Le PLR fait bloc derrière Varone
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Les réflexes claniques ont la vie dure au Parti libéral-radical valaisan. Récemment, Adolphe Ribordy, rédacteur en chef du Confédéré, le journal radical, s’emportait au sujet de l’affaire Varone: «Ce n’est quand même pas le pays du génocide arménien qui va nous donner des leçons de morale…1»
Dans cette affaire, les mots ont tout leur poids. Au sein de la famille politique de Christian Varone, candidat au Conseil d’Etat valaisan depuis jeudi soir, on ne se contente pas de confondre «morale» et «justice». Car beaucoup continuent à ne voir dans le bout de colonne de marbre ramassé par leur poulain qu’un «caillou» gênant sa marche vers le trône de l’exécutif.
La Turquie reproche-t-elle à Christian Varone le «vol d’un vestige archéologique»? Pascal Couchepin lui demande-t-il des garanties pour qu’il retire sa candidature en cas de condamnation pénale? «Lynchage médiatique», rétorque le commandant de la police cantonale. Et l’assemblée générale du parti, réunie à Conthey, l’adoube presque comme un seul homme… Il n’a pas pensé à mal lorsqu’il a ramassé la fameuse pierre en vacances. Circulez, il n’y a rien à voir.
Quand la mésaventure du policier a été rendue publique, on s’est effectivement dit qu’elle servirait surtout de leçon à de nombreux touristes tentés de ramener un «caillou» comme souvenir. On s’est bien sûr demandé quel genre de pierre pouvait entraîner de telles conséquences. La publication de sa photo a rapidement mis les points sur les «i». Ce n’est pas une pierre insignifiante, comme a tenté de le faire croire M. Varone, qui s’est retrouvée dans ses valises. S’enfonçant, ce dernier a pourtant refusé de reconnaître le morceau de marbre sur le cliché.
Auparavant, il avait fallu rectifier: ce n’était pas son fils, mais lui qui avait ramassé un souvenir de vacances. Le père qui assume… a pourtant enchaîné: «On l’a pris en famille.» Il est ensuite apparu qu’il s’agirait plutôt de deux «pierres». Et que le suspect était bien au courant de sa convocation le 25 septembre par la justice turque.
Le commandant de la police a surtout déclaré qu’il n’était pas conscient de violer la législation turque sur les biens culturels, alors que le pays coopère avec les polices suisses dans le domaine des transferts illégaux de ces biens. Il affirme même à tort qu’un tel acte aurait été impuni chez nous.
L’empathie suscitée par la libération du prévenu n’aura pas duré longtemps, estompée par le malaise provoqué par sa communication catastrophique. Au bout du lac, elle rappelle un peu celle d’un certain Mark Muller. Mais en Valais, il semble admis qu’un chef de la police profère des demi-vérités, voire des mensonges, et qu’on lui fasse ensuite confiance pour gouverner le canton.
Soyons justes: contrairement à l’ancien chef des Constructions à Genève, il n’a démoli personne, à part sa stature de héros proclamée par les médias.
En cas de condamnation, le PLR soutiendra-t-il encore un candidat-policier auteur d’un délit? En attendant, c’est Oskar Freysinger qui se régale. Le champion de l’UDC pour l’exécutif pointe «l’absence de bilan politique» de son rival et son «incapacité» à gérer les attaques violentes.
1Le Matin dimanche du 11 août.





