Dimanche, 19 mai 2013

Laurent Kurth dans les starting-blocks

SAMEDI 18 AOûT 2012
Présenter Laurent Kurth pour le Conseil d’Etat à l’élection complémentaire du 14 octobre ou en avril 2013? Chez les militants, les stratégies divergent.
Guillaume Perret

CONGRÈS SOCIALISTE • Laurent Kurth devrait être le candidat socialiste à la succession de Jean Studer. Mais le choix de Mario Castioni n’est pas exclu.

Qui sera le candidat socialiste à la succession de Jean Studer au Conseil d’Etat neuchâtelois lors de l’élection complémentaire – finalement non tacite – du 14 octobre? Si le favori est sans aucun doute le membre de l’exécutif chaux-de-fonnier Laurent Kurth, le choix du candidat, aujourd’hui lors du congrès électoral du parti, pourrait réserver quelques surprises.

Face à la forte probabilité de voir deux socialistes du Haut occuper un siège gouvernemental – la ministre de la santé Gisèle Ory et Laurent Kurth –, les sections du Littoral – Neuchâtel et Corcelles-Cormondrèche – se sont mobilisées. Elles présentent deux candidats: Mario Castioni, député de 63 ans et directeur du Lycée Jean Piaget - Ecole supérieure de commerce, premier des trois à s’être déclaré, et Patrick Bourquin, enseignant secondaire et président de commune de Corcelles-Cormondrèche, dont les chances de succès sont relativement faibles.

Avec son expérience de huit ans à l’exécutif de la plus grande ville du canton – dont quatre à la tête des Finances, qu’ils a redressées alors qu’à son arrivée en 2004 elles étaient dans un état critique –, son excellente maîtrise des dossiers cantonaux et sa vision politique globale, Laurent Kurth serait un atout indéniable, immédiatement efficace au sein du Conseil d’Etat.

Objectif: reconquérir la majorité de gauche

Reste que sa candidature est apparue tardivement. Alors qu’il affirmait après l’annonce du départ de Jean Studer qu’il y avait «95% de chances» qu’il ne de présente pas», le Parti socialiste neuchâtelois, dont l’objectif est de récupérer en 2013 la majorité de gauche au gouvernement, avait échafaudé sa stratégie sans lui.

Mais c’était sans compter les nombreuses sollicitations que Laurent Kurth a reçues de l’intérieur comme de l’extérieur du parti, et qui l’ont finalement décidé à se lancer dans la course... Non sans avoir préalablement pris la peine de consulter Gisèle Ory qui, même si elle pourrait ainsi voir son siège vaciller, l’aurait clairement encouragé à se présenter.

Au sein du PSN, certains membres préféreraient cependant que Mario Castioni accède au Conseil d’Etat en octobre. Il aurait alors six mois pour se faire la main avant que son parti ne le représente aux élections générales aux côtés des «candidats naturels» Laurent Kurth et peut-être Jean-Nath Karakash, 33 ans, conseiller communal de Val-de-Travers. Augmentant ainsi les chances de la gauche de reprendre la majorité.

Ce scénario, qui fait fi des éventuelles velléités de la gauche de la gauche de présenter un ou plusieurs candidats, n’est cependant pas du goût de l’ensemble du parti. Une fraction est d’avis qu’il faut permettre à la relève, symbolisée ici par la candidature de Lauent Kurth – et capable le cas échéant d’assumer plusieurs législatures –, de se profiler et de prendre ses responsabilités.

Vision électoraliste ou cantonale?

Mais au-delà des considérations purement électoralistes, la base du parti devra éviter – crédibilité oblige –, de succomber aux sempiternelles querelles Haut-Bas et élire le candidat le plus apte à affronter les nombreux défis qui attendent le canton.

Selon nos informations, l’élection pourrait cependant s’avérer serrée. Les sections des Montagnes et du Val-de-Travers devraient soutenir unanimement la candidature de Laurent Kurth, non pas parce qu’il est du Haut, mais parce qu’il est selon elles le meilleur candidat. La section du Littoral soutiendra très majoritairement celle de Mario Castioni. Quant aux sections Femmes et Jeunes, elles seraient partagées.

Un renversement de dernière minute, comme lors de l’élection, en février dernier, de Gianfranco De Gregorio, et non de Florence Nater, à la seconde vice-présidence du parti, n’est donc pas totalement impossible.

Si Mario Castioni devait être élu, Laurent Kurth, évincé par son parti, renoncerait très probablement à se présenter aux élections d’avril 2013. Le PSN peut-il se permettre de laisser ainsi échapper l’un des éléments les plus solides de sa relève? Réponse aujourd’hui. I

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