La BCE prête au rachat des dettes
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ZONE EURO • La Banque centrale européenne réactive un mécanisme de rachat d’obligations souveraines, à certaines conditions, malgré l’opposition de l’Allemagne. Les marchés en verve.
Malgré l’opposition de la Bundesbank allemande, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé hier qu’elle allait reprendre – sans limite préétablie – ses achats d’obligations souveraines sur les marchés secondaires, où sont négociés les titres. Elle contribuera ainsi à faire baisser les taux d’intérêts que réclament les marchés financiers aux Etats de la zone euro devant refinancer leur dette, tels que l’Espagne et l’Italie. Mais ceux-ci devront au préalable montrer patte blanche, en matière d’assainissement budgétaire et de réformes structurelles.
«L’euro est irréversible», a martelé le président de la BCE, l’Italien Mario Draghi, en présentant à Francfort la décision du conseil des gouverneurs de l’institution d’instituer un mécanisme de «transactions monétaires directes» (Outright Monetary Transactions – OMT –, selon la terminologie officielle) et en fustigeant les «craintes infondées des investisseurs» sur l’avenir de la monnaie unique, dont les effets sont «destructeurs».
L’Allemagne minorisée
La décision a été prise à l’unanimité, moins une voix: plus que probablement celle du président de la Bundesbank allemande, Jens Weidmann, qui s’est toujours déclaré hostile au lancement d’une opération de rachat massif d’obligations d’Etat par la BCE. Selon lui, cela revient en effet à financer les pays de la zone euro «par la planche à billets», ce qui «peut rendre accro, comme à une drogue», inciter au laxisme budgétaire et nourrir l’inflation.
Afin d’apaiser l’ire de la Bundesbank, la BCE a renoncé à fixer un seuil, calculé sur la base des écarts des primes de risques réclamées aux différents Etats membres de la zone euro, au-delà duquel elle rachèterait systématiquement des obligations souveraines sur les marchés. D’autre part, elle limitera ses achats aux obligations d’une maturité comprise entre un et trois ans.
Enfin, et surtout, a insisté Mario Draghi, l’intervention de la Banque centrale européenne sera soumise à une stricte condition: les Etats qui souhaitent en bénéficier devront au préalable réclamer l’aide du fonds de sauvetage de la zone euro – le Fonds européen de stabilité financière (FESF), auquel est censé se substituer un Mécanisme européen de stabilité (MES). Partant, ils devront s’engager à appliquer un plan d’économies et de réformes structurelles drastique, sous la surveillance de leurs partenaires. Pour l’Italien, il s’agira ainsi de réparer certaines «erreurs politiques» commises dans le passé.
Les marchés en verve
Son discours a été salué par les marchés financiers, qui ont repris des couleurs, hier. En revanche, le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, est demeuré très discret sur ses intentions, à l’issue d’une rencontre avec la chancelière allemande, Angela Merkel. C’est que la fière Espagne est toujours réticente à réclamer officiellement l’aide des Européens, de crainte d’être mise sous tutelle. Gare aux lendemains qui déchantent, donc. I






