Le Tessin ne sait plus à quelle frontière se vouer
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires

RÉGIONS FRONTALIÈRES (I) • La Lega a su exploiter les failles de la libre circulation pour asseoir son emprise sur la politique tessinoise. Mais le repli de ce canton jadis plutôt ouvert est aussi la conséquence d’une mutation économique et sociale brutale.
«A 21h, plus personne ne contrôle la frontière, et il y a de drôles de gens qui passent. Des bandits, des trafiquants de drogue, des ouvriers qui arrivent d’Italie au milieu de la nuit dans des camions chargés de sable pour travailler à 15 francs de l’heure au Tessin.» Carlo Bustelli tient un bar à Ponte Tresa, un gros village transfrontalier proche de Lugano. De famille libérale, l’homme n’en affiche pas moins son soutien à la Lega dei Ticinesi et à son sulfureux président à vie, Giuliano Bignasca. Contre les «frontaliers qui prennent leur travail aux Tessinois».
Que Bilsa, l’entreprise de construction fondée par Giuliano Bignasca et dirigée par son frère Attilo, emploie des frontaliers et qu’elle ait été condamnée par le passé pour ne pas avoir payé les charges sociales de certains ouvriers ne tracasse guère Carlo Bustelli. «Je sais que Bignasca est pourri, mais aucun parti n’est propre.»
Poussée léguiste
La Lega, dont beaucoup prédisaient le déclin, a le vent en poupe. Elle dispose de la majorité relative au Conseil d’Etat, avec deux sièges sur cinq. L’automne dernier, elle a décroché avec Roberta Pantani un deuxième siège au Conseil national, alors que l’UDC tessinoise y faisait son entrée. Seule consolation pour la gauche: les socialistes ont décroché en avril la mairie de Bellinzone. Une première dans une ville tessinoise...
Le combat acharné de la Lega contre la libre circulation explique en bonne partie ses succès récents. Car l’ouverture des frontières aux travailleurs de l’Union européenne a eu un impact très fort au Tessin. Contrairement à Genève et à Bâle, qui constituent l’épicentre de leur région, ce canton de 337 000 habitants fait figure de périphérie. La Lombardie voisine est trente fois plus peuplée, et économiquement puissante. Avec la crise de la zone euro, le Tessin est devenu d’autant plus attractif pour les entreprises transalpines et les travailleurs à la recherche d’un emploi.
En dix ans, le nombre de frontaliers est passé de 30 000 à plus de 54 000. Une aubaine pour certains employeurs, mais pas toujours pour les travailleurs: en 2008, les frontaliers étaient payés, à qualification égale, 11% de moins que les résidents, montre un rapport du Conseil fédéral publié en décembre dernier. Un écart record en Suisse. Le gouvernement reconnaît qu’au Tessin, à la différence des autres régions frontalières, «une certaine pression sur les salaires paraît probable».
«Cet aveu vient très tard, riposte Marina Carobbio Guscetti, conseillère nationale et candidate malheureuse, l’an dernier, à l’investiture socialiste pour le Conseil fédéral. «Si Berne avait compris les enjeux de la libre circulation pour les régions périphériques, on n’en serait pas là.» L’absence de représentant tessinois au gouvernement depuis 1999 est le signe, selon elle, de la marginalisation politique du canton.
Hôpitaux submergés
Le secteur de la construction, profitant du boom immobilier dans la moitié sud du Tessin, a abondamment puisé dans un réservoir de main-d’œuvre flexible et bon marché (lire ci-contre). Mais il n’est pas le seul concerné. «Les hôpitaux sont submergés de requêtes d’infirmières italiennes qui veulent venir à n’importe quel prix», observe le médecin Franco Cavalli, ancien conseiller national (PS). Aujourd’hui, 35% du personnel infirmier viendrait d’Italie. Dans les hôpitaux publics, il est protégé par un contrat collectif, ce qui n’est pas le cas dans les nombreux établissements privés.
