La réforme du primaire a stimulé le travail en équipe
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GENÈVE • Chaque établissement scolaire a dû se fixer des objectifs prioritaires. Un rapport d’évaluation tire un bilan positif du dispositif.
«Une école d’apprentissage du travail en équipe»: le Service de la recherche en éducation (SRED) tire un bilan positif des projets d’établissement, car ils ont favorisé une culture de travail commune au sein des écoles primaires.
En 2008-2009, la réforme du primaire avait vu le regroupement des 164 écoles en 91 établissements1 scolaires dirigés par presque autant de directeurs-trices. L’autonomie partielle voulue dans ce nouveau fonctionnement imposait également à chaque établissement d’établir pour trois ans quelques objectifs prioritaires adaptés aux contextes particuliers – et les moyens d’action pour y parvenir. Le premier cycle du système s’est achevé fin juin. Il a fait l’objet d’un rapport d’évaluation externe publié par le SRED fondé principalement sur la perception des équipes enseignantes.
254 objectifs ont été recensés, un peu moins de trois par établissement en moyenne. La plupart ont d’abord concerné des questions d’éducation à la citoyenneté. Dominique Gros, directeur adjoint du SRED et co-auteur de l’étude, donne des exemples: des règlements d’établissement ont été renforcés en collaboration avec les élèves; le système des sanctions a pu être homogénéisé; la solidarité et la compréhension des différences ont été valorisées – il cite un atelier qui prévoyait un trajet en fauteuil roulant ou l’action Ethnopoly, un jeu de piste sur l’interculturalité.
Mettre en commun
Viennent ensuite des objectifs visant la cohérence pédagogique, le suivi des élèves en difficulté, la maîtrise du français. D’autres ont touché à l’ouverture de l’établissement vers l’extérieur (relations familles-école, avec le quartier...). «Les projets d’établissement ont suscité une réflexion commune sur la meilleure façon d’améliorer les conditions d’apprentissage et le climat scolaire, souligne M. Gros. Partout, ils ont favorisé une culture d’établissement, le travail en équipe, l’échange entre collègues, constate-t-il surtout. C’est d’autant plus remarquable, qu’on a affaire à un métier solitaire. La plupart du temps, l’enseignant est seul face à sa classe, la recherche commune de solutions n’est pas une évidence».
Autre raison d’être optimiste, selon M. Gros: près de deux tiers des répondants se disent entièrement ou en partie satisfaits par les résultats de leurs actions, alors que les projets d’établissement ont suscité et continuent de susciter d’importantes réticences. Ils ont souvent été vécus comme «une prescription institutionnelle trop contraignante», «dénués de sens», comme «une perte d’autonomie» ou un «outil pour évaluer les enseignants ou les directeurs».
Souplesse préconisée
La faute au cadre peu clair établi initialement par la Direction générale du primaire (DGEP), à son peu de soutien et au manque de préparation des directeurs et des enseignants. «Des établissements ont fixé des objectifs trop ambitieux ou trop vagues – ‘améliorer l’aide aux élèves en difficulté’, par exemple’», note M. Gros. Un objectif d’autant plus difficile à atteindre quand les moyens diminuent... Autre réserve: les écoles regroupées en un même établissement malgré la distance géographique ou des cultures de travail éloignées ont eu beaucoup de peine à respecter un cap commun. Le SRED recommande de la souplesse en permettant des moyens d’action différenciés pour y parvenir.
Le bilan est aussi mitigé concernant l’amélioration des compétences scolaires et de l’égalité des chances – deux buts de la réforme. Difficile, faute d’outils, de déterminer si les projets d’établissement ont eu un impact direct.
Les prochains se déploieront désormais sur quatre ans. Ils ont jusqu’à la fin du premier trimestre pour être rédigés et devront être «mis en musique» dès février.
- 1. Cette rentrée, ce sont 159 écoles qui sont regroupées en 79 établissements (Le Courrier du 14 mai 2012).
Présentation publique du rapport par ses auteurs le 27 septembre, de 12h15 à 13h30 au 12, quai du Rhône. Il est disponible sur www.geneve.ch/recherche-education/doc/publications/docsred/2012/evalex.pdf





