Censure de la société civile
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SANTÉ • Alison Katz souhaite connaître la position du Club suisse de la presse sur la participation des médias alternatifs aux conférences de presse.
Le lundi 14 mai 2012, une conférence de presse sur le thème «La Suisse dans la Santé Globale: politique extérieure suisse en matière de santé et la réforme de l’OMS» présidée par Guy Mettan, était organisée au Club suisse de la presse
En tant que membre du People’s Health Movement (PHM), j’ai assisté à cet évènement afin de faire un rapport au réseau d’information du PHM «Kabissa network». association internationale de professionnels de la santé.
D’autres «simples citoyen(ne)s» assistaient à cette conférence de presse, dont l’intérêt était la position de la délégation Suisse sur l’Accord du 28 Mai 1959 entre l’OMS et l’AIEA (WHA 12-40) qui empêche la première d’accomplir sa mission constitutionnelle en matière de rayonnements et de santé.
Après les présentations des quatre ambassadeurs, les participants étaient invités à poser des questions. Il y avait une dizaine de journalistes dans la salle dont cinq ou six ont posé des questions. Guy Mettan a signalé plusieurs fois un «non» vigoureux à une femme qui levait la main pour poser une question. Il a informé la salle que la conférence de presse était pour les journalistes professionnels et qu’il ne prendrait pas de questions de la part d’autres personnes dans la salle.
L’ambassadeur Silberschmidt est intervenu pour dire que lui et les autres ambassadeurs du gouvernement suisse répondraient volontiers aux questions des citoyen(ne)s. Obligé de montrer un peu de bonne volonté et du respect pour la démocratie, M. Mettan a annoncé que les journalistes munis de cartes avaient la priorité et qu’ensuite il permettrait une question d’une seule autre personne dans la salle.
Etonnée de ce qui ressemblait à la censure de la société civile et des médias alternatifs, j’ai remarqué qu’il n’y avait aucune autre question de la part des journalistes et qu’il restait encore vingt minutes.
«Vous êtes là pour faire de la propagande», répond Guy Mettan, et il annonce que la conférence de presse est terminée. Il ajout: «Vous êtes là pour critiquer l’OMS.»
Monsieur Raphael Saborit, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères, est venu épauler M. Mettan, utilisant les mêmes propos que ce dernier. Son geste a quelque peu entaché la courtoisie et l’ouverture démontrées par les quatre ambassadeurs.
Je rappelle que «le CSP a été fondé par l’Etat de Genève et la Ville de Genève pour les institutions publiques». J’imagine que le CSP reconnaît pleinement la légitimité et la valeur des médias alternatifs et la nécessité d’offrir les facilités pour ces réseaux dans l’intérêt de la pluralité des sources d’information et de la libre expression. Vu le fait qu’une grande partie de l’information aujourd’hui est diffusée à travers les médias alternatifs (souvent les réseaux électroniques), il serait important de connaître la position du Club suisse de la presse sur la participation aux conférences de presse des nombreuses personnes actives dans la diffusion de l’information par ces réseaux.
ALISON KATZ
Genève