Pour Matteo Pronzini, syndicaliste et député du Mouvement pour le socialisme (MPS) au parlement cantonal, «on assiste à une transformation en profondeur du marché du travail». «Les salaires inférieurs à 3000 francs tendent à devenir la norme, notamment dans la finance et les assurances.»
Négocier une convention collective de travail pour lutter contre ces abus? «Je ne dirais pas non à cette hypothèse, répond le conseiller national Lorenzo Quadri (Lega). Mais seulement dans une phase transitoire. Nous n’avons pas besoin de frontaliers dans les bureaux: les Tessinois peuvent y travailler.»
«Auparavant, les étrangers étaient confinés dans des secteurs très spécifiques, comme la construction, commente Matteo Pronzini. Tant qu’ils faisaient le sale boulot, ça passait. Maintenant, on commence à entendre des gens qui étaient à gauche se plaindre que les Italiens nous piquent notre travail.» Le MPS a lancé une contre-attaque sous la forme d’une initiative populaire antidumping.
Partis déboussolés
Selon le Conseil fédéral, «rien n’indique que les frontaliers aient évincé les résidents actifs». Le taux d’emploi dans la population résidente en âge de travailler serait stable. La Lega conteste, et réclame le retour aux contingents ainsi que la priorité à l’emploi pour les résidents. Une rhétorique dont les autres partis peinent à se démarquer. C’est sur proposition PDC que le parlement cantonal a demandé à Berne de renégocier l’accord sur les frontaliers. Nombre de magistrats PLR, dont le maire de Lugano Giorgio Giudici, ont combattu l’extension de la libre circulation.
Les Verts réclament des mesures contre la «colonisation économique» du Tessin par des entreprises italiennes. Quant au PS, s’il s’engage pour un salaire minimum, il ne s’est pas opposé frontalement au contingentement des permis pour les travailleurs de l’Europe de l’Est. I
Le bâtiment, paradis des petits copains
Au Tessin, le bâtiment est au centre d’importants enjeux économiques, politiques et syndicaux. Ce secteur est d’abord le lieu de tous les extrêmes: à un bout de la chaîne, de grosses fortunes placées dans l’immobilier, et à l’autre bout, des ouvriers étrangers travaillant souvent pour des salaires au rabais.
Avec l’entrée en vigueur de la libre circulation, les abus se sont multipliés sur les chantiers. Le recours à des sous-traitants ou à de «faux indépendants» a permis à des patrons de casser les prix en contournant la convention collective de travail du bâtiment. La loi du moindre coût, qui régit le plus souvent l’attribution des marchés – même publics – a encouragé ce phénomène.
Système mafieux
Cas emblématique: le chantier du Centre culturel de Lugano, où des ouvriers du ferraillage effectuaient des journées de douze à quatorze heures de labeur à des tarifs horaires de 8 à 13 euros. Ces employés, tout au bout d’une chaîne de sous-traitance à trois niveaux, étaient recrutés au noir par un intermédiaire. Un système d’origine mafieuse bien connu en Italie sous le nom de «caporalato». Dénoncée au Ministère public par le syndicat Unia, l’affaire sera jugée en septembre. En juillet dernier, 1800 ouvriers du bâtiment ont manifesté à Lugano pour protester contre le dumping.
Avant l’été, le parlement fédéral a décidé de durcir la loi en obligeant les indépendants à prouver leur statut. Des entreprises italiennes font passer certains de leurs salariés pour des indépendants afin de se soustraire au respect des salaires minimaux et au paiement des charges sociales. Les Chambres n’ont en revanche pas voulu introduire dans la foulée le principe de la responsabilité solidaire, qui obligerait les entreprises générales à se porter garantes des conditions de travail de leurs sous-traitants. Le ministre de l’Economie, Johann Schneider-Ammann, a promis un rapport sur ce sujet.
