Les CFF paieront les délogés de la gare
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LAUSANNE • L’extension de la gare voit un obstacle important levé. Les habitants des immeubles condamnés seront aidés pour se reloger, avec le concours de la ville. En échange, ils s’abstiendront de s’opposer au projet.
«Il y a un an, nous n’avions pas fait un très bon travail», admet Laurent Staffelbach, chef du projet Léman 2030 aux CFF. Les locataires du chemin des Epinettes et de la rue du Simplon s’étaient coalisés en apprenant la démolition de leurs immeubles – propriétés des CFF – pour cause d’extension de la gare de Lausanne. Le chantier doit démarrer dans 4 ans.
Aujourd’hui, les CFF ont refait les plans et coupent la poire en deux: si les immeubles du Simplon sont rayés de la carte, ceux des Epinettes sont sauvés. L’Association des riverains de la gare, constituée pour la cause, s’apprête à signer une convention avec les CFF et la ville. Les 54 locataires du Simplon et celui d’une villa aux Epinettes toucheront chacun 2000 francs, plus les frais de déménagement, jusqu’à 4000 francs. Pendant deux ans, ils recevront aussi la différence entre le nouveau loyer et l’ancien, jusqu’à 26 francs par mois et par m2. La convention d’indemnités devrait coûter entre 500 000 et un million de francs aux CFF. De plus, une bourse aux logements est ouverte, main dans la main avec dix gérances. Mais celui qui fera opposition lors de la mise à l’enquête ne touchera pas un centime, stipule la convention.
Un exemple pour Genève?
En proposant 60 logements, la municipalité, de son côté, n’est pas en reste. Elle a convaincu un privé de donner la priorité aux locataires dans un futur immeuble, rue Voltaire, 300 mètres au sud. Un autre locatif à construire, en main d’une coopérative liée à la ville, leur sera ouvert, rue de Montoie, à 1,6 km à l’est. Grégoire Junod, municipal du logement, invoque la «responsabilité sociale». Pour les CFF, le dévoilement de la recette lausannoise anti-oppositions est aussi un message envoyé au bout du lac. Les CFF se frottent déjà aux résistances genevoises dans le dossier de la gare Cornavin.
A Lausanne, il reste encore à négocier avec les commerçants, au cas par cas. Ainsi, pour l’heure, les tenanciers de l’hôtel Guesthouse tiennent à poursuivre leur activité au centre de Lausanne, selon Laurent Staffelbach.
Pas de nouvelle ligne
Le plus grand bâtiment à détruire est celui du Parking Simplon, surmonté de quelques commerces. A la fin du chantier, ce front sud de la gare aura été reconstruit. Mais les CFF souhaitent d’ores et déjà bâtir un nouveau parking, juste à côté de l’hôtel.
A la différence de la gare genevoise, celle de Lausanne ne nécessite aucune nouvelle ligne. En tout cas pas avant 2050, estime Laurent Staffelbach. La voie 2 (une ligne de transit, sans quai) sera même démantelée.
La transformation concerne donc le tracé des lignes et des quais. Les quais passeront de quatre à cinq. Ils seront plus larges et plus longs: 400 mètres pour accueillir les longs trains. C’est à l’ouest qu’ils seront allongés, leur extrémité est ne changeant presque pas. Les CFF préciseront le nouveau visage de la gare avant la fin de l’année. Déjà, un casse-tête patrimonial les occupe. La marquise centenaire qui coiffe les quais sera forcément touchée: «Dans son état actuel, ses piliers se trouveraient au bord des quais ou sur les voies», explique le chef de projet. Il est exclu de faire disparaître ce monument historique, classé en note 2 à l’inventaire (importance régionale), joyau de la gare de Lausanne. Reste une délicate chirurgie esthétique à inventer. I





