La reprise des IRL limite la casse sociale
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RENENS • Swissprinters cède l’imprimerie à une nouvelle entitée créée par des spécialistes du secteur et porteuse d’un projet de modernisation du site. Une cinquantaine d’emplois passeront malgré tout à la trappe.
Soulagement dans l’Ouest lausannois, les Imprimeries réunies Lausanne (IRL) échappent à la fermeture annoncée en juillet par Swissprinters. A la faveur d’un plan de reprise accepté par le groupe alémanique, le centre d’impression basé à Renens poursuivra «une partie importante» de ses activités dans le cadre d’une nouvelle société.
Le sauvetage du site n’empêchera toutefois pas une cinquantaine de suppressions de postes: sur les 126 employés, 71 (dont 6 d’apprentis) conserveront en principe leur emploi. Le projet de reprise implique également une baisse globale des salaires de 15% pour le personnel restant. Il a néanmoins été accueilli favorablement par les employés.
IRL+ prête pour octobre
La décision est intervenue après six semaines de négociations au sein du groupe de travail réunissant Swissprinters (dont les actionnaires sont la «NZZ», Tamedia Publications romandes et Ringier), le canton, la commune de Renens et les repreneurs. L’accord a été validé lundi dans la soirée, puis dévoilé aux salariés mardi matin. Il prévoit la création d’une nouvelle entité, baptisée IRL+, qui sera opérationnelle dès le 1er octobre. Constituée en société anonyme, elle regroupe cinq actionnaires, dont trois sont membres de l’encadrement actuel. Son dirigeant, Michel Berney, est pour sa part l’ancien administrateur délégué des IRL, à l’époque où celles-ci appartenaient au groupe Edipresse.
Ministre vaudois de l’économie, Philippe Leuba salue la reprise de l’imprimerie par «de vrais industriels». «Il s’agit de spécialistes de l’impression, et non de financiers venus d’on ne sait où. Ils connaissent le marché, les réalités du secteur et l’entreprise», insiste le libéral, qui relève aussi la solidité du projet de reprise, basé sur un business plan validé par Swissprinters. «Il répond en tous points aux objectifs assignés au groupe de travail, à savoir préserver un maximum d’emplois et un savoir-faire unique en Suisse romande. Il est aussi économiquement viable: il s’agit de doter ce site d’une perspective d’avenir à long terme.»
Pour parvenir à rentabiliser l’imprimerie, IRL+ mise sur la modernisation de l’outil de production. Une imprimante offset à feuilles de dernière génération, cédée par Swissprinters pour 2,4 millions, viendra ainsi renouveler le parc de machines. Avec cette acquisition, «l’entreprise sera à la pointe du progrès pour les cinq à sept prochaines années», souligne Philippe Leuba. Les tâches de reliure, ainsi que le service d’expédition, seront par ailleurs réorganisées. «La nouvelle entreprise va davantage recourir aux sous-traitants, notamment
dans le domaine du finissage», précise Michel Berney.
Un prêt bancaire de 3 millions a été contracté pour le lancement de IRL+, à qui le canton accorde un cautionnement de un million. La nouvelle société sera locataire de ses murs. L’accord prévoit en effet le rachat du bâtiment par le CACIB, une pépinière d’entreprises dont la commune de Renens est actionnaire. Outre l’imprimerie, qui sera redimensionnée, le site pourra ainsi héberger d’autres activités. Sous réserve de l’approbation de son législatif, la municipalité renanaise va aussi garantir un cautionnement complémentaire de 200 000 francs. «Nous avons estimé que nous devions faire un geste», déclare la syndique Marianne Huguenin.
«Baisse salariale vitale»
La reprise des IRL a été en partie conditionnée à un effort de la part des employés, qui verront leur salaire ramené au niveau de la convention collective de travail. «La branche a des conditions d’engagement qui, dans certains domaines, ne peuvent plus être supportées. C’est pour cela que les partenaires sociaux doivent réaliser qu’à l’avenir, des adaptations devront se faire», avertit Alfred Wälti, directeur de Swissprinters.
Philippe Leuba estime aussi cette baisse «vitale pour le projet, mais raisonnable compte tenu que les salaires ne seront pas inférieurs à ceux du marché». La diminution de 15% sera toutefois compensée pendant six mois par Swissprinters. Les employés licenciés qui retrouveront un emploi moins bien rémunéré verront aussi la différence de salaire provisoirement compensée. En attendant, la période de consultation a été prolongée jusqu’au 14 septembre. Parallèlement, les employés remerciés bénéficieront d’un suivi individuel. «Notre travail sera terminé seulement quand chaque collaborateur aura une perspective d’avenir», promet Alfred Wälti. Pour l’heure, aucun employé des IRL n’est fixé sur son sort, alors que débutent aujourd’hui les négociations autour du plan social. I





