Dimanche, 19 mai 2013

Droits humains ou barbaries religieuses

SAMEDI 07 JUILLET 2012

ACTUALITÉS PERMANENTES

On peut se réjouir qu’enfin un tribunal, à Cologne, essaie de poser une jurisprudence en matière de droits des enfants à ne pas subir des mutilations sexuelles à des âges où ils ne sont pas en état de s’opposer à ce qu’on leur fait au nom de traditions antiques. Couper un morceau de son pénis à un nourrisson d’une semaine, au prix d’une souffrance que nul ne peut évaluer, est une barbarie moyenâgeuse. Aucun des prétextes hygiénistes avancés par des juifs, des musulmans et des Américains sous influence ne la justifie. Pratiquée à des âges variés dans des conditions d’hygiène désastreuses, la circoncision a tué, durant l’histoire, des centaines de milliers et probablement des millions de petits garçons par septicémie1. Elle n’a, de ce point de vue, rien à envier à certaines excisions que les tribunaux européens condamnent, à juste titre. Bien que, là aussi, des familles et des prêtres invoquent des traditions incontournables et de prétendues nécessités culturelles et religieuses. Certes, dans les pays à système médical évolué, on peut pratiquer la circoncision sans risque vital, mais l’excision aussi; ce qui ne justifie pas plus l’une que l’autre!

Quant à la fable selon laquelle la circoncision diminuerait la transmission du SIDA (selon des études partisanes, mal conduites et très biaisées), elle a suffi à décider l’OMS – sous quelle influence? – à encourager la pratique de la circoncision dans des populations africaines qui ne la connaissaient pas! Sans se soucier des observations faites ailleurs de l’augmentation des comportements à risques par le discours qui se répand: «Tu ne risques rien sans protection car je suis circoncis!». La circoncision n’est acceptable que dans les rares cas où elle a une indication thérapeutique, et qui n’ont rien à voir avec les religions ou traditions. L’intervention mutilante d’un prêtre ou d’un médecin sur le corps d’un enfant en bonne santé relève de l’exercice illégal de la médecine ou viole le serment d’Hippocrate. Elle devrait conduire en prison dans les deux cas.

La décision de Cologne de condamner symboliquement des parents pour le dommage subi par un enfant dont la mutilation avait mal tourné pose évidemment le problème fondamental du droit des enfants face aux décisions des adultes, et en particulier des parents, à leur sujet. En tant que citoyens dès leur naissance, les enfants ont le droit d’être protégés par l’état de toute atteinte à leur intégrité corporelle ou à leur liberté de conscience jusqu’à leur majorité. Cette dernière doit leur donner l’occasion de choix personnels en matière de religion comme de politique. Ce n’est évidemment pas l’opinion des lobbies religieux juifs et musulmans qui hurlent à l’atteinte de la «liberté de religion» ou du «droit» des familles et des prêtres. Quel droit? Celui de mutiler des nouveau-nés ou des enfants? Celui de réprimer toute pensée qui s’écarte du conformisme religieux et de la soumission à des clergés rétrogrades, vénaux et obscurantistes?
A l’heure où l’on se penche enfin, en Europe, sur l’histoire de l’esclavage, des colonialismes et de leurs crimes, il serait temps d’exiger que les grandes religions ayant pignon sur rue reconnaissent les crimes contre l’humanité dont elles se sont rendues coupables dans le passé, depuis les tortures de l’Inquisition jusqu’aux guerres de religion ou à l’imposition de rituels barbares comme les mutilations sexuelles. Les états laïques adhérant aux déclarations des droits humains devraient exiger une repentance claire des hiérarchies religieuses sur ces crimes du passé dont certains se perpétuent en version soft. C’est leur devoir de faire respecter l’intégrité physique et psychique de leurs citoyens, dès leur plus jeune âge; celui où ils sont les plus vulnérables et les moins défendus des abus des adultes et des prêtres.

  • 1. Un juif religieux hostile à la circoncision m’a rapporté jadis que la tradition juive dispensait le troisième garçon d’un couple de circoncision si les deux premiers en étaient décédés. Mon incompétence en hébreu ancien ne me permet pas de recouper l’information.
 

* Chroniqueur énervant.

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Portrait de jji

Re:

Bravo à Dédé-la-Science pour sa prise de position.

Etonnant que des églises chrétiennent s'offusquent du jugemente de Cologne.