Samedi, 18 mai 2013

A Pully, le For Noise attend Patti Smith avec impatience

MERCREDI 22 AOûT 2012
Patti Smith, une grande dame à l’affiche du For Noise de Pully samedi soir.
DR

FESTIVAL • La programmatrice Anya della Croce en rêvait. L’Américaine à la carrière exemplaire a accepté l’invitation et sera sur scène samedi.

C’est un festival «à taille humaine», se plaisent à dire ses habitués. Né en 1997, le For Noise devait fêter les cinq ans de l’Abraxas, le club rock de Pully dont il est issu. Devenu régulier, il s’est attaché à représenter toutes les tendances des musiques actuelles (rock, pop, folk, électro, hip hop, jazz, chanson). Aux côtés des têtes d’affiche comme Dionysos, Arno, Linton Kwesi Johnson, Calexico ou Tricky, le festival a toujours fait une place aux émergences locales.
Peu à peu, aux côtés du Kilbi de Guin (FR), du Rock Altitude du Locle (NE), de Hors Tribu dans le Val-de-Travers (NE) ou du B-Sides de Kriens (LU), le For Noise est devenu une référence parmi les «open air» taille medium, où confort et qualité ne sont pas sacrifiés sur l’autel de l’expansion.
Ce qui n’empêche pas la 16e édition, de jeudi à samedi, de s’annoncer comme un millésime. Avec Feist, Of Montreal, The Divine Comedy, Junior Boys, Grandaddy, Mina Tindle (entre autres) et la légende Patti Smith pour clore en beauté, le For Noise 2012 frappe un grand coup. Questions à sa programmatrice Anya della Croce.

Le For Noise a établi un label de qualité au fil des ans, malgré les turbulences. A quoi l’attribuez-vous?
Anya della Croce: Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, mais le festival, après quelques difficultés (notamment une édition 2006 gâchée par la pluie, ndlr) affiche une belle santé. Il devrait faire beau ce week-end, nous sommes sous une bonne étoile. La capacité – d’environ 2500 personnes par soir – n’a pas été augmentée, nous avons seulement réorganisé l’espace. Par exemple en positionnant la Grande scène face à la butte, qui formera un gradin naturel. Ou en réintroduisant à l’Abraxas, parallèlement aux concerts sur la scène du club, une scène plus intimiste baptisée DeMovie Salon, consacrée aux découvertes suisses et internationales. Notamment Lescop, de la new-wave pop française; DIIV, de la pop bruitiste new-yorkaise; et Pet Conspiracy, de l’anarcho-électro-rock chinois!

La concurrence en matière de festivals est pourtant rude.
Il y en a un nombre hallucinant, c’est vrai. Nous entretenons un dialogue permanent avec certains d’entre eux, tels Paléo, Dour et les Eurockéennes, afin de nous coordonner, notamment en matière d’exclusivités. Mais nous dépendons des tournées estivales des artistes et de la concurrence européenne. Cette année, le For Noise a lieu le même week-end que des poids lourds comme Leeds et Reading en Angleterre et Rock en Seine, près de Paris... Un coup de cœur comme The Shins, sur lequel nous lorgnons depuis longtemps et qui a une actualité, joue ce jeudi à l’Open Air de Zurich. Bref, la programmation est un puzzle compliqué!

La solution est-elle financière?
Le cachet a bien sûr une influence énorme – encore plus avec la crise du disque, qui fait que les artistes comptent sur le live pour leurs gains. Mais nous ne pouvons pas concurrencer les gros festivals sur ce terrain. Nous mettons donc l’accent sur l’accueil et la cohérence. La possibilité pour des artistes qui s’apprécient d’être à l’affiche ensemble compte aussi, c’était par exemple le cas de Peaches et The National en 2010. Enfin, la fidélité et la confiance du public sont cruciales. On essaie de grandir avec lui en proposant par exemple un bar à vin – avec de vrais verres – tout en cherchant à renouveler l’audience. Le For Noise attire avant tout des amoureux de musique.

Et il y a donc Patti Smith. Comment avez-vous réussi à la convaincre?
Cela peut paraître surprenant, car elle ne donne qu’un autre concert en Suisse, à Zurich. Mais il semble qu’elle ait des liens particuliers avec ce pays, elle était au Festival Antigel à Genève l’an dernier. C’est une légende, une grande dame. Elle représente notre esprit, notre idéal. On y travaillait depuis des années, en présentant effectivement un festival «à taille humaine», propice aux rencontres, situé dans un beau site à l’orée d’une forêt. Cette année, Patti Smith était disponible, elle vient de sortir un album magnifique... Le timing était bon, même s’il a fallu se battre car elle était demandée par tous les festivals. Quand j’ai appris sa réponse positive, j’ai dû crier très fort mais je me souviens pas très bien (rire). On se réjouit de l’accueillir, elle ne se comporte pas comme une star, c’est une personne «normale», pour reprendre un terme à la mode.

 

Je 23, ve 24 et sa 25 août (sa complet) à Pully (VD). Prog. et rens:
www.fornoise.com

 
Le Courrier
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