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POP DEFAILLANTE Carrément étrange mais tellement doué, Connan Mockasin a été l’une des révélations de 2011. Entretien avec le Néo-Zélandais avant son concert lundi au Festival de La Bâtie.
Son univers, Connan Mockasin semble l’avoir bâti à partir de souvenirs d’enfance. Des clowns, des animaux en peluche et toute une gamme de couleurs chatoyantes peuplent ainsi son monde. Peintre à ses heures perdues, il a même réalisé la pochette de Forever Dolphin Love, étrangeté sonore apparue en Europe l’année dernière. Pour cet album, le Néo-Zélandais établi à Londres, fan des films d’animation d’Hayao Miyazaki, a couché sur papier glacé une version miniature de lui-même. Une poupée bizarre, plus inquiétante qu’attendrissante, que l’artiste a pourvue, comme lui, d’une tignasse à la blondeur polaire.
Connan Mockasin aurait-il oublié de grandir? S’y est-il refusé? Au téléphone, l’intéressé jure que non. «Pour construire cet univers, je ne me suis pas inspiré de ma propre enfance. Du moins, je ne crois pas. En réalisant Forever Dolphin Love, je voulais juste m’amuser, faire quelque chose d’un peu fou», glisse-t-il. A tel point que qu’il n’a pas songé à présenter son travail au grand public. «Cet album, je l’ai réalisé chez moi, tout seul. Je voulais juste que ma mère puisse l’écouter, qu’elle soit fière. Je n’avais pas l’intention de le montrer à des inconnus». Heureusement, Connan Mockasin en a néanmoins glissé quelques extraits à son ami Erol Alkan, patron du label Phantasy Sound. Pas fou, celui-ci a immédiatement décelé l’énorme potentiel de la galette et s’est empressé de convaincre son pote de se jeter à l’eau.
GONFLEE A L’HELIUM
La suite de l’histoire donne raison au producteur londonien: Forever Dolphin Love s’est imposé comme l’une des révélations pop de l’année 2011. Mais une pop étrange, qui oscille entre la comptine pour enfants et le déferlement sauvage de sons venus d’ailleurs. Oui, Connan Mockasin est complètement fou. Mais la folie n’est-elle pas un premier pas vers le génie? Le Néo-Zélandais semble en tous cas le prouver, que ce soit avec le psychédélisme frénétique de «Egon Hosford», le groove désarticulé du titre éponyme «Forever Dolphin Love» ou encore l’anti-ballade «It’s Choade My Dear».
Bref, Connan Mockasin joue. «J’aime bien essayer des choses», admet-il. Il bricole sa musique sur mille accessoires, tous plus improbables les uns que les autres (dans l’une de ses vidéos, le chanteur use de ses sabots comme percussions). Avec sa voix gonflée à l’hélium, comme s’il avait aspiré tout le contenu d’un ballon gagné à la foire du coin, Connan Mockasin perturbe et agace autant qu’il séduit.
Le Néo-Zélandais a d’ailleurs attiré l’attention de Charlotte Gainsbourg, qui a fait appel à lui pour enregistrer le titre «Out of Touch», figurant sur Stage Whisper, le dernier album de la fille du grand Serge. Il a apporté à l’ensemble ses textures voilées, comme une barque qui tangue sous l’effet de vagues trop grosses pour elle. Le résultat est superbe, évidemment. «Avec Charlotte, nous nous sommes très bien entendus. Comme ça, elle a l’air un peu snob, mais en fait elle est géniale», souffle Connan Mockasin. Du coup, ils envisagent même d’étendre leur collaboration à un album entier. «On verra si cela aboutit», commente-t-il.
HORREUR DES AUTRES
En attendant, c’est avec son collègue de label Samuel Dust, chanteur du quatuor anglais Late of the Pier, que Connan Mockasin a travaillé. «Nous sommes en train d’enregistrer un album, qui devrait sortir au début de l’année prochaine. Je me réjouis!», s’exclame le chanteur. Pas trop dur de créer en duo, après avoir enregistré son premier album en solitaire dans un trou perdu au milieu de la Nouvelle-Zélande? «Oui, j’ai horreur de travailler avec quelqu’un d’autre. Normalement, je préfère être seul. Avec Samuel Dust, il a fallu plus de quatre ans pour qu’on s’habitue l’un à l’autre et qu’on puisse travailler ensemble», avoue-t-il avant d’ajouter: «Je ne pourrais collaborer avec personne d’autre que lui». Et avec Charlotte Gainsbourg, peut-être? «Oui, avec Charlotte, ça devrait aller, on s’entend très bien», reprend-t-il. D’ici là, Connan Mockasin sera de passage lundi à Genève, pour donner un concert dans le cadre du Festival de La Bâtie. A ne pas manquer.
Concert.
Lundi, 20h, Lieu central, Maison communale de Plainpalais, 52 rue de Carouge, Genève. Avec Au Palais (electro-rock, Canada).
Loc: www.batie.ch
Album.
Connan Mockasin, Forever Dolphin Love, 2011, Because.






