Le forfait diminuera pour les jeunes au revenu d’insertion
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Aide sociale • A partir du 1er octobre, le versement d’une partie du RI aux 18-25 ans sera conditionné au suivi des mesures d’accès à l’emploi.
Le canton de Vaud entend inciter les jeunes au revenu d’insertion (RI) à ne plus s’éterniser dans la case «aide sociale». Dans le cadre de sa stratégie de lutte contre la pauvreté, le Conseil d’Etat a décidé de procéder à une coupe dans leur budget mensuel à partir du 1er octobre. «Pour les jeunes adultes, de 18 à 25 ans, vivant seuls ou en colocation, sans activité lucrative, sans charge familiale, le forfait de 1 110 francs va diminuer de 133 francs, explique Françoise Jaques, cheffe du SPAS (Service de prévoyance et d’aide sociale). Ce sera un forfait en deux parties: un forfait de base de 977 francs et un supplément d’incitation de 133 francs.»
Souci d’équité
Le canton va ainsi appliquer les normes de la CSIAS (Conférence suisse des institutions d’actions sociales) qui recommande, entre autres, aux cantons de fournir des bourses d’étude qui garantissent le minimum vital. «Nous nous alignons sur ces normes parce que le canton estime qu’il y a aujourd’hui suffisamment d’offres d’insertion», précise Françoise Jaques.
Cette réduction, même si elle ne touchera qu’une minorité, se justifie aussi par un souci d’équité, selon Pierre-Yves Maillard. «Un jeune de 18 ans jusqu’alors obtenait la même aide qu’un chômeur de 50 ans en fin de droit et plus qu’un boursier indépendant. Ce n’était pas équitable», estime le chef du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS). Les jeunes concernés par cette nouvelle mesure pourront, s’ils le désirent, toucher l’aide sociale plein pot, à condition qu’ils s’inscrivent auprès des offices de placement régionaux, qu’ils acceptent de suivre des stages de formation ou des mesures d’insertion.
Frais particuliers
Une mesure qui vient se greffer sur le programme d’insertion FORJAD, un projet de formation professionnelle lancé en 2006 visant à remplacer les frais d’entretien des jeunes adultes au RI par une bourse d’étude. «Ce projet a permis à quelque 1500 jeunes adultes sans formation et sans diplôme, alors que 2700 sont actuellement inscrits aux centres sociaux régionaux, d’entamer une formation professionnelle», constate Philipp Müller, secrétaire général adjoint du DSAS. Un succès, puisque selon les derniers chiffres de fin juin, 70% des boursiers FORJAD qui ont obtenu un CFC ont pu décrocher un travail stable dans leur domaine de formation.
Par ailleurs, dès le 1er janvier 2013, l’ensemble des bénéficiaires du RI n’auront plus droit au remboursement des frais particuliers (achat de mobilier, téléréseau,…), sauf cas exceptionnels. Les autres frais (santé, insertion) devront faire l’objet d’une demande dûment justifiée auprès du centre social régional. Une compensation de 30 francs mensuels pour une personne seule (45 francs pour un ménage) était initialement prévue par Pierre-Yves Maillard, une somme jugée inadaptée par les syndicats des assistants sociaux. Elle a finalement été fixée respectivement à 50 francs et 65 francs.
La volonté «d’éviter les abus» a été un des motifs avancés pour cette refonte du RI. Une vision contestée par le Syndicat des services publics. Selon Aline Pingoud, secrétaire du SSP, «proportionnellement au nombre de bénéficiaires du RI, il n’y a pas tant d’abus que cela. C’est un faux argument. Tacitement, la refonte du RI résulte de la nouvelle loi sur le chômage (entrée en vigueur le 1er avril 2011, ndlr) qui a envoyé un grand nombre de chômeurs en fin de droit à l’aide sociale. Mais l’avantage de cette réforme est de ne plus «fliquer» les bénéficiaires du RI et de les rendre plus indépendants.» Selon Pierre-Yves Maillard, le nouveau forfait pour les frais particuliers entraînera un surcoût d’un million de francs par année. I





