Lundi, 20 mai 2013

Les recettes des patrons pour calmer les nuits de la capitale

MARDI 04 SEPTEMBRE 2012

Lausanne • Tenanciers et commerçants sont d’accord sur l’interdiction de boire dans la rue et l’ouverture des boîtes jusqu’à 6 heures du matin.

Patrons de boîtes de nuit, tenanciers et commerçants lausannois publient un catalogue de propositions pour «maintenir une vie nocturne attractive, tout en garantissant la sécurité des habitants et visiteurs». L’Association des commerçants, le Pool Lausanne La Nuit (boîtes de nuit) et la section lausannoise de Gastrovaud se sont concertés pour présenter des propositions communes à la Municipalité de Lausanne.

Les rues sans alcool
Première des mesures présentées par les patrons: l’interdiction de consommer de l’alcool sur la voie publique. Pour Gilles Meystre, directeur général adjoint de Gastrovaud, cette interdiction constitue une priorité, «même si ça fait réagir les acteurs de la prévention et sourire certains jeunes». Une telle proposition n’a pas été assez «thématisée» jusqu’ici, selon lui. «Nous constatons qu’il y a de plus en plus de personnes qui consomment de l’alcool sur la voie publique. Les stations de transports publics sont toutes plus sales les unes que les autres. Dans le quartier du Flon, des gens s’ennivrent avant d’arriver dans les clubs. Cette mesure rassemble vraiment les trois partenaires: c’est ce qu’ils entendent le plus souvent de la part de leurs clients.»
L’augmentation des effectifs policiers – «tout le monde s’accorde là-dessus», constate Gilles Meystre – figure en bonne place des recettes proposées par les trois organisations. C’est la mesure cardinale d’un important chapitre policier: les contrôles policiers doivent d’abord être renforcés, les couteaux ou objets contondants interdits et le poste de police du Flon ouvert 24 heures sur 24.
Les tenanciers et commerçants suggèrent aussi le recours à des agents de sécurité privés tant que les nouveaux policiers promis par la ville ne sont pas engagés. Ils demandent aussi que les assistants de sécurité soient formés pour patrouiller en ville. Enfin, une bonne partie du centre- ville de Lausanne devrait être placé sous vidéosurveillance: places Saint-François, Bel-Air, Saint-Laurent et Riponne, ainsi que les rues du Petit-Chêne et de Bourg.

Fermetures à 6 heures
Les propositions comportent aussi un volet financier. Le produit de la taxe sur les divertissements et des émoluments pour prolongations d’ouverture seraient affectés à la sécurité. Enfin, la question des heures d’ouverture se résoudrait par une certaine libéralisation. C’est à 6 h que les boîtes de nuit auraient la possibilité de fermer.
Cette proposition trahit-elle la crainte des tenanciers face à une probable offensive des autorités pour restreindre les horaires? «Cela pourrait être une tendance à gauche, effectivement, relève Gilles Meystre. Notre idée est qu’il faut mieux synchroniser les fermetures avec les premiers départs des transports publics. Avancer les départs des transports publics aurait un coût énorme, alors que notre proposition est financièrement raisonnable. Nous rappelons que Genève parle d’une fermeture facultative à 7 heures.»
Ces propositions s’inscrivent dans le cadre d’auditions que mène une délégation de la Municipalité de Lausanne. Les trois associations économiques ont été reçues vendredi. Les partis et les autres acteurs sont entendus jusqu’à cette semaine. Après que le syndic Daniel Brélaz eut annoncé sa volonté d’éradiquer le deal de rue en 2013 ou en 2014, la question de la sécurité en ville est sur le devant de la scène. L’UDC a publié ses propositions il y a deux semaines. I

 
Le Courrier
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