Israël craint pour le traité de paix
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires

ÉGYPTE • Le limogeage du général égyptien Tantaoui, considéré comme le garant du traité de paix égypto-israélien, par le président islamiste Morsi, crée un électrochoc en Israël.
La presse israélienne ne lésine pas sur les superlatifs: «nouvelle donne en Egypte», «fort séisme dans l’armée égyptienne», «le leadership de l’armée égyptienne décapité». Mais un titre surtout paraît résumer l’ensemble des inquiétudes des éditorialistes: «Les Frères musulmans resserrent leur contrôle sur les pouvoirs de décision au Caire, maintenant c’est au tour de l’armée de plier genou.» Effectivement, le président Mohamed Morsi semble à présent être en mesure de gouverner l’Egypte comme bon lui semble.
«Il a réussi à prendre par surprise les généraux qui étaient un frein à l’emprise des islamistes sur les rouages de l’Etat. Il a levé le dernier obstacle.» «Le président égyptien, soulignent nombre de commentateurs, n’a pas seulement réussi à pratiquer une purge à la tête des forces armées, il a surtout annulé les dispositions constitutionnelles leur accordant un large pouvoir».
Un tableau alarmiste
Désormais, Mohamed Morsi est seul maître à bord. Cette constatation, il n’y a pas que les médias à la mettre en relief, les politiciens israéliens leur emboîtent le pas. Si les ministres de Benyamin Netanyahou observent un silence plus qu’embarassé, les députés de la Knesset en revanche, qui ne sont pas liés au devoir de réserve, ne se privent pas de dresser un tableau alarmiste. D’après ces derniers, le traité de paix israélo-égyptien peut être remis en question à tout moment.
Depuis son élection à la présidence de l’Egypte, Mohamed Morsi s’est abstenu de tout contact avec les dirigeants israéliens. Raison de plus, toujours selon ces parlementaires, pour soupçonner Mohamed Morsi de chercher à limiter au strict minimum les liens entre les deux pays ou même de décider quand cela lui semblera opportun de réclamer une révision du traité de paix israélo-égyptien, en particulier en ce qui concerne la démilitarisation de la péninsule désertique du Sinaï. Un refus d’Israël pourrait conduire à une rupture des relations diplomatiques.
Hussein Tantatoui, en poste durant 20 ans à la tête du Ministère de la défense au Caire, faisait partie de la vieille garde des généraux de l’ex-président Moubarak. Il se présentait, dans la nouvelle configuration politique égyptienne, comme le garant du traité de paix. Son limogeage fait craindre au sein du Gouvernement israélien une période de haute tension avec les autorités égyptiennes. Et ce d’autant que le président Morsi ne cache pas ses sympathies pour l’organisation islamiste palestinienne du Hamas. D’ores et déjà, les militaires israéliens ont pris des mesures en vue de renforcer le dispositif de sécurité le long de la frontière israélo-égyptienne. C’est à une cadence accelérée qu’ils terminent d’ériger une barrière électronique le long des 240 km de frontière.
D’autre part, des renforts de troupes ont été signalés dans le désert du Neguev. Enfin, le général Gantz, chef d’état-major de l’armée israélienne, a laissé entrevoir récemment, dans l’éventualité d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient, que l’Etat d’Israël pourrait être amené à combattre à nouveau – comme en 1967 pendant la guerre des Six-Jours – sur plusieurs fronts. Toutefois, les Israéliens, dans leur très grande majorité, ne veulent pas imaginer le pire, une situation catastrophique, sauf à l’extrême droite.
Réoccuper le Sinaï
A l’extrême droite de l’échiquier politique israélien, des voix s’élèvent en effet pour réclamer, en cas de dénonciation du traité de paix israélo-égyptien, la réoccupation de la péninsule du Sinaï, conquise en 1967, puis rétrocédée à l’Egypte dans le cadre de l’accord de 1979. I






