L’Université populaire fête ses 30 ans et ne désemplit pas
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FORMATION • L’UPCGe compte environ 220 enseignants, tous bénévoles, et accueille 4000 étudiants. Retour sur une structure indispensable.
En avril 1982, une trentaine de personnes quittent l’Université ouvrière de Genève (UOG) pour fonder l’Université populaire de canton de Genève (UPCGe). Les raisons de la scission? Un différend politique autour de l’affiliation obligatoire des étudiants à un syndicat. «Nous voulions être ouverts à tous», rappelle Daniel Bertacchi, membre fondateur et président actuel du comité. Ils étaient alors une poignée d’enseignants bénévoles à dispenser des cours à une soixantaine d’élèves, adultes issus pour la plupart de l’immigration. Aujourd’hui, le principe du bénévolat demeure, mais le nombre d’étudiants est passé à environ 4000.
Au fil des ans, l’offre d’enseignement s’est passablement élargie. Les cours de français restent le «fonds de commerce» de l’association qui fonctionne à 50% grâce aux cotisations modiques des apprenants. Mais les langues étrangères, l’informatique, les mathématiques, la photographie ou encore la familiarisation avec le système étatique suisse sont également enseignées. La structure organise par ailleurs des sorties théâtre. «Notre volonté n’est pas de faire de l’intégration à sens unique, précise M. Bertacchi. Si les cours de français sont donnés par des Suisses, les langues étrangères sont enseignées par des étrangers.» Ainsi, cette université atypique crée un terrain propice à la mixité culturelle. Accueillant essentiellement des personnes issues de pays européens et sud-américains, dont une certaine proportion de sans-papiers, l’UPCGe séduit également les Suisses, qui suivent pour la plupart les cours de culture générale, d’allemand ou d’anglais afin de combler des lacunes scolaires. «Ce sont surtout des personnes peu qualifiées qui sollicitent l’association, relève M. Bertacchi. Il est essentiel de leur redonner confiance dans l’apprentissage.» Parmi elles, environ 70% de femmes.
Malgré les désaccords passés, l’Université ouvrière et l’Université populaire sont aujourd’hui en collaboration. En matière de langues, l’UOG dispense essentiellement des cours de français, contrairement à l’UPCGe qui propose aussi un programme de langues «exotiques», dont le japonais et le coréen. «Mais la demande de cours de français est telle que l’existence de deux organes ne fait pas doublon, explique M. Bertacchi. Nous ne faisons aucune publicité, et pourtant le nombre d’étudiants est en constante augmentation. On a l’impression d’un puits sans fond.» Tandis que les bancs de l’école ne cessent de se remplir, l’association déplore son manque de visibilité auprès du grand public. Car les deux universités genevoises à vocation populaire font souvent l’objet de confusion. «Les gens parlent d’une université populaire aux Grottes», mentionne le président. En réalité, l’UPCGe est sise rue du Vuache, à quelque 500 mètres de la place des Grottes, où se tient l’UOG.
Vu l’augmentation du nombre d’étudiants, M. Bertacchi craint de ne pas parvenir à recruter un nombre suffisant d’enseignants ces prochaines années. «Le bénévolat n’a plus la cote. Les gens ne veulent plus s’engager sérieusement et à long terme.» Actuellement, l’UPCGe compte environ 220 enseignants, tous bénévoles et formés par l’association. «Pour le moment ça va, mais l’avenir nous inquiète», confie le président. I





