Mercredi, 19 juin 2013

Merck invité à être moins pingre

SAMEDI 21 JUILLET 2012

PLAN SOCIAL • La Chambre des relations collectives de travail recommande d’augmenter les indemnités de départ. Le personnel est satisfait.
 

La Chambre des relations collectives de travail (CRCT) recommande une augmentation générale de l’indemnité de licenciement pour l’ensemble des employés de Merck Serono. L’entreprise l’avait fixée à un mois de salaire par année d’ancienneté. Le syndicat UNIA demandait deux, puis un mois et demi. L’organe de conciliation propose un salaire un quart par année de travail au sein de la firme.

Les délégués du personnel sont satisfaits. Ils pensent que les employés voteront en faveur de la proposition lors de l’assemblée générale du 26 juillet. Quant à la direction de Merck, elle «réserve ses commentaires pour la CRCT».

Si le président de la chambre, Laurent Moutinot, déplore des blocages de part et d’autre, il souligne «le très regrettable refus initial de l’entreprise de discuter sérieusement de sa proposition de plan social». Hubert Godinot, représentant du personnel, affirme qu’«après des mois à avoir éprouvé le mépris de leur direction, les employés reçoivent, enfin, une reconnaissance».

Depuis l’annonce de la fermeture du site genevois, le 24 avril, la firme avait systématiquement refusé de négocier, avant de décliner l’invitation à la médiation proposée par le Conseil d’Etat. Ce dernier avait alors forcé la main de l’entreprise en saisissant la CRCT.

Si, durant les quatre séances de conciliation, la direction a refusé d’entrer en matière sur les principales propositions du personnel, elle a en revanche accepté de négocier sur des questions jugées «marginales» concernant des groupes d’employés spécifiques (lire encadré). Ces mesures ont été rejetées, mercredi, en assemblée générale du personnel, mettant en échec la procédure de la CRCT.

Cas rocambolesques
Hier, «moyennant augmentation de l’indemnité de base», la chambre a proposé au personnel d’accepter ces modifications du plan social «et de renoncer à toutes autres revendications non acceptées par l’employeur». Elle souhaite aussi que l’élection d’une délégation du personnel se déroule conformément à la loi et à l’accord trouvé entre les parties. Par ailleurs, elle signifie à l’entreprise qu’aucune pression ou représailles ne doivent être exercées sur les représentants du personnel et qu’ils ne peuvent être licenciés avant les collègues du même département. Alain Perrat, délégué syndical d’UNIA, mentionne cinq cas d’employés déjà licenciés en raison de leur mobilisation.

La CRCT estime qu’il y a lieu de rappeler que «les années de travail en qualité d’intérimaire ne sont pas prises en compte» dans le calcul des indemnités. Pour Alain Perrat, il n’y a pas de quoi pavoiser, et tout particulièrement dans les cas de personnes qui, ayant trouvé un emploi moins bien rémunéré, sont déjà parties sans rien.

Sans compter les externes touchés par la fermeture, ce seront certainement, selon le délégué syndical, près de mille personnes qui souffriront du licenciement. En outre, les promesses de transfert offrent des conditions parfois tellement rocambolesques qu’elles en deviennent impossibles, souligne-t-il. Un délégué raconte qu’un couple s’est vu proposer un poste à Boston pour l’un des conjoints et à Pekin pour l’autre.

Pour sa part, Pierre-François Unger, président du Conseil d’Etat, a fait savoir par l’ATS que «tout espoir n’est pas perdu». I

 

Modifications du plan social

Les propositions de Merck Serono que la CRCT recommande d’accepter se résument en cinq points: une indemnité minimale augmentée à 25 000 CHF; une indemnité additionnelle pour les personnes de plus de 50 ans et celles qui ne souhaitent pas accepter la préretraite; une indemnité pleine pour les démissions trois mois avant la fin du rapport de travail; un fonds d’un demi-million pour les cas particulièrement difficiles; une contribution de 1 million gérée par le canton afin d’atténuer les effets de la fermeture du site sur les sous-traitants et les consultants.

Selon les analyses du personnel, ces mesures ne toucheraient que deux cent cinquante personnes. Ce qui était attendu, c’était un geste qui concerne l’ensemble du personnel licencié.

La proposition de la CRCT d’un quart de salaire d’indemnité supplémentaire est certes accueillie positivement, mais tous ne bénéficieront pas de cette avancée du plan social.
 

 
Le Courrier
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