Vendredi, 24 mai 2013

Vrai-faux départ

SAMEDI 11 AOûT 2012

DISQUE • RICHIE HAVEN, «MY OWN WAY»

C’est avec tristesse qu’on a appris via sa page Facebook que Richie Havens ne serait plus en mesure de monter sur les planches pour raisons de santé. Il faudra se passer des prestations fiévreuses du héros aujourd’hui septuagénaire du concert de Woodstock (1969), dont il assura l’ouverture, se taillant une réputation planétaire à la sortie du film l’année suivante.
Depuis cet événement fondateur, Havens a connu une carrière aussi brillante que mésestimée. Nombre de ses albums n’ont pas été réédités, et son influence sur la folk music est insuffisamment créditée. Richie Havens n’a jamais cessé de se produire et d’enregistrer, publiant en 2008 le très beau Nobody Left to Crown, dernier album en date. Parallèlement,  depuis une trentaine d’années, il se consacre à la sensibilisation des jeunes générations à la préservation de l’environnement.
Si l’âge d’or de sa production se situe entre la fin des années 1960 et la première moitié de la décennie suivante, avec une série de joyaux parus chez Verve (Mixed Bag, Something Else Again, Stonehenge), le songwriter au timbre rauque et suave, et à la rythmique foudroyante, avait enregistré ses premières démos au mitan des sixties. Or, de l’aveu du producteur Alan Douglas, le folk s’étant alors électrifié (notamment sous l’impulsion de Bob Dylan), il semblait peu judicieux de s’en tenir à l’acoustique. D’où l’ajout d’un «backing band» sur ces captations aujourd’hui exhumées, qui contiennent quelques perles, dont une reprise de Ray Charles, mais globalement se situent très en deçà de Mixed Bag (1967), vraie fondation de l’édifice Havens. Pour les inconditionnels.

 

RICHIE HAVEN, MY OWN WAY, DOUGLAS RECORDS

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