La lutte est à bout de souffle
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MERCK SERONO • La grève du 31 juillet et la participation des employés aux festivités du 1er août font mesurer le déclin de la mobilisation.
Pour la cinquième fois mardi, les salariés de Merck Serono ont fait grève. Hier, en marge des combats de reines, du rock touareg et du swing manouche de la fête nationale concoctée par Rémy Pagani, maire de Genève (cf. ci-dessous), les employés de la firme ont été invités à planter la tente de leur syndicat sur la plaine de Plainpalais.
Demain, François Naef, président du conseil d’administration de l’entreprise, une délégation du Conseil d’Etat composée de Pierre-François Unger, Isabel Rochat et Charles Beer, les représentants du personnel accompagnés du syndicat UNIA se mettront à table pour retenter la négociation d’une porte de sortie au conflit.
Violation de domicile
Si l’écœurement et l’indignation ne cessent d’augmenter, la mobilisation, elle, s’est affaiblie. Mardi, pas d’action, pique-nique canadien, quartier libre et détente l’après-midi, la grève a certes été suivie, mais elle était molle. Ce jour non travaillé avait plus qu’un air de vacances, mais sur fond de morosité. Le discours d’Alessandro Pelizzari, délégué syndical, était clair. La direction n’est pas entrée en matière sur les recommandations de la Chambre des relations collectives de travail (CRCT).
Cela se confirme, les résultats de la bagarre sont inexistants. Ils montrent essentiellement qu’en Suisse, les salariés ne sont pas protégés. Le combat mené depuis trois mois, sans avancée du côté de l’employeur, est un signal donné aux politiciens. Il doit servir pour les suivants, affirme le représentant d’UNIA. En d’autres termes, il reconnaît l’échec de la lutte.
L’entreprise allemande ne lâchera rien. Bien au contraire, le chat semble s’amuser avec la souris. Misérablement anecdotique, mardi matin, la direction a porté plainte pour violation de domicile, contre Joël Varone, secrétaire syndical, considéré comme l’organisateur de l’occupation du parvis de l’entreprise. Sans prendre parti, la police, discrètement présente, a dit qu’elle se sentirait plus utile à traquer le cambrioleur. Alors que, pour leur part, les salariés n’ont pu que violemment siffler leur direction.
Postes ouverts au monde entier
Le lendemain, les festivités du 1er août étaient l’occasion pour le personnel d’aller à la rencontre de la population. Ils ont expliqué leurs revendications, mais surtout dénoncé «les chiffres erronés véhiculés par Merck dans les médias». Compte tenu des temporaires et des sous-traitants, la fermeture du site genevois concernerait 1500 travailleurs et non 1250. Par ailleurs, les 500 licenciements et 750 transferts annoncés se transformeraient en 1100 pertes d’emploi et moins de 250 personnes replacées. Quant aux 100 postes offerts par la firme Quintiles, ils sont ouverts au monde entier et ce seront peut-être moins d’une trentaine de personnes qui y obtiendront un emploi.
Aurait-il fallu porter des coups plus durs à la multinationale? Alessandro Pelizzari répond que la mobilisation des employés de Merck Serono était déjà un grand succès. «Surprenante, renchérit une employée, parce qu’il faut comprendre qu’avant, les gens ne se connaissaient pas tellement entre les différents secteurs d’activité.» Elle affirme qu’avec un durcissement de la lutte ses collègues n’auraient pas suivi et que la mobilisation se serait tout de suite affaiblie. «Difficile d’imaginer passer dans l’illégalité», confirme un autre représentant du personnel.





