Les occupants d’une villa abandonnée menacés d’évacuation
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NEUCHÂTEL • Un collectif occupe à Peseux une villa vouée à la destruction. L’évacuation aurait dû avoir lieu hier.
Bien en vue depuis la rue, une banderole noire donne le ton: «On existe, on refuse, on occupe.» Depuis mardi dernier, le collectif «Y a moyen» occupe une villa inoccupée depuis la mort de son propriétaire en 2010 et vouée à la démolition pour y construire deux immeubles locatifs. La dizaine de membres du collectif a pour objectif de susciter un débat sur la problématique des biens immobiliers inoccupés dans un marché immobilier tendu. Ils souhaitent remettre en état la bâtisse, qui a subi un dégât d’eau pour y vivre, y organiser des ateliers divers (musique, photographie, etc.) et y cultiver des jardins collectifs. Bref, créer un projet communautaire autogéré, qu’ils abandonneront le jour où l’immeuble sera détruit.
Mais la hoirie ne l’entend pas de cette oreille. Au lendemain de l’occupation, les deux légataires ont déposé plainte pénale pour violation de domicile. Saisi de l’affaire, le procureur Marc Rémy a rencontré le collectif vendredi et lui a fixé un ultimatum hier à midi pour quitter les lieux. Ce que ce dernier a refusé. «Notre objectif est de négocier. Nous avons envoyé une lettre et un contrat de confiance aux légataires pour leur expliquer notre démarche, mais ils n’ont rien voulu entendre», relève Léa.
Le procureur précise que «les permis de démolition et de construction pourraient être octroyés d’un jour à l’autre» mais que «le propriétaire doit de toute façon pouvoir disposer de son bien». Du côté de la commune, le propos diffère quelque peu quant aux délais: «Nous avons reçu un premier projet pour une trentaine d’appartements début 2012, pour lequel nous avons demandé la réalisation d’un plan de quartier. Nous avons reçu un complément qui s’est avéré insuffisant et sommes maintenant en attente», relate Erica Di Nicola, conseillère communale en charge de l’Urbanisme. Elle estime qu’une fois le dossier déposé, son traitement pourrait prendre de 9 à 12 mois entre la commune et le canton.
Plusieurs médias, dont Le Courrier, étaient présents hier sur place. La police, elle, n’est pas venue. Le procureur confirme qu’il fera bien appliquer la décision d’évacuation et qu’il autorisera, si nécessaire, l’usage de la force publique. Mais au vu de la médiatisation de l’occupation, la police interviendra probablement à l’improviste.
Dimanche, le collectif a invité le voisinage à une verrée pour expliquer sa démarche: «Nous avons rencontré un écho positif. Les gens sont sensibles au fait de maintenir des espaces verts et de créer des jardins communautaires», conclut Léa, qui déplore la «criminalisation» de leur initiative qui se veut constructive.





