Jeudi, 20 juin 2013

Rome pliée en quatre

DIMANCHE 08 JUILLET 2012
«To Rome with Love» de Woody Allen
ELITE FILM

ETATS-UNIS/ITALIE • «TO ROME WITH LOVE» DE WOODY ALLEN

Il en va des films de Woody Allen comme du vin. On se doit de juger chaque nouvelle cuvée à l’aune des précédentes, de trier les bonnes des mauvaises années où le soleil a fait défaut. C’est donc sous celui de la Ville éternelle, à la lumière chatoyante sublimée par la photographie de Darius Khondji, qu’ont mûri les raisins de la comédie To Rome with Love. Un Woody Allen 2012 qui ne manque pas de saveur, mais mineur par ses travers de film à sketches (quatre histoires sans liens déroulées en parallèle) et son inconsistante – bien qu’appréciable – légèreté.

On aurait en effet tort de bouder son plaisir à voir le cinéaste, pas si obsessionnellement new-yorkais qu’on le dit, déclarer sa flamme à la capitale italienne. En exil artistique intermittent depuis Match Point (2005), Allen a prouvé que son cinéma pouvait s’acclimater sans mal à Londres, Barcelone ou Paris. Le décor change, l’humour et la dérision demeurent. L’auteur s’illustrant même ici dans les registres les plus variés: comédie rome-antique, fantaisie teintée de fantastique, vaudeville, satire et hommage nostalgique – au cinéma italien bien sûr, avec quelques clins d’œil au maestro Fellini.

Ainsi ballotté entre un triangle amoureux sur le thème de l’inconstance masculine, une comédie de quiproquos, une énième variation autour du personnage d’intellectuel névrosé propre au cinéaste – de retour devant la caméra après Scoop (2006) – et une farce absurde sur les vanités de la célébrité avec Roberto Benigni, il faut avouer que l’inspiration s’avère inégale et chacun fera son marché. Restent le charme unique du tragi-comique allenien, son art de brocarder tous les ridicules, et deux délicieuses idées (un «ange gardien» jouant au coach sentimental et un opéra sous la douche), le tout agrémenté d’une kyrielle de répliques désopilantes. Un peu paresseux certes, mais pas déplaisant.

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