Samedi, 18 mai 2013

M83 triomphe, Chao déçoit

JEUDI 19 JUILLET 2012

PALEO, IMPRESSIONS

Démarrage en fanfare sous un ciel radieux mardi, dans la plaine de l’Asse, chose rare à Paléo. Eclectique, cette 37e édition a pris le pari de marier quelques fleurons de la scène «indé» aux pointures. Ambiance.
Peu avant 19h, Hubert-Félix Thiéfaine est apparu sur la Grande scène, tout de noir vêtu. Flanqué de musiciens au son impeccable, il a détonné vis-à-vis de ceux qui vont «chercher le public» à tout prix. Sobre, digne même, l’auteur de «La Fille du coupeur de joint» transpire une force tranquille sans âge. Quel âge, d’ailleurs, s’interrogent quelques spectatrices – 63 ans, et une popularité stable, voire en hausse si l’on en croit l’accueil réservé à son dernier simple, «La Ruelle des morts».
Le public, aux anges, déambule entre les innombrables stands de nourriture et la déco créée par le collectif français Monic la Mouche – structures métalliques au look rouillé, combinées à un éclairage. Mi-Mad Max mi-féérique.
Au Club Tent, Kurt Vile et ses Violators célèbrent le pop-rock low-fi des années 1990, celui de Pavement et Dinosaur Jr. Guitares vintage saturées, voix évanescente et nasale de Richard Ashcroft sous Quaalude, tignasse dans les yeux. Pas pour tout le monde; nous on adore l’attitude et la pop d’antihéros.

Camille a fait le plein sous le Chapiteau, à l’heure du soleil déclinant; on ne prétendra pas vous restituer la chose. Sauf le rappel, qui comprend une surprenante relecture du «Wanna Be Startin’ Somethin’» électro-funk de Michael Jackson, et un a cappella. Les musiciens (un pianiste, un contrebassiste, une violoniste en pizzicati) épousent les excentricité de la chanteuse, en robe dorée, cheveux tressés – sourire béat, elle quitte un parterre transi d’amour.

A Paléo, laissons-lui ça, on renonce parfois au confort d’écoute et de vision, au profit d’une possible communion. Usurpée, dans le cas de Franz Ferdinand, dont le rock sautillant sonne déjà daté, moins de dix ans après son éclosion. Il faut dire qu’on y entend d’illustres références eighties (Talking Heads, au hasard) en bien moins inspiré. La grande scène exige davantage de panache.
A l’image de M83, qui chavire le Chapiteau avec un set bouleversant. A la limite du mièvre et du roublard sur disque, le groupe électropop français déploie ses hymnes accrocheurs (entre Jean-Michel Jarre et Howard Jones) avec une énergie live, nimbé de lumière bleue. L’extase est atteinte avec «Midnight City»,  tube imparable. Anthony Gonzalez (chant, guitare, clavier) en reste coi. «Merci pour tout, Paléo!», lance-t-il en s’agenouillant, mains jointes.
Manu Chao en comparaison fait pâle figure en clôture sur la Grande scène. C’est triste, mais en l’absence de renouvellement musical et en petite forme vocale, sa formule répétitive (reggae folk et sursauts ska-punk) ne parvient pas à susciter «l’esperanza». Ciao Manu?

 
Le Courrier
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