Le référendum contre Rosebud est victime de la torpeur estivale
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Récolte de signatures • Le comité contre le projet de nouveau parlement cherche encore 8000 signatures en quinze jours. Il parle de «manipulation politique».
Le référendum contre le projet de nouveau bâtiment du Parlement vaudois est encore loin d’aboutir. La faute aux vacances d’été, selon le comité, qui ne compte que très peu de militants actifs. Hier, il disait son inquiétude de ne pas réussir à faire aboutir la demande de référendum. Après 25 jours de récolte, il n’a engrangé que 5000 à 6000 paraphes. En tenant compte du taux de signatures invalidées, il en espère encore 8000 pour réussir, d’ici au 7 août. Il devrait ainsi plus que doubler sa vitesse de progression.
«Calcul politique»
«La récolte marche bien», explique Graziella Schaller, avec un sens consommé du paradoxe. La députée vert’libérale et ses acolytes du comité référendaire voient affluer les citoyens vaudois désireux de parapher la demande de référendum. Mais ils sont trop peu nombreux pour capter une fronde qu’ils assurent être bien réelle. Seuls cinq à dix militants actifs battent le pavé.
La vert’libérale déplore «un manque de visibilité publique». Les grandes vacances ont commencé et la récolte s’essouffle. A ses côtés, le député radical Marc-Olivier Buffat dit observer «une indignation du public» face au projet Rosebud, qui remplacerait le parlement historique de 1804, détruit par un incendie en 2002. «Nous constatons que nous touchons juste.» Mais il dénonce un obstacle en partie dressé par «une sorte de manipulation politique». Alors que le vote final s’est passé le 12 juin, la publication du texte dans la «Feuille des avis officiels», n’a eu lieu que le 29 juin. «C’est un calcul politique à la veille des vacances, pour rendre plus difficile la récolte», accuse Marc-Olivier Buffat.
Presque seul
Parmi les difficultés, les référendaires constatent aussi le manque de relais politiques. Aucun parti politique ne soutient le référendum. Et pour cause: les députés ont été 115 (contre 3 non et 8 abstentions) à adopter le crédit d’ouvrage, défendu par l’ancien magistrat écologiste François Marthaler. Justement, c’est contre les Verts que grince Marc-Olivier Buffat: «Un parti censé s’intéresser à la défense du patrimoine», mais qui reste silencieux: «On les entend moins sur ce dossier que sur la défense de Lavaux». Il se régale pourtant de raconter que plusieurs militants verts sont venus «discrètement» signer le référendum, au stand du marché de Lausanne.
Le Mouvement de défense de Lausanne est par ailleurs la seule organisation à s’associer officiellement à la tentative d’empêcher la construction de Rosebud. Le directeur du Centre patronal avait certes élevé la voix contre le projet, mais l’organisation patronale ne s’engage pas dans cette bataille: «Cela ne figure pas parmi ses objectifs politiques», explique Pierre-Antoine Hildbrand, chef du groupe PLR au parlement communal de Lausanne et secrétaire au Centre patronal.
«J’ai un peu peur», admet ce dernier. Il garde en mémoire la première récolte de signatures du PLR lausannois contre l’impôt sur les divertissements, qui échoua pour quelques signatures seulement, en 2009. Il assure que le comité référendaire – «qui travaille totalement en amateur» – ne bluffe pas, en annonçant une récolte à la peine. Jusqu’à présent, les militants n’ont investi leur temps qu’à Lausanne. «Nous allons doubler les marchés, en étant présents à Vevey et à Pully.»
A l’exemple de la Fenice
Les référendaires assurent que les gens rencontrés sont «vite» convaincus. «Nous n’utilisons jamais l’argument financier», explique Pierre-Antoine Hildbrand. Le bâtiment, devisé à 23,5 millions, déplaît aux signataires, mais seulement à cause de sa forme et de son emplacement au cœur de La Cité. Le comité référendaire ne formule pas officiellement de proposition, en cas de refus populaire en votation. «La seule question, c’est «acceptez-vous ou non ce projet?», précise Pierre-Antoine Hildbrand. Nous relevons que le bâtiment détruit dans l’incendie avait la note maximale dans le classement des monuments historiques. Ailleurs, la question ne se poserait pas et un tel bâtiment serait reconstruit à l’identique. L’exemple de la Fenice, à Venise, (l’opéra du XVIIIe siècle détruit par un incendie en 1996, ndlr) montre que c’est faisable, tout en permettant des adaptations aux besoins actuels.» I
Bataille de communication
«Du jamais-vu pour une récolte de signatures!» Les référendaires s’indignent contre l’appel lancé par quatre anciens présidents du Grand Conseil vaudois (notre édition du 5 juillet). Ces derniers unissaient leurs voix, lors d’une conférence de presse organisée par le Bureau d’information et de communication de l’Etat, pour tenter d’empêcher l’aboutissement du référendum. De leur côté, les architectes lausannois auteurs du projet, l’Atelier Cube, se sont aussi lancés dans la bataille, en ouvrant un site internet qui répond aux arguments des référendaires: www.non-au-toit-faq.ch. Cette adresse internet est d’ailleurs très proche de celle du comité référendaire: www.non-au-toit.ch. Enfin, la présentation officielle du projet et de son historique se trouve sur le site www.parlement.vd.ch.






Rosebud: OUI
Comme chaque nouveau projet quelque peu audacieux, les bien-pensants trouvent à redire. C'est une habitude vaudoise.
Les mêmes termes, désormais officiels, se retrouvent dans les messages: "verrue", "cube de béton", "tradition", patrimoine, etc.
Si ces neinsagers furibards avaient été écoutés, la ville Kenwin, la villa Karma, la villa Le Lac, le château de Chillon, la Cité Radieuse, l'Eglise de Ronchamps, la tour Eiffel, les Pyramides,et j'en passe, n’existeraient pas. Même la villa propriété du commerçant populiste Franz Weber n'aurait pas pu être construite.
Mon souhait le plus profond est donc un échec retentissant du referendum des bobos mièvres.