Mercredi, 22 mai 2013

La police de Lausanne connaîtra son nouveau municipal aujourd’hui

MARDI 11 SEPTEMBRE 2012

SECURITE • L’exécutif de la capitale a vite choisi le successeur de Marc Vuilleumier. La patate chaude de la police se refroidira-t-elle en mains socialistes?
 

Plutôt que d’offrir publiquement la direction du corps de police à ses collègues, pourquoi Marc Vuilleumier n’a-t-il pas démissionné de la municipalité? Parce qu’il n’a pas commis de vraie faute au parfum de scandale. Il se dit même «fier» de son bilan à la direction de la police et s’adosse à une légitimité électorale très élevée.
De plus, si le popiste avait démissionné, l’élection complémentaire aurait permis à la droite de reprendre l’unique siège rouge de la municipalité. Cela explique aussi pourquoi Marc Vuilleumier a préféré rester à la municipalité sans chercher à résister plus longtemps aux pressions exercées par presque tous les bords de l’échiquier politique. Cela explique enfin qu’au sein de la majorité, personne n’ait véritablement demandé sa
démission.
Hier après midi, l’Exécutif lausannois a fixé l’heure de l’annonce du successeur de Marc Vuilleumier: aujourd’hui, à 13 h 30. Cette rapidité empêche les pronostics de fleurir trop longtemps. Elle évite de faire passer le dossier policier pour une patate chaude. Elle fait surtout apparaître le séisme dominical créé par Marc Vuilleumier comme la sortie d’une crise estivale, plutôt que comme l’éclatement d’une crise automnale.
Entre dimanche et lundi, chacun des partenaires de la majorité lausannoise ont accusé les autres d’avoir poussé Marc Vuilleumier à bout. De cet imbroglio, les socialistes ressortent comme les plus critiques. C’est dans leurs rangs que les reproches contre Marc Vuilleumier se font les plus précis: le popiste réagirait trop lentement face aux problèmes d’insécurité, disent-ils en substance.

Le courant passe mieux
La pression a commené à augmenter pendant les grandes vacances. D’abord par les déclarations du syndic Daniel Brélaz. Il y a eu sa fameuse promesse du 15 juillet: il n’y aurait plus de dealers dans les rues de Lausanne à l’horizon 2013 ou 2014. Il y a eu, dans la foulée, sa suggestion que la police judiciaire de Lausanne pouvait être aussi absorbée par la Police de sûreté cantonale. L’idée fait son chemin à gauche, alors que la capitale vaudoise veut se montrer économe.
Ces signaux lancés par le syndic sont facilités par la nouvelle configuration politique: la double majorité de gauche au gouvernement cantonal et à la Municipalité de Lausanne fait ses vrais débuts. Entre le canton et sa capitale, le courant passe mieux. Et il passe d’abord entre les trois socialistes du Conseil d’Etat, et les trois socialistes de l’Hôtel de Ville.

Montré du doigt
De là à voir la police lausannoise passer sous tutelle socialiste, il n’y a qu’un pas. Grégoire Junod ferait figure de favori. Oscar Tosato est aussi pressenti. Quel que soit le nouveau municipal en charge de la police, il aura à ­siéger dans le Conseil cantonal de sécurité, l’organe qui gère la coordination des polices municipales, régionales et de la police cantonale.
«Le Conseil cantonal de sécurité est conscient que l’image de la sécurité à Lausanne rejaillit sur tout le canton. La police coordonnée a permis de dégager des forces supplémentaires, pour des patrouilles plus fréquentes dans les communes du Pied du Jura, par exemple. Maintenant, Lausanne doit faire aussi sa part, sinon cela voudrait dire qu’elle demande de dégarnir d’autres régions», explique un connaisseur du dossier au niveau cantonal. La (trop?) lente augmentation des effectifs policiers lausannois est donc montrée du doigt. La police cantonale prête ses forces à Lausanne quand il le faut. Les bagarres lausannoises de ce week-end en ont été l’occasion. Mais l’envoi de gendarmes cantonaux à Lausanne sera un jour facturé, rappelle-t-on.
C’est dans ce contexte que le nouveau municipal de la police lausannoise évoluera. La meilleure fluidité entre Lausanne et le canton pourrait lui profiter. Il aura jusqu’aux prochaines élections municipales de 2016 pour faire baisser l’insécurité à Lausanne. Reste à savoir si l’éradication des dealers des rues de Lausanne en 2013 ou 2014 figurera encore à son agenda. I

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Un chef de la Police qui lance des pavés, fût-ce dans la mare, ce n’est pas commun. Mais le projectile expédié dimanche par Marc Vuilleumier, municipal lausannois, lui est retombé sur le pied. En lâchant le Département de la sécurité sur l’air de «si t’es si malin, fais-le à ma place!», le popiste laisse une bien piètre impression, celle d’un ministre faible de caractère ...
 
Le Courrier
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