Mercredi, 19 juin 2013

Le côté obscur du cœur

DIMANCHE 08 JUILLET 2012
«Inside - La Cara oculta» d'Andrés Baiz
PRAESENS FILM

ESPAGNE/COLOMBIE • «INSIDE» D’ANDRÉS BAIZ

Jolie serveuse de Bogota, Fabiana jette son dévolu sur le ténébreux Adrián, jeune et brillant chef d’orchestre espagnol tout juste remis d’une rupture brutale: sa petite amie Belén a disparu du jour au lendemain. La nouvelle venue s’installe vite dans sa vaste demeure et croit y déceler une présence d’outre-tombe. Mais après une trentaine de minutes: flash-back. En Espagne, la tout aussi mignonne Belén accepte de suivre en Colombie Adrián, choisi pour diriger durant un an l’orchestre de l’Opéra de la capitale. Soupçonnant bientôt une infidélité, elle décide de le mettre à l’épreuve en simulant son départ afin d’observer sa réaction. Mais telle est prise qui croyait prendre...

Il ne faut surtout pas en dire davantage de l’intrigue d’Inside, qui repose sur un mystère bêtement éventé par sa bande-annonce, son synopsis et son titre international – plus suggestif en version originale: La Cara oculta (le côté obscur). Ou comment vous gâcher la première moitié du film! Car l’attrait de ce thriller hitchcockien tient avant tout à un scénario machiavélique, servi par une mise en scène aussi carrée qu’efficace. Du registre fantastique (sur le motif de la maison hantée) et policier (Adrián aurait-il tué Belén?), qui prévaut tout au long d’une patiente exposition, on bascule soudain dans un suspense psychologique sans pitié ni répit.

Le Colombien Andrés Baiz, signant là un second long métrage coproduit par l’Espagne et la 20th Century Fox (avec option sur un probable remake?), le décrit comme un «conte sinistre mais réaliste» sur les relations amoureuses, où l’idéal romantique ne résiste guère à des pulsions plus primaires: jalousie, envie... Jouant habilement sur l’identification successive du spectateur à ses trois personnages, ce petit film de genre bien troussé glace par son constat amer – mais pas cynique – sur la rivalité sentimentale et la paranoïa dans les relations de couple, par son ironie macabre sur les faiblesses autodestructrices de la nature humaine. La démonstration, vertigineuse sans plonger non plus dans d’insondables profondeurs philosophiques, ne manque pas de brio.

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