Mercredi, 19 juin 2013

Du neuf à la Salle des Fêtes de Thônex

MERCREDI 29 AOûT 2012

LIVE • Stephan Eicher, Benjamin Biolay ou encore Youssoupha: la société Opus One reprend le mandat des concerts confié par la commune à un privé, après une expérience douloureuse.

Stephan Eicher, Benjamin Biolay, Stupeflip, Youssoupha, Boys Noize, 77 Bombay Street: voici quelques uns des artistes qui se produiront à la Salle des Fêtes de Thônex (GE) dans les prochains mois, dès le 12 octobre. D’autres noms s’y ajouteront au gré des opportunités. Baptisée «Thônex Live», cette nouvelle saison musicale a «de la gueule», comme on dit. Elle découle d’un partenariat entre la commune genevoise et l’agence Opus One, organisatrice de concerts dans la plupart des festivals open air, à l’Arena ou encore au Théâtre du Léman.
Avec ses 1500 places debout (750 assises), la Salle des Fêtes de Thônex est une jauge très prisée des organisateurs, mais qui fait défaut à Genève. «C’est le chaînon manquant entre le Palladium, dont la capacité a été revue à la baisse, et l’Arena, explique le directeur d’Opus One, Vincent Sager. «Deuxième ville de Suisse, Genève a une offre culturelle pléthorique, mais un manque à combler du côté de toute une série d’artistes que le public est habitué à voir en festivals, mais pas en club.» Faute de capacité adaptée à ces concerts pop/rock, chanson, électro ou hip-hop destinés à un public debout, bon nombre d’artistes en vue optent pour Zurich, Fribourg ou Lausanne. Rappelons que l’Alhambra rénové accueillira 750 personnes maximum.

Opus One a signé un contrat de trois ans avec la commune de Thônex. La société produit les concerts et prend en charge une part de la promotion. Elle fait un effort sur le prix des billets: 36 francs pour Youssoupha, 39 francs pour Stupeflip, 59 francs pour Stefan Eicher. Surtout, l’opérateur assume les risques: un point de discorde concernant la pratique en vigueur jusqu’à récemment. En effet, entre 2005 et 2010, c’est Gérard Héritier et sa société Jokka Developments qui étaient en charge de la  saison «Arts & Spectacles» de la commune. Or le contrat était pour le moins avantageux, rappelle Alain Dupraz, conseiller municipal sous l’étiquette «Vivre à Thônex», proche de la gauche et des Verts. «Monsieur Héritier trouvait les artistes, mais la logistique et la promotion étaient assurés par des employés communaux», explique l’élu. Si la salle ne faisait pas le plein, la commune épongeait les déficits. Tout cela pour une saison dont le coût s’élevait à plus de 700 000 francs par an pour vingt concerts.
Il faut dire que Philippe Decrey, conseiller administratif PDC en charge de la Culture – qui n’a malheureusement pas retourné notre appel – a su mettre l’accent sur le prestige apporté à la commune par les concerts de la Salle des Fêtes (Patrick Bruel y a par exemple chanté en 2008). Sous la pression de la gauche thônésienne, le mandat a néanmoins été redéfini et un appel d’offre lancé. Sans succès, avant qu’Opus One soit sollicité, fort de son savoir-faire. Un compromis a été trouvé, dans la mesure où une part du budget de la salle ira à des projets locaux émergents. Quant aux concerts d’Opus One, ils revaloriseront une Salle des Fêtes au passé glorieux, qui a vu passer Iron Maiden, les Stray Cats, Alain Bashung et Les Rita Mitsouko.

 
Le Courrier
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