Insécurité à la Municipalité
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Un chef de la Police qui lance des pavés, fût-ce dans la mare, ce n’est pas commun. Mais le projectile expédié dimanche par Marc Vuilleumier, municipal lausannois, lui est retombé sur le pied. En lâchant le Département de la sécurité sur l’air de «si t’es si malin, fais-le à ma place!», le popiste laisse une bien piètre impression, celle d’un ministre faible de caractère et de convictions. A se demander s’il n’a jamais cru en ses recettes pour le maintien de l’ordre public!
Reste que Marc Vuilleumier n’est pas le premier à mettre le débat sécuritaire au niveau de la cour de récré. Le syndic vert Daniel Brélaz l’avait précédé cet été, en promettant, toutes sirènes hurlantes, de débarrasser Lausanne de ses dealers en un ou deux ans. Et pourquoi pas en quarante jours, comme l’avait naguère proclamé Eric Stauffer à Genève?
L’image du doux municipal popiste débordé par la criminalité ne colle pourtant pas à la réalité. S’il a su se démarquer par son souci des prévenus, du droit et du dialogue, M. Vuilleumier a également réclamé et obtenu le renforcement de ses effectifs, dans la mesure des capacités de recrutements actuelles.
Cataloguer Marc Vuilleumier dans les rangs des angéliques relève de l’escroquerie politique. Ou alors il faudrait cataloguer l’ensemble des policiers lausannois dans cette case, eux qui lui rendaient hier hommage.
Plus présente dans les rues, plus visible, la police de proximité voulue par Marc Vuilleumier lui avait valu l’an dernier une facile réélection à l’exécutif. Au besoin, elle a su également se muer en machine répressive – plusieurs manifestants et syndicalistes s’en souviennent encore. Et rappelons que le popiste est aussi à l’origine de mesures anti-mendiants du plus mauvais effet à gauche.
La démarche n’a pas suffi. Pour la droite, bien sûr, mais aussi pour les alliés socialistes et verts de la majorité municipale, de plus en plus fébriles devant la répétition des faits divers. Jusqu’au clash de ce week-end.
Au-delà du sort de M. Vuilleumier, qui sera probablement scellé cet après-midi, le discours et les orientations sécuritaires de la Municipalité devront faire l’objet d’un débat sérieux. En jouant la surenchère – qui plus est à l’emporte-pièce –, la majorité actuelle aurait tout à perdre. Au marché des réponses simplistes, on préfèrera toujours l’original à la copie. Or, les causes de l’augmentation des violences nocturnes et des vols à Lausanne sont complexes et multiples. Les réponses devront l’être aussi, par la force des choses, dépassant largement l’action des seuls agents de police lausannois. Toute autre stratégie est condamnée à l’échec. Or, en se disputant comme des chiffonniers par médias interposés, les municipaux brouillent ce message déjà difficile à faire passer.





