Faux pas charrier
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FRANCE • «WRONG» DE QUENTIN DUPIEUX
Si son surprenant Steak – comédie décalée avec Eric et Ramzy, en 2006 – avait un goût d’inachevé, le frondeur Rubber (2010) fut un régal. Cette histoire déroutante de pneu psychopathe, qui cachait un pamphlet bien senti contre le cinéma formaté made in Hollywood, révélait en Quentin Dupieux un auteur résolument anticonformiste, bousculant nos habitudes de spectateurs avec une insolence bienvenue. On se réjouissait dès lors à l’idée de découvrir son troisième long métrage. Las! L’illusion, perdue devant ce décevant Wrong, n’aura donc duré que le temps d’un film.
Le nouvel opus du cinéaste et musicien électro (sous le pseudo de Mr Oizo), également tourné aux Etats-Unis et en anglais, reconduit son univers hautement «surréaliste»: un décor très américain à la patine rétro seventies (ici une banlieue résidentielle), une atmosphère étrange et vaguement oppressante lorgnant vers David Lynch, des dialogues et situations absurdes, des trouvailles comiques insolites entre les Monty Python, Jacques Tati et le trio ZAZ (la série des Y a-t’il un flic/un pilote...) – comme ce radio-réveil affichant 7:60 ou l’agence de voyages noyée sous une pluie incessante (excepté le bureau de la patronne...), etc.
Sauf que cette fois, la mayonnaise ne prend pas. Les errements du neurasthénique Dolph Springer (Jack Poltnick), chômeur à la recherche de son chien disparu, nous plongent lentement mais sûrement dans un ennui profond tout juste trompé par une poignée de bonnes blagues. Car Dupieux, qui se dit adepte de l’«écriture automatique», les aligne sur un scénario inconsistant où l’on peine à déceler l’ombre d’un propos. A moins qu’il faille y voir la quête existentielle d’un pauvre hère solitaire perdu dans le monde sans amour ni pitié d’aujourd’hui? N’exagérons rien! Wrong se résume plutôt à l’exercice de style assez vain d’un cinéaste sans doute un peu trop sûr de son propre génie.