Le secteur immobilier est très prisé par les investisseurs. «Une bonne partie des capitaux financiers qui ont quitté le Tessin à cause des pressions italiennes sur l’évasion fiscale, y sont revenus sous forme immobilière», estime un professionnel du domaine qui tient à garder l’anonymat. Le secteur des appartements en propriété par étage (PPE) aurait connu un véritable boom.
Surchauffe
«Dans des localités touristiques, on voit même des hôtels transformés en PPE. Les prix sont parfois comparables à ceux de Zurich. Quand je vois des appartements de 100 mètres carré vendus 1 million de francs ou plus, je me demande s’il n’y a pas surchauffe. Ces prix élevés poussent la population résidente à quitter les centres urbains pour la périphérie.» La qualité de la construction, en revanche, connaîtrait une baisse préoccupante. Une bombe à retardement potentielle pour les nouveaux propriétaires?
La Police fédérale s’inquiète de la provenance de certains investissements. Des fonds liés au crime organisé (mafia) seraient blanchis dans l’immobilier, en particulier au Tessin et en Valais, à la faveur d’appels d’offres peu transparents. Le spécialiste cité plus haut note que certains investisseurs institutionnels ont l’interdiction d’agir sur le territoire de ces deux cantons. «D’autres aimeraient en revanche investir au Tessin, mais ils n’arrivent pas à pénétrer le marché.»
Conflits d’intérêts
C’est là un signe de la mainmise du copinage sur la construction. Des réseaux dans lesquels nombre de politiques de divers partis sont impliqués. Giorgio Giudici (PLR), maire de Lugano depuis trente ans, dirige un cabinet d’architecte. «Comme il est maire, il ne reçoit aucun marché public à Lugano», assure son collègue Lorenzo Quadri (Lega). Giuliano Bignasca siège lui aussi à l’exécutif de Lugano. L’entreprise de construction dirigée par son frère a obtenu un marché de 8,6 millions sur le chantier du Centre culturel de Lugano, qui lui a été finalement retiré.
Il ne s’agit là que de la «pointe de l’iceberg» dans un système dominé par les conflits d’intérêts, assure notre source anonyme. Qui s’étonne de voir le nombre de personnes exerçant depuis longtemps des charges politiques importantes et actives en même temps dans l’immobilier: architectes, entrepreneurs, notaires, etc. «Ils jouissent d’une position privilégiée, car ils sont les premiers à accéder à certaines informations sur les projets de construction.» mrz
Quand les Suisses italiens votaient avec les Romands
Naturalisations facilitées, libre circulation, expulsion des délinquants étrangers: le Tessin s’illustre régulièrement par des votes restrictifs sur la politique migratoire. Une étude de la Commission fédérale pour les questions de migration, publiée en 2011, le situe au dix-neuvième rang d’un classement des cantons en fonction de leur degré d’ouverture. Et note que, par rapport à la décennie précédente, l’attitude des votants s’est durcie au Tessin dans les années 2000.
En remontant dans le temps, ce glissement paraît encore plus prononcé. «Jusqu’à la fin des années 1980, le Tessin votait avec la Suisse romande sur les questions d’ouverture des frontières», affirme Oscar Mazzoleni. Le politologue de l’université de Lausanne, qui a consacré une étude à ce phénomène1, cite notamment le «niet» des Tessinois (le plus net de Suisse, avec 63,7%!) à l’initiative Schwarzenbach «contre l’emprise étrangère» en 1970.
L’attitude de la population à l’égard des migrants a aussi changé, estime Kandemir Bordoli, députée PS au Grand Conseil d’origine turque, active dans une association de soutien aux sans-papiers. «Il ne faut pas avoir une image romantique de la réalité de l’époque», nuance toutefois celle qui, arrivée enfant au Tessin, dit avoir passé de premières années difficiles. «Mais il y avait davantage de curiosité, d’envie de connaître, alors qu’aujourd’hui on observe souvent chez les gens une fermeture de principe.»
