Mercredi, 19 juin 2013

Un porte-voix pour les objecteurs de croissance

SAMEDI 01 SEPTEMBRE 2012

Premier numéro de «moins!»

Imaginer des solutions raisonnées face aux enjeux planétaires; promouvoir des modes de vie alternatifs à la surconsommation: les réflexions qui animent le mouvement de la décroissance dépassent encore rarement les cercles d’initiés. En créant «Moins!», dont le premier numéro sort aujourd’hui, trois membres du Réseau vaudois des objecteurs de croissance (ROC) ont souhaité s’ouvrir à un public plus large. Tiré à 5000 exemplaires, le bimestriel, qui se présente comme le «journal romand d’écologie politique», ambitionne d’aiguillonner le débat politique. Sans publicité, il s’appuie uniquement sur des contributeurs bénévoles.  
«Nous essayons de faire prendre conscience que les crises écologique, économique et sociale sont liées entre elles, mais aussi aux fondements mêmes de nos sociétés. Avec ce journal, nous voulons ouvrir des possibilités pour que les gens s’approprient ce débat et trouvent des solutions», résume Mathieu Glayre, une des trois chevilles ouvrières du projet.

Au départ, il y a aussi la volonté de donner une visibilité à un courant d’idées méconnu, mais aussi décrié. «L’envie de créer ce journal vient du fait que les idées décroissantes trouvent très peu de place dans les médias dominants, ou lorsqu’il y en a, elles sont généralement présentées de manière caricaturale – le retour à la bougie et à la calèche – ou simpliste, en présentant la décroissance comme synonyme de récession», explique son compère Mirko Locatelli.
A travers un portrait en creux de la décroissance, le numéro de lancement s’attelle justement à bousculer les idées reçues. Résolument engagé, «Moins!» se démarque cependant de toute appartenance partisane et, réfutant tout dogmatisme, se veut un média ouvert à d’autres «voix dissidentes».
Le périodique se découpe en trois parties. L’une, en lien avec l’actualité, propose un regard critique sur les enjeux locaux et nationaux. La stratégie énergétique de la Suisse, le déclin des exploitations agricoles, le tourisme et le débat sur le revenu de base inconditionnel figurent au sommaire de cette édition. La deuxième partie consiste en un dossier thématique, le premier étant logiquement consacré à une présentation des principes de la décroissance et des engagements qui fondent ce mouvement: responsabilité individuelle, alternatives collectives et projet politique. Alternatives collectives, c’est aussi l’intitulé d’une des rubriques qui animera la dernière partie de la revue. Elle mettra en valeur des initiatives locales. A l’honneur ici, une coopérative agricole contractuelle de proximité de la région lausannoise.

«Moins!» veut aussi accorder une place importante aux penseurs de l’écologie politique et à la littérature décroissante. Une personnalité, contemporaine ou non, sera ainsi «l’invité» de chaque numéro, celui-ci étant consacré à Ivan Illitch. Enfin, la rubrique «Simplicité involontaire» se propose de déconstruire – non sans humour – certains clichés. Pour sa première salve, elle présente un «florilège des cuistreries écologiques».

L’équipe de «Moins!» table sur mille exemplaires vendus. Outre sa distribution en kiosque sur l’ensemble de la Suisse romande au prix de 5 francs, le journal sera diffusé de manière militante, selon le principe du prix libre. I

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