Mercredi, 19 juin 2013

Mühleberg et Leibstadt réagissent aux fissures décelées en Belgique

VENDREDI 17 AOûT 2012

CENTRALE NUCLEAIRE • Le constructeur d’une cuve d’une centrale nucléaire fissurée en Belgique a aussi livré des composants aux deux sites suisses.
 

La découverte de potentielles fissures sur la cuve du réacteur nucléaire de la centrale de Doel, en Belgique, a des répercussions en Suisse. Le constructeur de la cuve est le même qui a équipé les centrales de Mühleberg et de Leibstadt, ainsi que d’autres site dans le monde.
Pointée du doigt, l’entreprise hollandaise Rotterdamsche Droogdok Maatschappij (RDM), qui a fermé boutique depuis, a livré il y a une quarantaine d’années le matériel de base pour forger la cuve qui entoure le réacteur de la centrale bernoise, confirme Sebastian Vogler, porte-parole de l’exploitant, les Forces motrices bernoises (FMB Energie).

Aucun lien
Un lien avec les fissures de Mühleberg? Non, assure M. Vogler: «Chez nous, elles se situent au niveau du manteau du cœur du réacteur nucléaire qui n’a pas de fonction de sécurité.» Rien à voir non plus avec le cas belge où les anomalies suspectées se situent dans la masse de la cuve en acier d’une épaisseur de 20 centimètres.
Les responsables du site bernois n’ont d’ailleurs procédé à aucune investigation jusqu’à présent. Ils se sont contentés de transmettre cette semaine à l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) des informations sur le matériel, les dates de fabrication et les documents relatifs aux tests réalisés lors de la livraison du matériel. Pareil du côté de la centrale de Leibstadt, mise en service en 1984, pour qui le groupe hollandais aurait réalisé des soudures et du moulage. Mais la cuve aurait été fournie par un producteur japonais.
Ce sont les autorités belges de surveillance qui ont averti leurs homologues suisses après la découverte de possibles fissures sur le réacteur nucléaire No 3 de Doel. «Nous avons alors informé les responsables des centrales suisses concernées pour connaître les composants livrés», observe David Suchet, porte-parole de l’IFSN. «Nous sommes en train d’analyser ces données. Suivant les résultats, nous aviserons s’il faut procéder à un contrôle spécial, un examen ultrason. Pour la suite de notre démarche, nous tiendrons également compte des résultats de la rencontre tenue à Bruxelles.»
L’IFSN a envoyé des représentants dans la capitale belge pour discuter de la question avec leurs homologues des autres pays concernés: l’Espagne, la Suède, l’Allemagne, les Pays-Bas, les Etats-Unis et l’Argentine. C’est que le groupe hollandais qui a fourni la centrale de Doel dans les années 1970 a livré 22 cuves de réacteur dans le monde, dont neuf en Europe. Durant cette réunion technique qui s’est tenue hier, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire belge (AFCN) a informé les spécialistes sur l’état actuel de la situation à Doel et sur l’évaluation de la sécurité.

Difficilement réparable
C’est l’AFCN qui avait révélé le 7 août la découverte par capteurs ultrasoniques d’irrégularités sur la cuve du réacteur numéro 3 de la centrale, située à 25 km d’Anvers, qui proviendraient d’un défaut de fabrication de l’acier de la cuve. Une réparation est difficilement envisageable en raison des risques de tensions que cela provoquerait dans la paroi de la cuve. Pas étonnant qu’une telle opération n’ait jamais été réalisée dans le monde. La production d’électricité belge pourrait ainsi perdre la centrale à pression de Doel de plus de 1000 mégawatts. Elle restera en tout cas fermée jusqu’à la fin du mois. I

 
Vous devez être loggé pour poster des commentaires