La lutte reprend chez Merck, nouvelle grève annoncée
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GENÈVE • La direction du groupe pharmaceutique rejette les recommandations de la Chambre des relations collectives de travail, les employés sont indignés.
«Merck Serono a décidé de ne pas accepter la recommandation visant une augmentation supplémentaire des indemnités de départ de l’ensemble des employés.» Le communiqué émis hier matin par la firme rejette en bloc les conseils de la Chambre des relations collectives du travail (CRCT). L’entreprise répète qu’elle estime son plan social «très substantiel au regard de la pratique» et dit «privilégier la recherche de solutions permettant aux employés de retrouver un nouvel emploi».
A une forte majorité (254 contre 43 et 23 abstentions), les employés de Merck Serono, réunis en assemblée générale hier après-midi, ont eux accepté les propositions de l’instance de conciliation formulées vendredi dernier. Par le même vote, ils ont invité leur direction à revenir sur leur déclaration et à suivre ces recommandations afin de mettre un terme au conflit social. Dans le même élan, le personnel a adopté un préavis de grève pour le 31 juillet. Elle sera effective, si dans ce délai, la firme ne révise pas sa position.
Plainte contre la direction du groupe
La semaine dernière, la juridiction de conciliation rendait ses conclusions (voir Le Courrier du 21 juillet). Elle recommandait notamment à l’entreprise pharmaceutique d’augmenter d’un quart l’indemnité de base du licenciement, soit un mois un quart de salaire par année d’ancienneté. C’est sur ces éléments que l’assemblée générale réunie hier devait se prononcer. Les représentants du personnel étaient confiants de recueillir un vote positif qui aurait mis fin à la lutte. Selon eux, ces dispositions auraient complété de manière acceptable celles du plan social élaborées dans le cadre de la procédure. Considérées comme insuffisantes, ces dernières avaient été rejetées le 18 juillet dernier.
Dans la salle, la tension et la lassitude étaient palpables. Percevant la poursuite de la lutte comme une attitude négative, certaines voix se sont élevées pour accepter le plan social, sans les efforts supplémentaires suggérés par la CRCT. Mais pour la plupart, cette dernière solution équivalait à baisser les bras, face à une entreprise jugée méprisante et suite à beaucoup d’efforts déjà consentis. Malgré ce climat pesant, la présentation des actions de protestation à venir a été attentivement suivie.
Une procédure judiciaire est sur le point d’être lancée en Allemagne. Les employés vont en effet porter plainte contre la direction du groupe. La grève sectorielle a été votée. Des débrayages café-croissants auront lieu tous les mardi matin sur le parvis de l’entreprise. Les délégués du personnel ont insisté sur la nécessité de redonner de la visibilité à la lutte par des affichages et autres initiatives créatives. Ils ont enfin présenté le projet d’un tour à vélo jusqu’à Darmstadt. Les six étapes de la virée seront l’occasion de points presse permettant une diffusion de la visibilité de la lutte tout au long du parcours.
Pagani invité surprise
Enfin, venu apporter son soutien, Rémy Pagani était l’invité surprise de cette assemblée générale. Contribuant à sa manière à la lutte sociale, le maire de Genève a invité le personnel de Merck Serono à partager les festivités du 1er Août sur la plaine de Plainpalais, lui offrant d’y tenir un stand. Interpellé sur un soutien plus concret qu’il pourrait apporter, il a répondu que c’est «le Conseil d’Etat qui a le pouvoir de convoquer les parties». Il suggère que ce serait le moyen pour l’exécutif cantonal de «sauver son honneur», sous-entendant que la firme l’aurait bafoué. I





