Mardi, 21 mai 2013

L’Office cantonal de l’emploi restructuré et relogé à Montbrillant

MARDI 31 JUILLET 2012

GENÈVE • L’ancienne poste recevra les chômeurs et les Offices régionaux de placement.
 

L’Office cantonal de l’emploi (OCE) est reconfiguré. Il se concentrera désormais en un seul lieu, au centre postal de Montbrillant, qui remplace les six Offices régionaux de placement (ORP), dispersés sur cinq sites. Son ouverture aux usagers est fixée au 27 août. Un déménagement, une nouvelle cheffe de département depuis le 30 juin et l’entrée en vigueur, ce mercredi, des retouches à la loi cantonale en matière de chômage (LMC) sont les aboutissements d’un long processus.
Désormais, quatre ORP subsistent, mais réunis sur un même site vont permettre, selon Patrick Schmied, directeur général de l’OCE, de casser les hiérarchies et de travailler dans une collaboration étroite et productive. Accueil, inscription, rendez-vous de suivi ainsi que Service employeurs et emplois de solidarité, toutes les prestations seront au même endroit permettant des «synergies nouvelles» au profit des demandeurs d’emploi.
Pour le responsable de l’OCE, le regroupement sous un même toit, des six ORP «reflète parfaitement la nouvelle organisation qui privilégie l’échange de pratiques, la transversalité et le management de proximité».

L’OCE, un locataire choyé
Architecturalement, des travaux titanesques ont été entrepris par La Poste. Le projet, qui s’appelle «Genève2-patios», a reconstruit de nouveaux bâtiments dans l’enceinte des murs d’origine tout en supprimant une partie du toit, créant une vaste cour intérieure. Elle est à la fois puits de lumière et passage. Espaces ouverts, voies d’accès et luminosité devraient contribuer à davantage d’échanges et à un accueil simplifié pour les usagers.
La Poste, qui a centralisé le tri à Eclépens (VD), n’occupe plus qu’une partie du bâtiment de Montbrillant. Locataire, l’OCE a largement contribué à l’aménagement des espaces en fonction de ses besoins. A côté de l’Office cantonal des assurances sociales qui ouvrira ses portes en même temps sur près de 10 000 m2, l’OCE occupe environ 11 000 m2 dont le prix de location reste caché.
Cette invitation de la presse à visiter les lieux était aussi l’occasion de présenter les dernières touches apportées à la loi cantonale (LMC) qui entrera en vigueur le 1er août et doivent compléter les mesures adoptées en 2008. Ces modifications ouvrent le droit aux prestations cantonales aux personnes ayant exercé une activité indépendante. Elles prévoient que les chômeurs en fin de droit bénéficient d’une allocation de retour en emploi (ARE) – aide financière accordée à l’employeur qui embauche le demandeur d’emploi – ou d’un emploi de solidarité (EdS) quel que soit le moment de fin de leurs indemnités. L’ARE est en outre portée de 12 à 24 mois dès 50 ans (55 ans, antérieurement). Enfin, les ARE pourront aussi être accordées si l’emploi trouvé est situé dans un autre canton.

Dispositifs à évaluer
Isabel Rochat a profité de cette rencontre avec les médias pour dire son enthousiasme à reprendre les rênes du Département de la solidarité et de l’emploi. Elle se réjouit de «donner l’envol» à un OCE soumis à une législation réformée. C’est avec «beaucoup d’humilité» que la conseillère d’Etat aborde les tâches qui se profilent en termes d’«évaluation du dispositif». La phase actuelle est l’aboutissement de la «Réforme en faveur de l’emploi: 2006-2012», mise en œuvre par son prédécesseur, François Longchamp. I

 

Un conseiller ORP mécontent du processus

Tous ne sont pas transportés par le même enthousiasme. Interpellé sur la réforme et la restructuration, un conseiller en placement, qui souhaite garder l’anonymat, estime que tout au long du processus, le travail des conseillers a été déconsidéré. La centralisation à Montbrillant sera peut-être utile à la direction, mais pas forcément aux chômeurs. Il reste dubitatif quant au gain en efficacité. Cette dernière, depuis le début des modifications, s’est nettement péjorée à cause de la lourdeur des tâches administratives qui empiètent de plus en plus sur le temps du travail de conseil, explique-t-il. Il déplore tout particulièrement le système des conseillers généralistes mis en place et vanté par sa hiérarchie. Auparavant, les conseillers étaient spécialisés en fonction des différents secteurs économiques dans lesquels s’inscrivaient les demandeurs d’emploi. Pour la direction, ce système manquait de souplesse. Selon le professionnel en placement, cette spécialisation permettait une plus grande proximité avec les chômeurs et évitait les maladresses dans un domaine professionnel peu connu du conseiller. Un seul lieu regroupant l’ensemble des services ne répond donc pas à ses préoccupations. SNR

Vous devez être loggé pour poster des commentaires