Mercredi, 19 juin 2013

Les patrons privilégient la préférence cantonale

MERCREDI 25 JUILLET 2012

ENQUÊTE • Une étude universitaire montre que les candidatures locales sont préférées à celles des frontaliers.

Sur le marché du travail genevois, les candidats de nationalité suisse ont une probabilité plus forte d’être retenus que les candidats transfrontaliers. Et le chômeur résidant est «préféré» au Genevois en activité. Tel est le résultat d’une étude expérimentale de l’Observatoire universitaire de l’emploi révélée hier par la Tribune de Genève.

L’enquête a été menée par son directeur, l’économiste Yves Flückiger. Par des cas concrets, il voulait confronter le prétendu lien entre évolution du chômage et nombre de frontaliers. «Si de jure la préférence pour la main-d’œuvre indigène a été abolie en 2004, elle semble de facto plutôt se maintenir que s’inverser en faveur de la main-d’œuvre transfrontalière», conclut l’étude.

D’octobre 2010 à octobre 2011, 520 CV fictifs ont été envoyés en réponse à 130 annonces en ligne, concernant six secteurs – vente, secrétariat et réception, restauration, manutention, sécurité et soins infirmiers. Les profils étaient identiques – le candidat a 22-23 ans, il est célibataire et dispose d’un véhicule personnel – mais le lieu de résidence varie comme le fait d’être ou non en activité. Seul un candidat transfrontalier sur sept a été contacté, tandis que la prise de contact s’est concrétisée pour un Suisse sur quatre.

Le chômeur résidant à Genève est pour sa part privilégié par rapport à un résidant en activité. Du moins en ce qui concerne la réponse à une offre d’emploi, ce qui indiquerait que, afin de pourvoir rapidement un poste, la disponibilité des chômeurs est appréciée. Car un autre volet de l’étude montre que les responsables des ressources humaines, lorsqu’ils sont invités à simplement classer des CV par ordre de préférence, privilégient les résidants en activité aux chômeurs.

Enfin, l’étude apprend encore que les entreprises dont l’effectif d’employés frontaliers a crû depuis 2002 privilégient les résidants locaux, dans une tendance vers un rééquilibrage.

L’enquête a été menée avant les recommandations du Conseil d’Etat en faveur d’une préférence aux chômeurs locaux, interprétées par ses détracteurs comme une légitimation de la préférence cantonale à l’embauche prônée par les partis populistes.
 

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