La crise économique du début des années 1990 a joué un rôle dans le repli tessinois mais ne suffit pas à en expliquer le caractère durable, estime Oscar Mazzoleni, qui invoque trois facteurs principaux: la division interne des partis bourgeois sur les questions d’ouverture à l’Europe, la persistance d’un climat d’incertitude économique et la «campagne électorale et référendaire permanente» alimentée par la Lega, que la gauche n’a pas su contrer.
«Le Tessin est passé très rapidement d’une culture rurale, catholique, à une société de service avancée où une certaine classe sociale s’est enrichie sans grand mérite, si ce n’est celui de n’avoir pas beaucoup de scrupules. On le paie aujourd’hui», assène l’ancien sénateur Dick Marty (PLR). Ces nouveaux riches n’avaient «pas le format pour affronter la crise» et, par crainte de perdre leurs privilèges, se sont tournés vers la Lega.
«L’élite économique a manqué de créativité, abonde Franco Cavalli. Le Tessin n’a presque pas eu de phase industrielle, d’où la faiblesse des syndicats.» Plutôt que d’investir dans la production et la formation, le canton a basé en partie son développement sur la vente de ses ressources naturelles et sur la proximité de l’Italie. A noter que le salaire médian tessinois est de longue date inférieur à la moyenne suisse (en 2010, 5076 francs comparés à 5979 francs).
Les grands barrages ont été majoritairement financés et exploités par des entreprises de Suisse alémanique. La construction de l’autoroute et l’essor du tourisme ont dopé la vente de terrains et la spéculation. Sans oublier les juteuses affaires liées à la proximité de la frontière: drainage de l’évasion fiscale, commerce de carburant et de cigarettes, etc. «Les Tessinois ont longtemps joui d’un effet protecteur de la frontière, analyse Dick Marty. Elle laissait passer les choses qui les avantageaient, comme les capitaux, et retenait le reste. Les gens ont perdu l’habitude de se confronter aux autres.»
Les possibilités de formation ont été longtemps presque inexistantes. L’université de la Suisse italienne, semi-privée, n’existe que depuis 1996; les études sont peu diversifiées et coûtent cher (2000 francs par semestre pour les Suisses, 4000 pour les étrangers). «On ne forme pas assez d’ingénieurs, pas assez d’infirmières: c’est aussi de notre faute si l’économie emploie beaucoup de frontaliers», avance Marina Carobbio Guscetti. La conseillère nationale estime que le Tessin a manqué de «grands projets» et se réjouit de voir émerger la nouvelle transversale alpine ainsi que des réflexions sur une faculté de médecine.
Pour Franco Cavalli, le «tournant» a été l’affaiblissement des entreprises fédérales (La Poste, les CFF, mais aussi l’armée), cruciales pour l’économie des régions périphériques et le lien avec Berne. «Cela a joué contre la gauche, affirme l’ancien parlementaire. C’est un socialiste, Moritz Leuenberger, qui a opéré la libéralisation, même s’il l’a parfois subie.» La Lega a combattu ces démantèlements, glanant les fruits de la colère contre la «Berna ladrone» (Berne voleuse). «La Lega utilise les moyens d’action qui étaient historiquement ceux de la gauche», analyse Enrico Borelli, secrétaire syndical à Unia. Elle est présente dans la rue et dans la vie sociale, alors que la gauche a délaissé ce terrain.» mrz
1L’Europa vista del Ticino (2007).
«Etre condamné, c’est recevoir une médaille»
La Lega s’alarme de la «délinquance étrangère» mais moins du casier judiciaire de son leader. Car Giuliano Bignasca collectionne les condamnations: infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants, escroquerie, faux dans les titres, violation de la loi contre le racisme, injure... L’association Belticino, créée il y a un an pour «rompre le silence» de l’opinion publique et des intellectuels face à la propagande de la Lega, recense pas moins de 260 plaintes pénales déposées contre le politicien. Mais la sanction populaire, elle, ne tombe pas.
