L’Epicentre des musiques du monde
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COLLONGE-BELLERIVE (GE)
Il porte bien son nom, l’Epicentre. Un carrefour culturel sur la rive gauche genevoise, où les communes huppées ne se bousculent pas pour accueillir les musiques du monde. Celle de Collonge-Bellerive a eu cette volonté: il y a plus de dix ans, elle transformait une ancienne ferme villageoise en salle de spectacles. Au début, les dames âgées et les enfants du village ont eu la primeur des lieux, mais peu à peu l’Epicentre a développé ses ambitions, se faisant remarquer par la floraison de ses affiches en Ville de Genève, ses partenariats avec les festivals JazzContreband, Filmar, Antigel, et sa saison de concerts panachée et de haut vol – une quinzaine de samedis par an.
La nouvelle saison démarre ce samedi avec Maïa Vidal, jeune chanteuse étasunienne à la pop folk ludique et enjouée. Le 6 octobre, on découvrira Technicolor Orchestra, swing-pop mitonné par André Bachleda (guitare, voix), Guillaume Lagger (harmonica), Renaud Millet-Lacombe (orgue Hammond) et Nelson Schaer (batterie). Le 13 octobre, l’Epicentre s’offre le quartet cubain Ochumare, tandis que le fado de Carla Pires ou le piano de Tigran Hamasyan sont aussi annoncés. Pas mal pour un épicentre excentré.
«La commune nous fait confiance, elle nous laisse les coudées franches», se félicite Stéphane Radice, responsable du Service culturel de Collonge-Bellerive (7500 habitants). Avec un budget somme toute modeste de 100 000 francs, il a fait venir des artistes de tous les coins du globe (Gianmaria Testa, Raul Paz, Habana Abierta, Mélissa Laveaux, Imany, Carlton Rara).
Un projet de festival imaginé dans le cadre de ses études de management culturel et social ont titillé l’esprit de Stéphane Radice; un passage par les Traverses Musicales lui a mis le pied à l’étrier, avant qu’en 2004, la commune de Collonge-Bellerive lui offre de développer la programmation culturelle. L’Epicentre, un édifice boisé aux lignes élégantes, est doté de 120 places et d’une acoustique impeccable. «Dans cette proximité, impossible de tricher, insiste Stéphane Radice. Les artistes apprécient car ils doivent donner le meilleur.»
C’est une petite équipe motivée qui s’active: le cuistot prépare des mets en rapport avec les concerts, à déguster dès 19h dans l’annexe qui accueille aussi les bureaux de plusieurs associations culturelles. Notamment la Comédie des Trèfles à Trois (troupe de théâtre qui fête ses 25 ans d’existence) et Cinémargand, dont le cycle s’étoffe cette année: films français les lundis (Le Gamin au vélo des frères Dardenne, le 10 septembre à 14h et 20h) et films «d’ailleurs» les mercredis (le thriller iranien The Hunter, le 12 septembre à 20h). Les samedis, priorité aux concerts: l’Epicentre est désormais sollicité pour des résidences, à l’image de celle de Technicolor Orchestra en vue du concert du 6 octobre dans le cadre de JazzContreband.
Maïa Vidal (pop-folk, Etats-Unis), sa 8 septembre à 20h30. www.epicentre.ch





