera non le 23 septembre. «Ce n’est pas paradoxal: je ne veux pas la sécurité pour les dealers, ni leur offrir davantage de place.»
Après trois ans de négociations entre les multiples acteurs du quartier et la Ville, les travaux pour des aménagements «légers» débuteront en octobre à la rue de Zurich. Les riverains souhaitaient une zone clôturée, afin que les familles puissent laisser gambader les enfants en toute sécurité. Mais les coûts auraient fait traîner le dossier des années encore. On s’est contenté d’un revêtement en gravillons, d’arbustes fleuris et de petits «salons urbains» formés de fauteuils et de lampadaires. Les jardins ceinturant le temple compléteront le dispositif.
Pour animer les lieux, l’Espace solidaire du temple et la Ville ont reconduit cet été «Les Pâquis se mettent au vert»: bibliothèque, cours de gym, concerts... Mais les habitants prennent difficilement le
relais.
Les nouveaux aménagements connaîtront-ils le même destin? Les habitants vont les investir, mais cela se fera «à petits pas», préviennent Francis Hickel et Françoise Bourquin, responsables de l’Espace solidaire. Pierre Fuchs rappelle que cette rue, perdue entre le temple et la cour d’école, n’a pas été piétonnisée parce qu’elle serait attrayante, mais pour diminuer le trafic de transit et ses nuisances. «La zone est plus calme. C’est primordial dans ce quartier très dense, où les préaux sont minuscules», abonde Marina Rampini Itsouhou.
Mais Rosa, la patrouilleuse, râle parce que, même en payant le macaron, «on ne trouve plus de places de parking et on est obligé d’en louer une». «C’est déjà dur de se parquer, c’est pire avec les rues piétonnes», enchaîne un chauffagiste venu faire une réparation. «Peu de places ont été supprimées et les parkings souterrains, à la gare ou aux Cygnes, sont vides», rétorque Pierre Fuchs.
Les terrasses fleurissent
Pour la convivialité, il nous conduit place de la Navigation et à la rue du Léman adjacente, piétonnisées au milieu des années 2000. Sur le coup de midi, des employés mangent un sandwich sur les bancs, les terrasses commencent à se remplir. «Je suis là depuis 1992, confie Enver Ylmaz, propriétaire du Star Kebab, l’un des quatre restaurants aux vastes terrasses qui s’étirent sur la place. A l’époque, celle du restaurant turc était minuscule. «Le bus passait juste devant.» Désormais, les clients affluent, en particulier les familles. Enver Ylmaz affirme que son chiffre d’affaires a bondi de 80%. L’homme possède cinq restaurants dans les alentours. «La Ville doit trouver le bon équilibre, car les établissements publics génèrent des nuisances sonores», prévient cependant Pierre Fuchs. Enver Ylmaz n’est pas d’accord: «A 22h, c’est fini.»
La rue du Léman, elle, est devenue un lieu de rencontres et une aire de jeu où les enfants jouent au foot sans surveillance. I
«Genève a vingt ans de retard»
PROPOS RECUEILLIS PAR PHILIPPE BACH
Vincent Kaufmann est professeur de sociologie urbaine et d’analyse de la mobilité au Poly de Lausanne. Nous lui avons tendu le micro pour un regard externe sur ce dossier. Le projet de piétonnisation tel que proposé pose-t-il les bonnes questions et peut-il nous faire évoluer vers un avenir plus durable?
Genève est-elle vraiment en retard
en matière de zones piétonnes?
Vincent Kaufmann: Oui! On peut objectivement estimer que, par rapport à des villes comparables, Genève a vingt ans de retard. On ne trouve plus guère de tels flots de circulation dans les hypercentres d’autres agglomérations d’une certaine taille. Il est assez extraordinaire de voir que Genève n’a pas réussi à rendre piétonnes ses grandes interfaces de transbordement modal que sont par exemple la gare ou la place Bel-Air. Il y a un Sonderfall genevois où tout ce qui a trait à la mobilité provoque des blocages, bien plus qu’ailleurs. C’est regrettable car, pendant ce temps, nous manquons certains rendez-vous en matière de mobilité.
Quels sont les différents usages et objectifs
qui cohabitent dans une zone piétonne?
Le but d’une zone piétonne bien comprise est de créer un espace de rencontre. Ce qui fait cruellement défaut à Genève, notamment dans des quartiers comme les Eaux-Vives ou celui de Plainpalais. Comme dans les autres communes urbaines de Genève qui, idéalement, auraient tout autant besoin de tels espaces.
Les aménagements des premières cinquante rues piétonnes seront provisoires. Qu’en pensez-vous?
Le choix de procéder par petits bouts est compréhensible, vu le climat. Mais on perd en lisibilité: est-on véritablement en train de piétonniser les bons tronçons? La question est légitime et j’ai des doutes à ce sujet. C’est tout le problème de la concertation qui doit être à la base d’un projet de ce genre. Les initiants ont mis en relation rues piétonnes et présence d’une école ou d’un EMS. Mais ce ne sont pas les seuls critères pertinents.
Je crois surtout qu’il faut arrêter d’avoir honte et de s’excuser de faire des zones piétonnes. On doit admettre que, lorsqu’on réalise ce genre d’aménagements, cela a un coût et que c’est définitif. Le piège, c’est le minimalisme. Dans l’esprit de trop de politiques, il suffit de planter trois potelets. Mais cela ne fonctionne pas ainsi. L’investissement dans la mobilité douce est tout aussi légitime que pour un
parking.
Qu’est-ce qui fait une zone piétonne réussie?
La concertation et la capacité de mener une réflexion transversale sur les usages qui sont faits d’un espace donné. Ceux-ci doivent prendre sens pour leurs usagers, sinon cela ne fonctionne pas. Il faut prendre en compte la proximité des commerces, des restaurants, ne pas forcément craindre une mixité des usages. Par exemple, en autorisant les automobiles à s’arrêter pour déposer des courses, même si, à Genève, je me rends bien compte que c’est une porte ouverte au retour à la voiture. Et on ne doit pas tout miser sur les commerces, les banques ou les bijouteries qui ferment le soir. En Allemagne, on est allé jusqu’à rouvrir aux voitures certains centres piétons pour y faire revenir des gens et rétablir un sentiment de sécurité. D’où la complexité de la démarche, qui impose aussi, au nom du principe de réalisme, d’aller de l’avant avec un certain volontarisme.
On a un exemple réussi aux Pâquis, avec la place de la Navigation (lire ci-dessus), dont les habitants ont vraiment pris possession. L’inverse est vrai, comme à la place de l’Octroi à Carouge, qui reste vide et un peu sinistre. I