Un peu comme Berlusconi en Italie, Bignasca fascine par son goût de l’outrance et par son doigt d’honneur permanent à tous ceux qui se trouvent sur sa route, à commencer par les juges. La Lega le sait, et en joue. «C’est une médaille pour un léguiste d’avoir été condamné», plastronne Roberta Pantani, membre de l’exécutif de Chiasso et conseillère nationale. «Moi-même j’ai dû payer 500 francs d’amende pour avoir écrit que la ville de Chiasso a toujours été gérée par des familles. Ce sont des condamnations politiques!»
Dans l’autre camp, on dénonce au contraire le secret entourant les procédures pénales intentées contre Giuliano Bignasca. «Selon le Ministère public, 240 dénonciations ont été jugées, mais on ne sait même pas dans quel sens!» critique Giancarlo Nava, vice-président de Belticino. Dans une pétition, qui a recueilli près de 1500 signatures, Belticino demande au Grand Conseil de faire toute la lumière. Un deuxième texte réclame la destitution de Bignasca de ses fonctions à l’exécutif de Lugano: la loi tessinoise interdit aux personnes condamnées pénalement d’accéder à cette charge. Le peu de zèle du Département cantonal des institutions à faire appliquer la loi aurait-il un lien avec la couleur politique de son chef, Norman Gobbi (Lega)?
La figure du fondateur et président à vie de la Lega est apparue en marge d’autres affaires. Dans les années 1990, deux trafiquants de drogue repentis ont affirmé devant la justice italienne que Giuliano Bignasca avait participé à l’importation de plusieurs dizaines de kilos de cocaïne provenant d’une filière liée à la ’Ndrangheta, la mafia calabraise. Le Ministère public tessinois a classé l’affaire en 2001, estimant que ces accusations n’étaient pas crédibles.
En 2000, le meurtre d’une prostituée dans un hôtel de passe au Tessin a à nouveau placé Bignasca sous le feu des projecteurs: il n’était autre que le propriétaire de l’hôtel. S’ensuivait une série de fermetures de maisons de passe illégales, dont une gérée par une ex-députée de la Lega au parlement cantonal.
Bénéficiant d’un «tourisme» sexuel depuis l’Italie, la prostitution a connu un essor au Tessin. En mars dernier, le Ministère public cantonal a lancé une vaste opération contre le proxénétisme, révélant ses liens étroits avec le crime organisé. La Lega n’a guère apprécié ce coup de filet. Il Mattino della domenica, l’hebdomadaire édité par Giuliano Bignasca et dirigé par le journaliste et conseiller national Lorenzo Quadri, a traité le procureur général tessinois de «SS».
La Lega est-elle aujourd’hui encore impliquée dans le business de la prostitution? Au moins indirectement: Il Mattino della domenica regorge de publicités pour des maisons de passe. «Ce type de prostitution est clairement géré par le crime organisé, accuse Dick Marty. Il s’agit d’établissements employant des femmes d’Europe de l’Est ou d’Amérique du Sud, et gérés par des mafias, notamment kosovares.»
Il Mattino della domenica a déjà valu plusieurs procès à ses responsables. L’hebdomadaire multiplie les attaques personnelles et les slogans xénophobes, comme lorsqu’il lance en première page: «Rom: Raus»! («dehors les Roms!»). Reste qu’il constitue pour la Lega un puissant outil médiatique, crédité de 83 000 lecteurs par la REMP (Recherches et études des médias publicitaires). Giuliano Bignasca l’a lancé en 1990, furieux d’avoir été évincé d’un juteux appel d’offres dans la construction et décidé à dénoncer une «magouille politique». Quittant le Parti radical-libéral, il fondait ensuite la Lega en 1991. mrz





