Le projet de Musée des beaux-arts est prêt à passer son premier test public
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LAUSANNE • Le plan d’affectation est maintenant publié. Après la construction du Musée des beaux-arts, l’arrivée du Musée de l’Elysée et du Mudac à la gare se précise.
Le projet de nouveau Musée des beaux-arts à la gare de Lausanne entame une phase cruciale de mise à l’enquête. Pour l’heure, c’est le Plan d’affectation cantonal qui est soumis à ce grand test auprès du public, jusqu’au 24 septembre.
Le dossier, qui concerne les 25 000 m2 de l’actuel site de la halle aux locomotives, a été dévoilé mardi soir aux riverains. Ce plan place au centre le Musée des beaux-arts, long de 146 mètres. Il rend aussi un peu plus concrète la future présence du Musée de l’Elysée (photographie) et du Mudac (design et arts appliqués contemporains), chacun dans un bâtiment propre.
«Pourquoi regrouper ces trois musées?», demandait un riverain mardi soir lors de la réunion publique organisée dans la salle des cantons, à la gare. Pascal Broulis explique que cette triple ambition commence déjà à faire parler d’elle bien au-delà des frontières. Une fois les trois institutions réunies, «le canton va apparaître dans la cartographie européenne des grands musées», présage le ministre des Finances, en charge des dossiers immobiliers.
Vue non garantie
Mais c’est une cartographie à une échelle bien inférieure à l’Europe qui occupe une partie de la cinquantaine de riverains présents. «J’habite Ruchonnet 27, au premier étage, et j’aimerais pouvoir savoir ce qui va se passer sous mes fenêtres, demande une femme. Le musée, pour moi c’est un immeuble de six étages. Pour le moment j’ai une vue extraordinaire sur le lac. J’ai comme l’impression qu’il y aura un léger changement…» Le municipal Olivier Français lui répond que la vue n’est pas une «garantie perpétuelle».
«Et pourquoi pas construire des logements?», poursuit la même. Là c’est Grégoire Junod qui répond que la parcelle, juste à côté des rails, n’est pas idéale pour du logement. «Et pour que ce soit rentable, il aurait fallu des immeubles de six étages probablement», ajoute le municipal. «Le logement, ça a un autre sens pour la communauté, plutôt qu’un «pôle muséal», qui peut se faire ici ou ailleurs…», conclut la voisine de Ruchonnet 27.
Une autre habitante de l’avenue demande plus prosaïquement si la ville ne pourrait pas intercéder pour obtenir des baisses de loyer. Olivier Français douche ses espoirs.
Pétitions
En une bonne heure de questions-réponses, d’autres voisins déploient l’éventail des critiques et des questions: manque de participation, coût du projet, choix du site de la gare plutôt que celui de la Riponne. Certains annoncent leur appartenance au «Collectif gare», un groupement de riverains engagés depuis près d’une année, qui lutte contre «toutes les démolitions prévues autour de la Gare». Sur son site internet, le collectif écrit que les divers projets auxquels les CFF sont liés (dont celui des musées) «auront des répercussions majeures sur l’équilibre socio-économique des quartiers environnants et sur la qualité de vie des habitants», autrement dit, une forme d’embourgeoisement des quartiers est redoutée. On y évoque aussi la possibilité d’un référendum contre le musée. Mais pour l’heure, les pétitions (750 signatures) qu’il a adressées au Grand Conseil et au Conseil communal de Lausanne attendent d’être traitées. I
Calendrier et finances
«Entre l’échec de Bellerive et l’inauguration du futur musée, c’est un calendrier remarquable», s’est félicité Pascal Broulis hier devant la presse. Le refus populaire, fin 2008, du projet de musée à Bellerive, au bord du lac semble oublié. C’est en 2016 que le Musée des beaux-arts à la gare doit être inauguré. Une fois l’étape du Plan d’affectation cantonal passée, c’est la mise à l’enquête publique du Musée des beaux-arts qui sera lancée, en avril 2013.
Le budget de construction total se situe entre 75 et 80 millions de francs, rappelle Pascal Broulis. Le Grand Conseil devrait se prononcer en juin 2013 sur le crédit d’ouvrage d’environ 40 millions. La ville de Lausanne engagera 5 millions. L’objectif fixé pour la récolte de fonds privés est d’une trentaine de millions. Cette récolte obtient aujourd’hui un résultat de 6 à 7 millions de francs, précisait le ministre face aux riverains mardi. De nouvelles annonces avec les partenaires privés interviendront au quatrième trimestre de l’année.
Pour le Mudac et le Musée de l’Elysée, aucun calendrier n’est encore annoncé.
Exposition jusqu’au 31 août, du lundi au vendredi de 11 à 18 h, le samedi de 11 à 17 h, à l’ERACOM, rue de Genève 55, Lausanne. Rens: www.polemuseal.ch





