Mardi, 21 mai 2013

Que dira merck?

SAMEDI 21 JUILLET 2012

La balle est plus que jamais dans le camp de Merck Serono. Hier, la Chambre des relations collectives de travail (CRCT) a proposé une porte de sortie aux parties, que le personnel semble prêt à accepter. L’organe de conciliation saisi par le Conseil d’Etat genevois recommande à l’employeur d’augmenter les indemnités de base dans le cadre du plan social. L’entreprise offre un mois de salaire par année d’ancienneté. Elle est invitée à donner un quart en plus.
Ce geste permettrait de mettre un terme au conflit social. Car, face à l’intransigeance de Merck manifestée depuis l’annonce de la fermeture de son site genevois – et la disparition à Genève de 1250 emplois –, le personnel semble prêt à avaler une pilule bien amère.
Mercredi, les employés ont d’ailleurs fait échouer la conciliation en refusant les propositions de la direction. Encore hier matin, juste avant la publication des recommandations de la CRCT, Unia qualifiait le plan social d’«insulte» et de «mépris», eu égard aux 750 millions de francs de bénéfices réalisés en 2011 par l’entreprise et aux 272 millions distribués cette année aux actionnaires – une augmentation de 20% des dividendes.
Car les offres de l’entreprise, avancées durant la conciliation, réglaient les cas les plus délicats, mais n’amélioraient pas le sort du plus grand nombre, lit-on dans les recommandations de la CRCT. Sa solution d’une augmentation générale des indemnités ne doit toutefois pas faire illusion. D’abord, rappelons que les alternatives avancées par le personnel pour maintenir des emplois Merck Serono à Genève ont été balayées, et que les propositions de transfert sont pour une part irréalistes.
Les intérimaires s’en sortent avec deux mois de salaire, mais les sous-traitants et les consultants externes n’auront rien, tout comme les travailleurs ayant déjà retrouvé un emploi. Le président de la CRCT Laurent Moutinot, ex-conseiller d’Etat socialiste, n’est pas dupe des limites de l’exercice. Il rappelle que les années de travail comme intérimaire ne seront pas prises en compte dans le calcul des indemnités, «alors que bon nombre d’employés sont entrés dans l’entreprise de la sorte».
Laurent Moutinot ne se montre d’ailleurs pas tendre avec l’entreprise et son refus de sérieusement négocier, qui a pourri le climat social dès le départ.
Alors que les employés, le couteau sous la gorge, se résignent à passer à l’abattoir, Merck se mure dans le silence, laissant le président du Conseil d’Etat Pierre-François Unger dire son «espoir» que tout ne soit pas perdu. Comme pour souligner, une fois encore, le peu de poids du politique face à l’économie. Et la nécessité, cruciale, de maintenir le rapport de force syndical par des actions de lutte.

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