Samedi, 25 mai 2013

Hausse moins salée que prévu

SAMEDI 14 JUILLET 2012

TRANSPORTS PUBLICS • Dès le 9 décembre 2012, le prix des billets grimpera de 5,2%. Pas de nouvelle augmentation avant deux ans. Monsieur Prix a limité les dégâts.
 

Les usagers des transports publics ne seront pas à la fête en fin d’année. Dès le 9 décembre 2012, ils payeront leurs déplacements en moyenne 5,2% plus cher. Mais cela aurait pu être pire sans l’intervention de Monsieur Prix, qui a convaincu l’Union des transports publics (UTP) de modérer les hausses initialement fixées à 5,6% et de ne pas revenir à la charge avant décembre 2014.
La hausse des tarifs est particulièrement élevée cette année en raison de l’augmentation du prix du sillon. En août 2011, le Conseil fédéral décidait d’accroître de 200 millions de francs cette redevance que la Confédération perçoit auprès des compagnies de chemins de fer pour l’utilisation du réseau.

Monsieur Prix a œuvré
Hier, le surveillant des prix a présenté le règlement à l’amiable signé pour deux ans avec l’UTP. «Je suis moyennement satisfait de ce compromis», a confié Stefan Meierhans, qui a finalement obtenu des allègements estimés à 35 millions de francs sur deux ans. Il en espérait toutefois davantage.
Pour Monsieur Prix, l’essentiel est qu’il ne devrait pas y avoir de nouvelle augmentation en décembre 2013. La branche des transports publics est prête à y renoncer pour autant que le renchérissement ne dépasse pas 1%, qu’il n’y ait pas de nouvelle hausse du prix du sillon ni de manque d’indemnisation de la part des cantons.

Des tarifs selon l’heure?
Par ailleurs, il a été convenu que l’UTP propose d’ici à fin 2013 de nouvelles solutions pour offrir des prix attractifs pendant les heures creuses. A quand des tarifs différenciés selon l’heure choisie pour prendre le train?
Au cours des négociations, Stefan Meierhans a tenu à ce que les usagers qui voyagent rarement aux heures de pointe soient moins fortement touchés par la hausse des tarifs. Cette volonté se traduit par une moindre augmentation des prix des billets simples de 2e classe (3% au lieu de 4%), ceux de 1re classe renchérissant de 6,5% au lieu de 7%. La hausse du tarif des cartes journalières valables dès
9 heures a même été abandonnée.
De même, le coup de bambou est un petit peu moins sévère que prévu pour les abonnements généraux. Pour un adulte, il en coûtera toutefois 200 francs de plus en 2e classe (3550 francs, +6%) et 450 francs de plus en 1re classe (5800 fr., +8,4%). Victime de son succès avec ses 2,3 millions de détenteurs, l’abonnement demi-tarif annuel coûtera 175 francs, contre 165 actuellement (+6,1%).
En décembre dernier, les tarifs des transports publics n’avaient augmenté que de 1,2%. Avec 5,2% cette année, la pilule sera dure à avaler pour l’usager. La hausse du prix du sillon n’a pourtant pas été répercutée entièrement, auquel cas les billets auraient renchéri de 7%. De cette facture globale de 200 millions, les CFF assument 170 millions. «Un important programme d’économies est en cours», rappelle Patricia Claivaz, porte-parole des CFF.

L’Etat doit faire sa part
La Fédération romande des con­sommateurs (FRC) salue l’intervention de Monsieur Prix. Le secrétaire général Mathieu Fleury dénonce par contre la «logique de l’utilisateur-payeur» instaurée par la décision politique de l’Etat d’augmenter le prix du sillon. «Nous préférons une logique de bénéficiaire-payeur, qui implique un engagement renouvelé des pouvoirs publics et une participation de l’économie à l’entretien d’un réseau de qualité.»
L’Association transports et environnement (ATE) est du même avis. C’est maintenant au Conseil fédéral de faire un effort: il peut apporter sa contribution en renonçant à une deuxième tranche de hausse du prix du sillon, estime l’ATE. I

 
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