Samedi, 25 mai 2013

Le système des LUP progresse mais à très petits pas

VENDREDI 03 AOûT 2012

LOGEMENT • Les logements d’utilité publique visent à remplacer les HLM. Mais l’objectif de 20% du parc de logements locatifs reste éloigné.

Le Département de l’urbanisme fait le point sur les logements d’utilité publique (LUP). Il a diffusé lundi son rapport annuel concernant la mise en œuvre de la nouvelle politique sociale du logement voulue par le législateur en 2007 et visant, à terme, à remplacer le régime HLM par un dispostif assurant un socle d’appartements pérennes dans le parc locatif genevois.

Au niveau des chiffres, le bilan est pour l’heure modeste. En 2011, le parc de LUP a augmenté de 405 logements, dont la moitié par acquisition et l’autre moitié par construction de logements neufs. Ceci sur un chiffre bas de 1018 nouveaux logements (tout type confondu) mis sur le marché.

Michel Buergisser, directeur général de l’Office du logement au Département de l’urbanisme, relève que cela représente tout de même 20% des logements construits, ce qui est en soit une bonne nouvelle. En effet, la loi générale sur les zones de développement fixe précisément cet objectif comme but à atteindre. «Initialement, il s’agissait de constituer un parc de 15% de LUP sur une durée de dix ans, relève-t-il, puis ce but a été porté à 20%, mais sans date butoir.» Et de relever que cette base législative a son avantage: le principe voulant qu’en cas de déclassement deux tiers de logements prévus seraient du social n’était pas gravé dans le marbre mais procédait uniquement d’une pratique administrative.

Un rythme de sénateur

Reste qu’en 2011 la part des LUP n’a progressé que de 0,2%. A ce rythme, il faudra cinquante ans pour atteindre les fatidiques 20%. «Nous sommes bien sûr déçus que les choses n’aillent pas plus vite, admet M. Buergisser, mais le système se met en place et nous restons confiants sur la durée.» Et de relever qu’en 2012 et 2013 les résultats devraient être meilleurs dans la mesure où le nombre de logements en construction est plus élevé que par le passé. Il est de 3345 contre 2436 en 2010. Idem pour les logements autorisés mais non encore construits (2279 contre 1958).

Le parc total des LUP est actuellement de 14461 logements, soit 9,3% du parc locatif. Mais le chiffre est un peu trompeur car il inclut, pour la première fois, un parc de 6148 logements en main des communes et qui n’était pas comptabilisé auparavant.

Acquisition de terrain

Enfin, relevons que ce système permet également à l’Etat de précéder à des acquisitions de parcelles de plus de 10 000 m2 en zone de développement, ce qui devrait permettre à terme de débloquer certain grands projets de densification, espère l’Office du logement. Depuis 2007, ce sont 41 000 m2 qui ont été acquis de la sorte par l’Etat pour y ériger des LUP.

Un bilan législatif sera fait au terme de la première décennie de la nouvelle loi, soit en 2017. Le rapport diffusé lundi n’est donc là qu’à titre d’information et procède d’un monitoring permettant un suivi de la politique mise en œuvre.

Vous devez être loggé pour poster des commentaires