Jeudi, 20 juin 2013

L’Egypte viole le traité de paix

LUNDI 27 AOûT 2012

SINAI • La remilitarisation progressive de la péninsule du Sinaï est perçue en Israël comme une violation flagrante du traité de paix avec l’Egypte de 1979.

La rumeur s’amplifiait ces derniers jours sur le déploiement massif de troupes égyptiennes dans la péninsule du Sinaï. Comme le Gouvernement israélien gardait le silence, diplomates étrangers en poste à Tel-Aviv et correspondants de la presse internationale en avaient conclu hâtivement que Benyamin Netanyahou avait dû en secret donner son accord. En fait, il n’en était rien.

C’est Dennis Ross, un conseiller du président Obama, qui a dévoilé le pot aux roses dans une interview au «New York Times». Le président Morsy aurait violé le traité de paix israélo-égyptien en introduisant dans le Sinaï, sans le consentement d’Israël comme le stipule pourtant expressément l’une des clauses du traité de paix, des milliers de soldats d’unités d’infanterie, de nombreux tanks, quelques appareils de combat stationnés sur la base aérienne d’El Arish.

Ce «coup de force», qui semble bien dans le style du président Morsy – récemment, ce dernier a pris tout le monde par surprise en limogeant soudain le général Tantaoui du Ministère égyptien de la défense – aurait conduit l’administration Obama à menacer Le Caire d’une suppression de l’aide américaine annuelle de 1,3 milliard de dollars si les Egyptiens ne se décidaient pas à retirer leurs troupes du Sinaï ou à négocier leur présence avec le Gouvernement israélien. Cette aide financière est versée par les Etats-Unis depuis la signature du traité de paix israélo-égyptien de 1979.

Un vide sécuritaire

Tout indique que le gouvernement Netanyahou, soucieux de ne pas envenimer ses relations avec le président Morsy, issu des rangs des Frères musulmans, aurait décidé dans un premier stade de ne pas réagir, mais de confier discrètement le dossier du différend aux USA, garants du traité de paix entre les 2 pays. Invité à se rendre en visite officielle à Washington le 23 septembre prochain, Mohamed Morsy sera sans doute amené à fournir quelques explications, à justifier la remilitarisation progressive de la péninsule du Sinaï. L’un de ses arguments de poids: des éléments d’organisations islamistes proches d’al-Qaïda ont profité du vide sécuritaire pour s’y implanter en grand nombre. La seule manière de rétablir l’ordre et la sécurité, dira le président Morsy, est d’y déployer une partie des forces armées égyptiennes.

Sur cette toile de fond, le président Morsy a pris aussi ces derniers temps des positions en flèche: il a envoyé un message de félicitations au premier ministre du Hamas Ismail Haniyeh à l’occasion de la fête d’Aid el-Fitr, rédigé grosso modo en ces termes: «Egypte et Gaza, même combat!» Surtout, il se rendra à Téhéran pour participer au sommet des non-alignés le 30 août.

La crainte d’Israël

Ce voyage d’un président égyptien dans la capitale iranienne, estiment plusieurs officiels du Ministère israélien de la défense à Tel-Aviv, marque le rapprochement entre Le Caire et Téhéran. Les deux pays, qui ont eu des relations très tendues, voire orageuses, durant plus d’une trentaine d’années, surtout à cause du traité de paix israélo-égyptien, pourraient à présent coopérer dans le domaine militaire. Ce bouleversement éventuel de la carte stratégique de la région est l’une des grandes sources d’inquiétude d’Israël! Les généraux de Tsahal ne se privent pas d’exprimer leurs craintes. En tout cas, ce voyage apporte de l’eau au moulin des «faucons» israéliens, partisans d’une attaque préventive des sites nucléaires iraniens.

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