Pour contrer les afters, l’Etat songe à ouvrir les clubs jusqu’à 7h
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NUIT • Le canton propose d’allonger l’horaire des discos pour réduire les nuisances liées aux fins de soirées. Un projet de loi sera rédigé en 2013.
Afin de lutter contre les nuisances sonores et les «after party» illégales, l’Etat planche sur une ouverture des boîtes de nuit jusqu’à 7h du matin. Encore embryonnaire, ce projet du Département des affaires régionales, de l’économie et de la santé (DARES) pourrait réduire la gêne occasionnée par les groupes de noctambules, qui se retrouvent à la rue dès 5h actuellement. Si rien n’est décidé, une première prise de température a montré peu de réticences de la part des acteurs concernés. Après une seconde consultation prévue cet hiver, le débat risque d’agiter le Grand Conseil dès le printemps 2013.
L’idée s’inscrit dans la révision plus large de la loi sur la restauration, les débits de boisson et l’hébergement (LRDBH). Cette législation «poussiéreuse» a été revue pour la dernière fois en 1987 et n’est plus adaptée au «terrain», juge Chris Monney, de la Direction générale des affaires économiques. En prolongeant le clubbing de deux bonnes heures, le DARES espère échelonner le retour des fêtards et éviter le phénomène de groupes.
Autre avantage: adapter la fermeture des discothèques au début de l’offre de transports publics, et s’éviter ainsi quelques accidents. «A cette heure, les gens ont souvent bu beaucoup d’alcool. De cette manière, nous les inciterions davantage à laisser leur véhicule privé», argumente le fonctionnaire. L’Etat réfléchit d’ailleurs à la possibilité d’interdire la vente d’alcool une heure avant la fermeture. «Mais nous ne voulons pas non plus prendre le risque que les clients aillent chercher leur verre ailleurs», souligne-t-il.
La fermeture des lieux nocturnes fixée à 5h du matin génère en effet une multiplication des afters, ces soirées qui prennent le relais dès l’aube afin de prolonger la fête jusque dans la matinée. Or «elles se passent en général dans des établissements qui ne sont pas adaptés aux normes antibruit, commente Chris Monney. Il vaut mieux que les gens continuent de faire la fête dans des lieux prévus à cet effet.»
Vers une politique de nuit?
La proposition du DARES séduit l’Usine, sise dans le quartier de la Coulouvrenière, qui connaît bien les conflits de voisinage. «Cela permettrait un flux plus calme des sorties», se réjouit Jules De Bernis, permanent du bastion alternatif. Il y voit également la possibilité d’augmenter le chiffre d’affaires des salles, comme celle du Zoo.
«Allonger l’ouverture des clubs n’est qu’une partie de la problématique nocturne. Nous attendons du processus de refonte qu’il soit le début d’une véritable politique de nuit à Genève», nuance pour sa part Hendrik van Boetzelaer, vice-président du Grand Conseil de la nuit. Consultée par le DARES, l’instance qui réunit tous les acteurs de la vie nocturne sera attentive à ce que la nouvelle loi ne devienne pas une «liste d’interdictions» ou de «plages horaires qui cloisonnent l’activité des établissements».
Pas réticente non plus, l’association des habitants des Pâquis Survap «attend de voir». D’après Pierre Fuchs, l’association table avant tout sur le retour de la clause du besoin ainsi que sur des mesures contre les nuisances générées par les terrasses ou encore le parking sauvage.
Des problèmes plus urgents
A Unia, on s’étonne de cette guérilla contre les afters menée par l’Etat, alors que «le secteur de l’hotellerie-restauration souffre de problèmes graves comme les faillites frauduleuses, la sous-enchère salariale ou le fort taux de chômage», note Umberto Bandiera. Le secrétaire syndical espère que la révision de la LRDBH sera l’occasion de faire un bilan sérieux de la «libéralisation» du marché. D’après lui, il faut davantage d’inspecteurs afin d’effectuer les contrôles et surtout des «sanctions qui tiennent la route» pour les employeurs peu scrupuleux. I





