Mercredi, 22 mai 2013

«Nous devons être solidaires des générations futures»

SAMEDI 04 AOûT 2012

NEUCHÂTEL • Solidarité entre générations, défense des acquis sociaux et recrutement de nouveaux membres sont les priorités de Rémy Cosandey, à la tête de l’Avivo.

Elu récemment à la présidence de l’Avivo Neuchâtel, l’association qui défend les intérêts des aînés, le Loclois Rémy Cosandey a de tous temps été très impliqué dans la vie tant politique, syndicale, qu’associative du canton.
Selon lui, si on est venu le chercher pour présider l’Avivo, c’est pour trois raisons: «J’ai un caractère fonceur et combatif, je connais parfaitement la vie politique neuchâteloise et je suis moins marqué que d’autres au niveau politique.» Une manière de rappeler que l’association, même si elle émane historiquement du POP, est neutre d’un point de vue politique et confessionnel. Quand on lui demande pourquoi il a accepté de relever un énième défi, il répond sans hésiter qu’il n’a «jamais refusé» de s’engager pour la collectivité.

Unanimité pour le RER-Transrun
Le nouveau président s’est fixé plusieurs objectifs. Le premier, et peut-être le plus important à ses yeux, est de prôner la solidarité entre générations: «Nous devons être solidaires des générations futures et ne pas penser que le monde disparaîtra en même temps que nous.» Première preuve par l’acte: le comité de l’Avivo s’est prononcé à l’unanimité en faveur du RER-Transrun, «un projet qui bénéficiera aux générations futures».
Rémy Cosandey estime cependant que la solidarité est une valeur qui doit circuler dans les deux sens: «Nous devons nous opposer fermement aux régressions prévues pour les personnes âgées, notamment dans les domaines de l’assurance-maladie, de l’AVS et du deuxième pilier.»
Et de rappeler que l’Etat accorde des subsides maladie à un peu plus de 40 000 personnes dans le canton, dont une grande partie de personnes âgées: «Cela montre que cette catégorie de la population vit souvent avec de petits moyens», glisse-t-il.

Réforme fiscale injuste
Dans le même état d’esprit, le président de l’Avivo fustige la réforme de la fiscalité des personnes physiques adoptée fin mai par le Grand Conseil, qui favorise les familles – ce qu’il ne conteste pas – et les hauts revenus. «Les contribuables ayant un revenu inférieur à 70 000 francs, dont une majorité des 33 000 personnes de plus de 65 ans vivant dans le canton, n’auront droit à aucun rabais. Quant à la progressivité de l’échelle fiscale, elle est antisociale puisqu’un revenu de 50 000 francs sera taxé à plus de 9% et un revenu de 1 ou 2 millions à 13,5%», s’insurge le président de l’Avivo. Il a écrit fin juin au Conseil d’Etat pour dénoncer ce qu’il considère comme «une injustice à l’égard d’une population âgée fidèle».
Sa position – personnelle, précise-t-il – sur la recapitalisation de Prévoyance.ne, la caisse de pension de la fonction publique, dont le taux de couverture est tombé fin 2011 à 55,7%, n’est guère plus tendre à l’endroit du gouvernement. «Oser proposer vingt ans sans renchérissement pour les rentes est inacceptable. Et en proposant de payer 270 millions pour le fonds de fluctuation de valeur, l’Etat, qui doit 270 millions à Prévoyance.ne, ne participerait pas aux mesures d’assainissement alors que le bon sens voudrait que les efforts soient répartis équitablement entre employeurs et employés», dénonce-t-il.

Grandir pour se faire entendre
Afin de défendre au mieux les intérêts des aînés et faire de l’Avivo un interlocuteur écouté, Rémy Cosandey veut faire croître l’association. Actuellement, les quatre sections neuchâteloises regroupent 2700 membres. «Cela ne représente que 8% des plus de 65 ans. Mon objectif est d’atteindre 4000 membres à fin 2013 et 10 000 à terme», relève-t-il.
Pour y parvenir, il veut miser sur la communication, notamment à travers les médias, et la promotion: «Nous allons réaliser des cartes de membres informatives et créer un site internet d’ici à la fin de l’année, de nombreuses personnes âgées disposant aujourd’hui d’un
ordinateur.»
Il veut aussi montrer les avantages de l’Avivo: «Elle est neutre, ne prend pas de temps car il n’y a pas de réunions et ne coûte que 20 francs par an. Et si elle est suffisamment forte, elle peut constituer un véritable groupe de pression», argumente Rémy Cosandey. I

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