Le SIT dans les arrière-boutiques des marchands de glaces
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SYNDICALISME • Le Syndicat interprofessionnel a tracté hier devant la chaîne Gelato Mania accusée de ne pas respecter la CCT de la branche.
Le Syndicat interprofessionnel de travailleuses et de travailleurs (SIT) a organisé hier aux Pâquis une distribution de tracts en forme de glaces devant l’entreprise Gelato Mania spécialisée, comme son nom l’indique, dans la vente de glaces à l’emporter. L’entreprise est accusée de non-respects de la convention collective de travail pour la restauration (CCNT).
En clair, là où un salaire horaire de 22,59 francs devait s’appliquer, elle ne paie que 20 francs, selon les fiches de salaires distribuée hier dans le dossier de presse. Les conditions de travail ne seraient également pas conformes à la CCNT. Les horaires sont arrêtés un mois à l’avance, mais en cas de mauvais temps le patron baisse abruptement le rideau. Et les employés ne sont pas payés, ce qui est illégal, explique un ancien employé en litige. Inversement, certains employés sont tenus d’assurer un piquet en cas de coup de feu. Là aussi, cette disponibilité exigée n’est pas compensée financièrement. Des heures de mise en place des boutiques ou de rangement auraient également été opportunément oubliées des fiches de paie.
Six dossiers devaient être déposés hier aux Prud’hommes. Les arriérés de salaires cumulés sur deux ou trois ans sont considérables et portent parfois sur des montants de l’ordre de 10 000 francs, voire plus.
Le SIT a saisi la convention collective nationale de travail pour les hôtels, restaurants et cafés. Le 5 juillet dernier, cette instance paritaire a estimé que ce commerce était bien dans le champ de d’application de la CCNT.
Ce que le patron ne conteste pas, selon un communiqué qu’il a diffusé hier. Ou plus, comme l’explique Sylvain Tarrit, secrétaire syndical au SIT: «Il estimait être soumis aux conditions de travail des boulangeries, le hic étant que dans ce cas la loi sur les heures de fermeture des magasins (LHOM) s’applique.»
Jugement déterminant
L’échoppe devrait fermer à 19h. Ce qui ne fait pas l’affaire de l’employeur. Dans sa réaction, la partie patronale estime en effet être lié et à sa demande à la CCNT et affirme que les contrats de travail signés par son personnel seraient conformes à cette dernière. Le jugement des Prud’hommes – que Gelato Mania s’engage à respecter – sera donc déterminant à cet égard.
Deuxième aspect légal qui vient complexifier le dossier: le Service du commerce de Genève a pour sa part rangé les quatre échoppes dans la catégorie boulangeries. Cette décision – vu l’impératif de la LHOM – a été attaquée par voie de droit par la chaîne. L’affaire est entre les mains de la Chambre administrative de la Cour de justice. «C’est sans doute la découverte de cette contrainte qui exprime le revirement du patron, selon Sylvain Tarrit. Cela faisait des mois que nous demandions à l’entreprise de respecter les normes de CCNT de la restauration.»
Avertissement sans frais
La manifestation d’hier se voulait bon enfant. Reste que la partie patronale avait lancé un avertissement sans frais: toute intrusion dans la boutique serait poursuivie. Ce qui n’a pas été le cas.
Le public a plutôt bien accepté les tracts coniques aux couleurs aussi multicolore que les glaces servies. Et les agents municipaux ont expliqué toute la subtile différence entre le fait de distribuer des flyers – ce qui serait interdit – et de «proposer» un tract aux passants. Une casuistique que le SIT a saisie au bond: «Mais c’est effectivement ce que nous faisons, nous proposons un assortiment de tracts et le passant choisit son parfum.» A défaut d’être au...? I





