Jeudi, 20 juin 2013

La succession de Maudet agite les esprits de gauche à droite

JEUDI 12 JUILLET 2012

VILLE DE GENÈVE • Alors que les Verts hésitent à se lancer, contre l’avis des socialistes, une candidature du PDC se profile à droite, au détriment du PLR.
 

En Ville de Genève, la trêve estivale n’est pas de tout repos pour les partis. Le remplacement de Pierre Maudet (PLR) au Conseil administratif – l’élection partielle est agendée au 4 novembre – agite le Landerneau politique municipal, à gauche comme à droite. Il ne se passe plus un jour sans un rebondissement, une nouvelle candidature ou un désistement. Mardi, l’émission Forum de la RTS lançait un pavé dans la mare. Les Verts, qui envisagent de se lancer dans la course, songeraient à présenter leur ancien président national, Ueli Leuenberger.
Interpellé hier, l’intéressé dément: «Je ne suis pas candidat. Des personnalités du parti m’ont sollicité et il est normal d’y réfléchir. Mais une candidature n’aurait de sens que si elle est portée par l’ensemble de la gauche, or aucune de ses composantes ne semble y être favorable...» Autre bémol, le Genevois n’est pas convaincu, à ce stade, par l’idée d’un exécutif monocolore, alors que l’Alternative détient déjà quatre des cinq sièges du collège. «Rien n’est gravé dans le marbre. Cela dépendra surtout des prétendants de la droite.»
Au sein des Verts, la perspective d’une candidature fait toutefois son chemin. Chef de groupe au Conseil municipal, Mathias Buschbeck est pour: «Nos électeurs ne comprendraient pas une absence de la gauche lors de cette élection. Le choix d’un gouvernement monocolore, ou non, doit revenir au peuple.» Il rejoint par là le raisonnement de Salika Wenger, qui s’est portée candidate pour le compte du seul Parti du travail.

Crainte de l’extrême droite
L’écologiste craint en particulier qu’une démobilisation de la gauche, qui pourrait ne pas voter plutôt que de choisir entre deux hommes de droite, fasse le jeu de l’UDC Eric Bertinat, soutenu par le MCG. «Le risque n’est pas négligeable», assure-t-il. Si son avis est suivi – la question sera tranchée fin août –, le député Christian Bavarel devrait être sur les rangs, alors que le nom d’Alexandre Wisard circule également.
Dans tous les cas, les Verts pourront difficilement compter sur le soutien des socialistes. Le comité directeur de sa section Ville vient de se prononcer, à une écrasante majorité, contre le principe d’un gouvernement monocolore, comme le confirme son président Roberto Baranzini: «Sous réserve d’une décision contraire de notre assemblée, les roses s’opposeront à une candidature des Verts comme ils s’opposent à celle de Salika Wenger.»
Pour lui, la gauche à tout à perdre en se montrant trop vorace. «On risque surtout de fédérer la droite contre nous et de multiplier les blocages au Conseil municipal.» Quant à la menace de l’extrême droite, il n’y croit pas. «La gauche peut lui faire barrage sans participer à l’élection, en incitant vivement ses électeurs à aller voter pour faire valoir leur préférence.»

La cartouche Barazzone
A droite, les tractations vont aussi bon train entre le PDC et le PLR, qui négocient ferme en vue de désigner un candidat unique de l’Entente. Après le désistement d’Adrien Genecand (PLR), on apprenait lundi le retour dans la course du député PDC Guillaume Barazzone, qui avait renoncé dans un premier temps. Aux yeux de beaucoup, il apparaît comme plus à même de fédérer l’Entente que les autres papables annoncés, Alain de Kalbermatten (PDC) ou Olivier Fiumelli (PLR).
Le démocrate-chrétien aurait aussi reçu le soutien de certains ténors du PLR comme Pierre Maudet ou Claude Haegi. «Je ne suis pas un candidat coopté, cette décision est d’abord la mienne, tempère-t-il. J’ai reçu certains soutiens, c’est vrai, mais la plupart du PDC! Si mon nom peux rassembler l’Entente, c’est une raison de plus.»
Au PLR, certains s’étonnent quand même de l’engouement des leurs pour un élu PDC. C’est le cas de Cyril Aellen, ancien président du Parti libéral: «Je suis très surpris de voir des pontes du PLR faire des pieds et des mains pour qu’un PDC soit candidat. Il me semble que notre direction devrait plutôt œuvrer à promouvoir les nôtres!» Le fait d’abandonner un siège au Conseil administratif de la deuxième ville de Suisse est «loin d’être anodin», ajoute-t-il.
Alain-Dominique Mauris, président du PLR cantonal, comprend que ces tractations ne plaisent pas à tous. «Mais nous devons garder la dynamique qui a conduit Pierre Maudet à la victoire, note-t-il. L’Entente doit présenter un candidat capable de rassembler les voix du PLR, du PDC et au-delà. Cette personne pourrait être démocrate-chrétienne, mais aussi libérale-radicale. Respectons les étapes.» I

 
Le Courrier
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