Mercredi, 22 mai 2013

Bruno Zuppiger jette l’éponge

MARDI 11 SEPTEMBRE 2012

PARLEMENT • Soupçonné de détournement de fonds, l’UDC se retire du National. Il s’estime lâché par les siens. Le président du parti Toni Brunner veut tourner la page.

Il se sera accroché à son siège pendant huit mois. Mais la pression qui pesait sur ses épaules était trop forte. Sous le coup d’une procédure pénale pour détournement de fonds et gestion déloyale depuis début janvier, l’UDC zurichois Bruno Zuppiger (60 ans) se retire du National avec effet immédiat. L’ex-candidat au Conseil fédéral a surpris tout le monde, y compris ses collègues de parti, en adressant sa lettre de démission hier, au premier jour de la session d’automne des Chambres.
«C’est une décision personnelle de sa part. Nous venons de l’apprendre, le parti n’en avait pas été informé au préalable.» Réagissant à chaud dans les couloirs du parlement, hier vers 15 h, Toni Brunner paraissait soulagé par la tournure des événements. «Cela permet maintenant de passer à autre chose. C’est clair que cette affaire était lourde à porter pour nous», confie le président de l’UDC Suisse. Qui ajoute: «Un parti ne peut pas avoir une grande influence sur ce
genre de décision.»

Critiques à son parti
Dans sa lettre de démission, Bruno Zuppiger relève toutefois qu’il s’est senti lâché par les siens. Il pointe particulièrement le doigt sur sa section cantonale en évoquant le «manque d’objectivité et de soutien de certains représentants de l’UDC et de la direction de la section zurichoise du parti». Conseiller national depuis 1999, il affirme ne plus être en mesure de mener à bien son mandat. C’est pourquoi le sexagénaire s’est résolu à mettre un terme à plus de 35 ans de vie politique active.
Promis à une brillante carrière sous la Coupole, Bruno Zuppiger avait caressé les plus folles ambitions en décembre 2011 lorsque l’UDC l’avait choisi comme candidat pour briguer un deuxième siège au Conseil fédéral. Mais tout s’était écroulé quelques jours avant l’élection, à la suite de révélations de l’hebdomadaire «Weltwoche» l’accusant de détournement de fonds dans une affaire d’héritage.
Du coup, c’est Jean-François Rime qui avait été proposé pour l’élection du 14 décembre. En vain. Cinq jours plus tard, c’est le même conseiller national fribourgeois qui allait le remplacer à la présidence de l’Union suisse des arts et métiers (USAM).

Procédure pénale
Depuis janvier, l’affaire Zuppiger a pris une tournure judiciaire. Le 6 janvier 2012, le Ministère public zurichois annonçait l’ouverture d’une procédure pénale contre le politicien de Hinwil. La justice lui reproche d’avoir détourné des fonds alors qu’il agissait comme exécuteur testamentaire après le décès de l’une de ses employées.
Au lieu de transmettre les 265 000 francs légués par la défunte à deux organisations d’utilité publique, Bruno Zuppiger aurait gardé la somme. Pour ne la reverser que quelques années plus tard, à la demande des associations bénéficiaires.
Dans sa lettre de démission, Bruno Zuppiger affirme que les événements survenus depuis décembre l’ont durement touché. Sa famille et ses proches en ont également pâti, explique-t-il. Il affirme quitter le parlement «sans amertume, mais riche d’expériences» et précise qu’il «regarde l’avenir avec confiance».  Bruno Zuppiger se dit aussi prêt à accepter la sanction qu’il s’attend à recevoir.
Son successeur sous la Coupole est déjà connu. Il s’agit de l’ancien secrétaire général de l’UDC, Gregor Rutz (39 ans), actuellement membre du Grand Conseil zurichois et vice-président de la section cantonale. I

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