Dimanche, 19 mai 2013

Joutes et sangliers pour fêter les Bains des Pâquis

JEUDI 16 AOûT 2012

«Le bout du lac, c’est le départ vers la Méditerranée.» Le ton est donné au «Jubilons » concocté par l’Association des usagers des Bains des Pâquis (AUBP), les samedi 1er et dimanche 2 septembre. Au programme, les Bains s’offrent joutes nautiques, clique venue de l’Hérault, DJ et grillades de choix1.

Célébrations en cascade puisque se fêtent le 25e anniversaire de l’AUBP, les 140 ans de l’institution balnéaire, les 80 ans de son design pensé par l’architecte Henry Roche et les 15 ans de la bien nommée Course autour du phare. Pour toutes ces raisons, semble-t-il excellentes, la fête invite le «Rhône à remonter le courant». Afin de rappeler une ancienne tradition genevoise, les jouteurs de la Jeune Lance Mèzoise du Languedoc- Roussillon viendront s’affronter dans les eaux lémaniques. Sur inscription, les néophytes, armés de lance et bouclier, auront même le droit d’être initiés à la pratique. De Sète, capitale européenne des joutes, «ils apporteront huîtres et Picpoul (vin sec du Languedoc, ndlr). Nous serons vraiment au Sud», se réjouit Danielle Meynet, responsable des festivités.

Sollicité pour contribuer au financement de l’évènement, le Département de l’intérieur, de la mobilité et de l’environnement offrira deux sangliers pour régaler les fêtards. Les réticents aux porcs sauvages trouveront saucisses de veau et salades. Le tout sera accompagné par un choix musical pour le moins éclectique. Ces réjouissances s’inscrivent dans la longue histoire des bains. «Il y a eu des périodes où l’on se serait cru dans un Fellini», invoque Armand Brulhart, architecte féru du lieu, membre de l’association des amis et auteur d’ouvrages sur le site.

C’est en 1872 que des bains, avec une structure en bois, voient le jour sur l’ancien quai des Pâquis. Deux cents nageurs peuvent alors s’y ébattre et des heures pour les femmes y sont réservées – privilège qui a traversé les siècles.

En 1932, est inaugurée l’architecture en béton armé. A l’époque, le projet est taxé de «fort peu sympathique» par le courrier de lecteur d’un baigneur grognon. Dans La Suisse, encore, la critique d’art, Lucienne Florentin, ira jusqu’à parler d’un «crime de lèse-cité».

Dès 1987, la lutte pour le maintien du site menacé de démolition ainsi que l’union entre la Ville (propriétaire de l’immeuble), l’Etat (propriétaire de la jetée) et l’Association des usagers entament l’ère de la reconnaissance d’un patrimoine architectural. Dès lors, une diversification des usages du lieu est en marche. La Course autour du phare en est un exemple, qui chaque année voit défiler des nageurs affublés de déguisements en tout genre2. Elle est reconduite en 2012 pour la quinzième année.

Avec un fort engagement bénévole, tout est mis en œuvre pour que sécurité et agrément fassent de l’endroit «les Bains», si chéris des Genevois friands d’urbanité.

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